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 Le premier spectacle de nos enfants...

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Luna Bobin
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MessageSujet: Le premier spectacle de nos enfants...   Sam 20 Nov - 13:49

Luna rentra en soufflant sur ses mains pour essayer de les réchauffer. Elle eu a peine le temps de profiter de retrouver la chaleur de l'air ambiant que l'un des deux gorilles qui l'avaient accompagné dehors pendant qu'elle courait réclamait le vêtement supplémentaire qu'ils lui fournissaient à cette occasion. Elle dut donc se résoudre à l'enlever, encore glacée et imbibée d'humidité qu'elle était. Elle avait toujours détesté le froid et l'humidité qui lui collait à la peau et s'infiltrait partout.
Le gorille s'en alla, laissant son collègue la suivre jusqu'à la salle de jeu. Luna n'avait jamais vraiment été sportive, elle détestait les sports d'équipes, et les jeux de balles ou de volant. Elle trouvait que courir autour d'un stade était ennuyeux. En revanche, elle avait toujours adoré la danse. Et nager également. Elle ne se serait pas pour autant inscrite en cours de natation, mais elle avait toujours été un vrai poisson dans l'eau. Elle se rappelait encore, petite, se prendre pour une sirène en nageant pendant des heures dans la Méditerranée ou le Pacifique. A douze ans, elle atteignait déjà les bouées mais elle préférait souvent le sous-l'eau et la plongée.

Pour la danse, ça avait été plus difficile.
Lorsqu'à quatre ans sa mère l'avait inscrit aux cours de danse classique, son professeur disait qu'elle ne serait jamais faite pour la danse, faute d'être aussi raide qu'un morceau de bois. En un sens, elle n'avait pas tord. Luna n'était réellement pas souple et n'était pas naturellement douée pour la danse. Mais elle avait la sensibilité qu'il fallait et était une travailleuse acharnée. Elle n'avait aucun problème à devoir travailler deux fois plus que les autres. Aussi fit-elle brillamment démentir la sentence de son professeur. Elle se révéla également une brillante chorégraphe.

Lorsqu'elle était entrée en faculté de médecine, elle avait commencé à prendre l'habitude d'aller courir au bois, tout proche, tous les dimanches matins, et ce quelque soit le temps. Une habitude qu'elle partagea plus tard avec Vincent. Bien qu'elle n'ait pas surmonté son aversion du froid et de l'humidité, avoir à courir dehors par ici lui rappelait certains dimanches où le temps infecte ne les avait pas empêchait d'aller courir et qu'ils revenaient ensuite se réchauffer dans les bras l'un de l'autre avec une tasse de bon cappuchino ou de chocolat chaud, ou de café pour lui. Malheureusement, même si cette image l'aidait à tenir ce temps affreux, le retour au centre, avec ses couloirs et ses chambres blanches et impersonnels, ne pouvait être que teinté de tristesse. Elle ne reverrait sûrement jamais Vincent, ne rirait plus autours d'un chocolat chaud avec personne, ne sortirait sûrement jamais d'ici.
Luna avait été étonnée que le Doc accepte ces trentes minutes à l'extérieur pour courir. Se promener dehors, elle savait que, comme presque tous les patients, elle y avait droit, d'autant qu'elle était calme et "responsable". Mais cette permission, elle l'avait demandé pour autre chose. Elle avait besoin de courir, de ne plus penser un instant. Exactement comme lorsqu'elle était en première année de médecine, elle allait courir pour se vider la tête, pour respirert. Pour ne pas devenir dingue. Et aussi, parce qu'elle voulait continuer à avoir une allure saine au regard, plaisante. C'était sûrement superficielle et stupide, elle mourira folle mais avec un corps de rêve, mais c'était un moyen comme un autre de rester en contact avec sa vie d'avant, avec son identité de femme qui faisait partie de ce qu'elle était, et avec la vie qu'elle avait quand elle n'était pas une malade, mais une femme, un médecin même. Avec le monde normal s'il on pouvait dire. Le Doc devait bien sans douter, lui qui avait pourtant interdit à tous les médecins et les infirmiers de lui donner quoi que ce soit en cas de règles douloureuses.

Peut-être n'était-ce pas uniquement pour elle, d'ailleurs, si elle voulait continuer d'être belle...
Parfois, elle sentait le regards de ses gorilles sur elle, et elle ne se gênait pas pour les arrêter, mais... si ç'a avait été quelqu'un d'autre... parfois, elle se retrouvait déconfite parce que l'idée qu'Il puisse la regarder lui avait traversé l'esprit. Ca lui plaisait, l'idée qu'elle puisse Lui plaire.
*Mais ça n'est qu'un fantasme. *, soupira mentalement la jeune femme.

Son garde et elle arrivèrent enfin devant la salle de jeu où elle avait laissé ses affaires à dessin lorsqu'ils étaient venus la chercher. Comme toujours, glissés dans une fente entre des disques. Elle ne s'inquiétait pas qu'on y touche, peu de patients étaient encore assez lucides pour jouer à quoi que se soit, même à un jeu incomplet et défraichi, et il y en avait encore moins pour s'intéressaient à la musique. Elle mit un disque dans le lecteur et se laissa glisser au sol. A cette heure, il y avait rarement du monde, et la pièce était assez grande pour qu'on puisse y danser. Aussi, pour la première fois qu'elle était enfermée au centre, Luna ne put résister à l'appel de la musique, éveillant en elle des souvenirs de ballets. Elle qui était pourtant si réservée et rigide, si angoissée et manquant de confiance en elle, se laissa aller à suivre son corps, à se surprendre en constatant combien il se souvenait encore bien de chaque mesure, de chaque pas ou port de bras, comme s'était plaisant de retrouver cet élan. C'était fou, c'est vrai, de danser ainsi dans cette pièce déserte. Déraisonnable. Mais après tout, elle était dans un asile...
Soudain, elle réalisa qu'il y avait quelqu'un dans la pièce. Elle se figea, leva des yeux étonnés...
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Jimmy Purter
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MessageSujet: Re: Le premier spectacle de nos enfants...   Sam 20 Nov - 15:15

Depuis qu'il était arrivé dans le centre, Jimmy avait réussi à se construire une sorte de petite routine qui le rassurait. Il ne savait toujours pas pourquoi il était là bien qu'on lui avait déjà répété des dizaines de fois, il ne comprenait toujours aps pourquoi sa maman l'avait abandonné ici, seul, avec son lapin. Il ne comprenait pas pourquoi ses parents avaient préférés garder sa soeur et l'abandonner lui. Parce que c'est comme ça qu'il voyait son séjour ici: un abandon pur et simple de la part de ses parents. Qu'avait-il fait pour mériter d'être abandonner, il ne comprenait pas. Il n'avait jamais fait de mal à personne. C'était à cause de sa soeur tout ça. C'était de sa faute, tout avait toujours été de sa faute. Sa soeur, Joelle. Sa soeur qu'il ne considérait plus comme sa soeur. Elle lui avait volé sa place, elle lui avait colé ses parents, elle lui avait défiguré son lapin; et comme si cela ne lui suffisait pas, elle lui avait volé sa maison elle à cause d'elle il se retrouvait dans cet endroit absoluement affreux. Seul. Il ne s'était jamais senti aussi seul. D'habitude sa maman était avec lui. Mais là elle n'était pas là. Elle était dans sa maman, avec sa soeur Joelle. Pourtant ça aurait été si drole si ses parents l'avaient laissé la bruler en entier. Ça aurait été joli. Sa soeur aurait été très jolie pour une fois. Mais non il avait fallu qu'il gâche sa joie, qu'ils appellent les pompiers et qu'il l'envoie ici. Tout ça à cause d'un tout petit feu. Bon d'accord c'était sa soeur qu'il avait voulu brûler, mais ce n'était pas un drame si? Ça aurait été très jolie er très drôle aussi. Et maintenant il ne s'amusait plus du tout. Il était seul ici, sans rien pour s'amuser. Donc du coup il s'était amusé à se construire sa petite routine, routine qui consistait en bien peu de choses finalement. Se lever, déjeuner et passer le reste de la journée dans la salle de jeux(lorsqu'il n'était pas en rendez-vous quelconque avec un des médecins de cet endroit). Donc voilà, la salle de jeux était devenue son quartier général. Il ne jouait pas vraiment parce que son jouet préféré, à savoir les allumettes, il n'y avait pas droit ici.

Il était donc roulé en boule dans un coin, entre deux grandes caisses contenant totues sortes de cubes de couleur, de taille et de textures différentes. Mais lui cela ne l'intéressait guère, il était plutôt décidé à se construire un coin ou rester sans qu'on le voit. Peut-être que comme ça les grands monsieurs qui surveillaient un peu partout l'oublieraient et que sa maman viendrait le chercher, parce que oui c'était sur, sa maman viendrait le chercher. Elle viendrait le chercher, elle ne le laisserait pas ici. N'arrivant pas à mettre une boîte sur les autres pour se cacher, il décida de se construire un mur.

Comme il était là depuis le matin, son mur était déjà bien avancé quand il entendit du bruit dans la salle. Il leva donc la tête en entendant de la musique. Avec l'étonnement dont font preuve les enfants, il trouvait ça particulièrement étrange. Mais ce qu'il vit l'étonna encore plus: une femme en train de danser. Elle virevoletait devant lui, ne s'étant sans doute pas rendue compte de sa présence. Il la regardait avec des yeux ronds et mit ses doigts en bouche, comme il le faisait d'habitude.

Soudain elle se rendit compte de sa présence car elle se tourna vers lui, s'arrêta de danser et le regarda avecd es grands yeux. Jimmy pris peur, baissa la tête et se mit à se ronger les ongles. Il aurait voulu qu'elle continue de danser, elle était jolie quand elle dansait. Pourquoi est-ce qu'elle avait continué de danser? Il pensait que si il ne disait rien elle se remettrait à danser mais apparement non. Il releva donc la tête lui fit un grand sourire et dit:

« - Pourquoi tu danses plus Madame? Tu danses bien Madame! Continue de danser Madame, s'il-te-plait! »

Cette femme lui inspirait confiance, il sentait que c'était quelqu'un de bien. Elle devait forcément être quelqu'un de bien, vu qu'elle dansait si bien....
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Luna Bobin
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MessageSujet: Re: Le premier spectacle de nos enfants...   Dim 21 Nov - 13:20

Lorsque les yeux de la jeune femme rencontrèrent le patient, caché derrière des cubes de couleurs, ils s'écarquillèrent un instant d'étonnement. Le jeune garçon semblait trop jeune pour son âge : il était petit et chétif, avec de grands yeux bleus étonnés comme ceux des enfants. Il était recroquevillé devant cette sorte de mur improvisé, comme s'il avait essayé de se cacher. Luna avait du l'interrompre en entrant dans la salle. Il s'agissait bien d'un jeune homme mais son allure était enfantine. Ses yeux bleus étonnants et inquiets, la façon dont il avait mis ses doigts dans la bouche, avant de baisser la tête, inquiet. Avait-il peur d'elle ou d'être grondé pour avoir été surpris en train de se cacher ?
Elle se baissa doucement à sa hauteur, hésitant à prendre la parole, lorsqu'il leva à nouveau ses grands yeux bleus pleins d'enfance sur elle :

« - Pourquoi tu danses plus Madame? Tu danses bien Madame! Continue de danser Madame, s'il-te-plait! »

Il lui avait adressé un grand sourire émerveillé et sa façon de parler était teintée d'enfance.
*Un enfant ! Il se prend pour un enfant ! Un enfant perdu dans ce centre, entouré de méchants docteurs...* pensa la jeune femme. Elle lui rendit son sourire, et répondit en se levant :
_ « Tout ce qui te fera plaisir ! »
Elle avait remarqué le lapin qu'il tenait dans ses bras. Il avait l'air d'être très précieux pour le jeune patient, sûrement son seul ami, son dernier ami, mais aussi d'en avoir vu de toutes les couleurs. Luna en déduisit qu'il ne devait pas être le seul enfant dans la famille. Sûrement avait eu un petit frère ou une petite soeur. Etait-ce pour ça qu'il avait décidé de replonger en enfance ? Luna ne se voyait pas l'analyser de toute façon, le jeune garçon n'avait pas besoin d'un autre médecin. Ce qui étaient au centre mettraient déjà bien à mal la fragile et sensible innocence de l'enfance dans laquelle il était plongé. Il devait se sentir triste et perdu dans cet endroit qu'il ne connaissait pas. Avait-il seulement compris pourquoi il était là ? Tout en pensant cela, la jeune femme virevoltait, suivant la musique, petits pas par petits pas, sauts de chat, tours, ports de bras, adressant un sourire ou un regard brillant au jeune garçon chaque fois qu'elle se trouvait dans sa direction. Elle prenait plaisir à danser devant ce petit spectateur émerveillé. Elle dansa jusqu'à ce que la musique s'achève, sans dire un mot, respectant le spectacle du patient.

Tout en retirant le cd du lecteur, elle se tourna vers lui :
_ « Ca ta plut ? » demanda-t-elle, glissant une mèche de cheveux derrière son oreille.
Elle s'avança doucement vers lui pour ne pas l'effrayer et s'accroupit à sa hauteur gardant une petite distance pour qu'il ne se sente pas inquiété.
_ « Je m'appelle Luna. Si tu veux je pourrais danser encore pour toi quand tu t'ennuieras ? Comment est-ce que tu t'appelle ? »
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Jimmy Purter
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MessageSujet: Re: Le premier spectacle de nos enfants...   Jeu 2 Déc - 4:30

Bien qu'il sentait qu'il pouvait faire confiance à cette femme, il ne savait pas comment elle allait réagir. Des surprises arrivaient parfois. Peut-être qu'elle allait être méchante avec lui finalement. Il eut un doute juste après lui avoir demandé de continuer de danser. Comment est-ce qu'elle allait réagir?
Pourtant tout dans son comportement lui indiquait qu'elle était gentille et douce. Elle dansait bien premièrement, c'est tellement joli de la voir virevolter dans les airs, là, juste devant lui. Et comme tout le monde le sait, enfin peut-être pas tout le monde, mais Jimmy, lui, le savait; quelqu'un qui danse bien, est quelqu'un de gentil. En soit, cette réflexion était particulièrement ridicule, mais Jimmy en était persuadé. Il ne pouvait imaginer quelqu'un bien danser et être méchant. C'était juste IMPOSSIBLE. Et en plus de cela, elle lui avait sourit. Et un sourire franc et sincère. Oui c'était décidément une personne bien qu'il avait en face de lui...

_ « Tout ce qui te fera plaisir ! »

Elle allait continuer à danser. Jimmy était aux anges. En plus elle avait regardé son lapin, sans lui lancer ce regard dédaigneux qu'avaient eu d'autres personnes en le voyant. Elle n'avait fait aucune remarque sur son lapin, et ça, c'était un point de plus dans l'estime que Jimmy lui portait.
Et elle dansa. Et elle dansa. C'était beau à voir. C'était tout simplement magnifique... Jimmy ne pouvait rien faire d'autre que de la suivre du regard. Elle était si jolie quand elle dansait. A chaque fois qu'elle croisait son regard elle lui lançait un petit sourire. Sans s'en rendre compte, Jimmy fit bouger son lapin au rythme de la musique, se gardant bien d'arrêter à chaque fois qu'il voyait le regard de la femme sur lui.
Il ne se rendit pas compte que la musique s'arrêta, étant encore dans la magie de la danse. Il ne se rendit pas non plus compte lorsqu'elle enleva le cd du lecteur, ni quand elle s'approcha de lui. Il revînt difficilement à la réalité, lorsqu'elle lui posa une question dont il ne comprit que la fin:

_ « ...ta plut ? »

Si ça lui avait plut? Oh que oui! Il ne répondit pas tout de suite, tant la réponse lui semblait évidente. Elle s'approcha de lui, tout en laissant un petit espace entre eux deux. Encore une fois elle marqua un point. Décidément cette femme était parfaite, ou presque.

_ « Je m'appelle Luna. Si tu veux je pourrais danser encore pour toi quand tu t'ennuieras ? Comment est-ce que tu t'appelle ? »

*Luna! C'est beau... Luna... *

Le jeune homme se répéta ce prénom en boucle dans son esprit, comme pour mieux le savourer. Il ne connaissait personne qui s'appelait Luna au monde. Certes son monde était limité à sa famille et aux amis de ses parents, mais aucun d'eux ne s'appelaient Luna. Et c'est pour ça que ce prénom était encore plus beau, parce qu'il était unique! Il en était sur, une seule personne s'appelait Luna, et cette personne était juste devant lui!
Ses yeux se mirent à briller d'étonnement, et il parla, rapidement, dans la précipitation, sans s'arrêter, se répétant, ne faisant aucun lien entre les phrases. Mais il parla.

« - Moi je m'appelle Jimmy, mais les gens gentils ils ont le droit de m'appeler Yann, parce que c'est plus beau que Jimmy. Et toi t'es une Madame gentille alors t'as le droit de m'appeler Yann si tu veux. J'aime bien quand tu danses. C'est beau. Je connais pas de Luna. Il n'y a que toi qui est une Luna. C'est beau comme prénom dis... Tu danses bien en plus. Et t'as un beau prénom! Et en plus t'es jolie! Luna, j'aime bien ce prénom! Ça ressemble à la lune, et la lune c'est beau. Ça brille dans le noir! »

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Luna Bobin
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MessageSujet: Re: Le premier spectacle de nos enfants...   Mer 26 Jan - 14:18

Luna sourit, penchant délicatement la tête sur le côté. Il avait l'air tellement innocent, avec ses yeux brillants et sa voix toute excitée. Qu'allait-il devenir dans ce centre à la merci des médecins, du docteur Millet ? Qui allait veiller sur lui maintenant que ses parents n'étaient plus là ? Qui allait jouer avec lui, égailler ses journées ?
Luna s'assit plus à l'aise en face de lui.
_ « Tu sais que tu es adorable, toi ? » sourit-elle. « Et ton lapin aussi est mignon ! Dis moi, qu'est-ce que tu faisais là avec tes cubes de couleurs ? Tu te cachais ? Ca fait longtemps que tu es là ? »

Elle avait l'air un peu inquiète maintenant. A regarder ce jeune homme dans ses grands yeux bleus pleins d'enfance et d'innocence, son coeur se serra. A le voir, il lui rappelait sa fille. Elle ne pouvait pas s'empêcher de vouloir rester avec lui, de veiller sur lui. Elle aurait voulu le serrer dans ses bras et de le cacher du vilain monde, des vilains docteurs surtout.
La jeune femme aimerait distraire ses journées, le faire rire, le divertir, afin de ramener, ou plutôt de sauver un peu de joie dans sa vie, un peu de lumière.
Un sentiment maternel, un instinct de protection de cet enfant (ne serait-ce qu'en esprit) montaient en elle, faisait gonfler son coeur de chaleur et de tendresse. Elle regarda le jeune homme avec bienveillance et, après une légère hésitation, lui demanda en murmurant :
_ « Jimmy, est-ce que tu sais pourquoi tu es là ? Ta maman te l'a expliqué, lapin ? »

[Excuse moi, Jimmy, c'est court, je sais...]
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Jimmy Purter
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MessageSujet: Re: Le premier spectacle de nos enfants...   Mar 22 Fév - 12:50

Luna souriait. Elle souriait tout simplement. Elle ne se moquait pas de lui comme le faisaient tant de personnes l'avaient fait. Elle souriait simplement. Un sourire frais et sincère. Elle était belle. Comme sa maman. Sa ma...man? Sa maman? Jimmy n'avait plus vu sa maman depuis si longtemps déjà. Il n'avait toujours aucune nouvelle d'elle. Il ne savait pas où elle était. Et là, devant lui, il y avait une dame aussi jolie que sa maman, et c'était rare parce que sa maman c'était la plus belle des mamans. Jimmy entendit de loin Luna lui parler, parler de lui, de son lapin, dire que son lapin était mignon. Il hésita entre la jalousie, parce que peut-être qu'elle voulait lui prendre son mignon petit lapin; et la fierté: c'est son lapin qu'on trouvait mignon, pas un autre. Mais Luna était quelqu'un de gentil, vu qu'elle dansait. Donc il fut fier d'avoir un lapin aussi beau. Son lapin. Mignon elle avait dit! Un mignon petit lapin!


Puis Luna lui parla de ses cubes, elle s'intéressait à ce qu'il faisait. Jimmy lui lança un grand sourire. Il s'apprêtait à répondre, mais elle redis une phrase. Une phrase qui fit remonter plein de choses dans l'esprit de Jimmy: sa maman. Sa maman?

Non elle ne lui avait rien expliqué. Elle lui avait dit qu'ils allaient faire un grand voyage ensemble. Tous ensemble. Lui avait criait, criait si fort. Il ne voulait pas que sa sœur vienne avec. Il voulait juste ses parents pour lui tout seul. Il l'avait dit. Sa sœur n'existait pas, elle n'avait pas le droit de venir avec eux. Il voulait à nouveau être que trois: papa, maman, et Jimmy. Juste eux trois. Que sa sœur disparaisse. Qu'elle ne soit jamais née. Que sa sœur s'en aille. Si seulement les pompiers n'étaient pas intervenus, sa sœur ne serait plus là. Elle serait toute brûlée par les flammes, les jolies flammes. Mais sa sœur était encore là. Sa sœur n'avait pas disparue, et lui devait voyager avec elle. Il avait dit à sa maman qu'il ne voulait pas partir pour un voyage avec elle. Sa maman avait été d'accord. Ils étaient partis tous les trois. Jimmy se rappelait qu'il avait tiré la langue à sa sœur, avant de donner la main à sa maman et à son papa en même temps. Ils avaient pris l'avion. C'était la première fois que Jimmy prenait l'avion. Il avait adoré ça. Il avait volé. Et ensuite il était arrivé là, et il était entré, et sa maman l'avait fait s'assoir sur une chaise, et lui avait dit que elle et papa devaient le laisser seul deux minutes.

« - J'ai oublié quelque chose mon petit Jimmy, tu vas nous attendre là d'accord? Papa et moi on revient vite, promis. Tu bouges pas, hein? Tu fais pas de bêtise. Maman elle t'aime, tu sais ça. Elle t'aime tout fort, jamais tu dois oublier ça, d'accord?
-Jenny on doit y aller, avait retentit la voix du père.
-Deux minutes encore Pierre, je t'en prie, juste deux minutes.
-Jenny, s'il te plait, tu sais qu'on a fais ce qu'il fallait. Il va être bien ici... laisse les médecins s'occuper de lui. Nous on peut plus. Moi je peux plus... »

Les deux parents s'étaient éloignés. Sa mère n'arrêtait pas de se retourner et de lui adresser des petits signes. Elle pleurait et cachait son visage dans un mouchoir. Jimmy lui souriait, ne comprenant rien à la situation. Son père ne se retourna pas une fois. Son père n'aurait pas eu le courage de soutenir son regard. Pas longtemps après, des médecins étaient venus le voir et l'avaient emmené dans une autre pièce, et depuis il n'avait plus vu sa maman. Sa maman qui devait l'attendre près de la chaise. Sa maman qu'il n'avait plus vu. Elle lui manquait.



Les yeux de Jimmy s'étaient embués de larmes. Lui qui souriait deux minutes avant, avait maintenant les larmes aux yeux. Il tenta de répondre à la question de Luna, mais bien vite, des pleurs ponctuèrent ses phrases:


« -Ma maman, je sais pas où elle est, elle m'avait demandé de l'attendre, et.... et … et je sais paaaaaaaaaaaas. Elle avait promis de revenir. Prooooooooooooomis! Elle a dit qu'on ferait un grand voyaaaage tous les trois, Joëlle est pas venue, je voulais pas qu'elle vienne, je l'aime pas Joëlle... snif! Je voulais pas et maman elle a promis de revenir, elle avait promis, promis. Elle est pas revenue, je sais pas où elle est. Les gens ils sont pas gentils ici, ils me regardent bizarrement et ils sont pas gentils. Ils veulent m'enlever mon lapiiiiiiiiiiiin! Je veux paaaaaaaaaaas! C'est le seul qui me laisse paaaas! Ma maman elle avait promis et elle est pas revenue. Joëlle c'est ma sœur, j'ai voulu voir comment ça faisait si elle brûlait et après les pimpons ils sont venus, ça faisait pimpon dans la nuit, c'était drôle, et après on est partis en voyage. Maman avait promiiiiiiiiiiis! Promis! Je faisais un mur avec les cubes, pour pu qu'on me voit, je veux pu qu'ils me regardent les gens là-bas, et comme ça et ben ma maman et ben je l'attendrais là, elle me retrouveraaaa snif! Elle a promis snif... »


Jimmy était en pleurs maintenant, il avait parlé vite, très vite, mélangeant plusieurs choses. Il avait peur. Peur de ne plus revoir sa mère. Peur.




[désolée de t'avoir fait attendre aussi longtemps...]
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Luna Bobin
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MessageSujet: Re: Le premier spectacle de nos enfants...   Lun 7 Mar - 12:45

Jimmy leva le menton et bomba son torse maigre et probablement imberbe malgré son âge et sa voix d'homme, fier de son lapin. C'était Son lapin à Lui que Luna trouvait mignon ! Pouvait-elle lire dans ses yeux. Elle n'en sourit que d'avantage, se détendit un peu. C'était si facile d'oublier le corps et le timbre d'homme et de ne plus voir que l'enfant. Il avait cette expressivité, cette fraîcheur innocente sur tout le visage, dans ses postures, ses attitudes. Surtout dans ses yeux. Ses grands yeux bleus étranges. Qui es-tu petit d'homme ? D'où viens-tu ? Dis moi ce qui t'effraies ! Raconte moi ton histoire ! Demandaient les yeux doux de Luna. Lorsqu'elle voulut savoir à quoi il s'occupait, il eu l'air ravi et s'apprêtait à répondre mais elle évoqua sa maman et sa joie s'effondra. Elle se dissolva, s'évapora, chassée par une vague de tristesse immense. Luna put presque voir les nuages gris et tristes qui vinrent assombrir ses yeux étonnants qui se mouillaient. La lèvre du jeune homme trembla et il se mit à pleurer tandis qu'il s'efforçait de répondre.
*Oh non, mon bonhomme ! Ne pleure pas ! Pardonne moi s'il te plaît !* pensa Luna dont le coeur se serra devant la peine sincère du jeune homme. Elle n'avait plus qu'une envie, c'était de revoir ses grands yeux bleus s'illuminaient à nouveau. Instinctivement, Luna se pencha vers lui. Elle oublia l'homme et prit l'enfant triste et perdu dans ses bras. Elle sentit les larmes chaudes du garçon mouillaient son vêtement tandis qu'il parlait à toute vitesse, mélangeant les choses, comme s'il avait trop de choses à expliquer, trop de questions sans réponses. Il n'était qu'un enfant égaré. Elle le garda contre lui, sa tête sur son épaule, caressant doucement son dos en l'écoutant en silence. Elle le berça longuement ainsi, tranquillement, pour lui laissait le temps de pleurer son désarroi, son grand chagrin, et se reposer un peu.
Elle l'écouta, écouta son histoire, sa peine, sa détresse, son abandon. Il parla de sa peur d'être ici, des médecins et des infirmiers. Il parla de Joëlle. Joëlle ? « Joëlle c'est ma soeur... ». Sa soeur qu'il avait voulu brûler pour récupérer ses parents, leur petite famille à trois. Sa famille du bonheur. C'était donc pour ça qu'il s'était retrouvé enfermer ici. Ses parents l'y avaient laissé parce qu'ils ne pouvaient plus rien pour lui, qu'ils étaient aussi désemparés que leur fils l'était maintenant. Luna pouvait imaginer le déchirement que ça avait du être pour sa mère d'avoir à l'abandonner ici. De se penser mauvaise mère, incapable d'aider son fils, de l'aimer comme il fallait. L'abandonner sur une chaise. Sans rien dire. Par un doux mensonge. S'enfuir à reculon, timidement. Douloureusement. Et laisser son fils avec le fol espoir qu'elle allait revenir. Qu'elle n'en aurait pas pour longtemps. Elle n'avait pas pu lui dire la vérité... En particulier, sa vérité à elle. Comment dire à son fils qu'on l'abandonne - parce que c'est comme ça qu'on le ressent, comme un abandon – qu'on renonce à son bébé, alors qu'on n'arrive même pas à supporter cette idée qui nous ravage le coeur et nous tord le ventre. Ce ventre dans lequel, elle l'avait porté neuf mois, attendu, rêver, penser...
Luna n'avait jamais eu la chance de porter son enfant. Il n'y avait pas si longtemps, après le départ de sa fille – sa fille adoptive, lili – elle était tombée enceinte. Vincent et elle ne se protégeaient plus et elle prenait la pilule, mais les pilules minidosées s'avèrent ne pas être toujours très fiables. Elle n'avait pas su quoi dire à Vincent. Ils vivaient vite car ils avaient chacun un boulot très prenant. Ils voulaient des enfants, même et d'autant plus après leur expérience avec Lili, seulement ils n'avaient jamais le temps et se disaient qu'ils verraient ça plus tard. Ils laissaient faire la vie. Auraient-ils le temps pour un enfant ? Le prendraient-ils maintenant qu'il était là, dans son ventre ? Luna n'était pas sure. Elle doutait, repoussait le moment. Ce n'était jamais le bon moment. Elle avait pensé à avorter. Elle était même allée dans un centre pour voir mais avait fuit. Elle voulait garder cet enfant ! Elle allait le dire à Vincent et ils le garderaient ! C'était son bébé ! Son enfant ! Sa famille ! Leur amour ! Le bonheur était si fort qu'il la transportait, lui donnait des ailes et lui gonflait le coeur comme un ballon. Il lui avait dit qu'il rentrerait très tard dans la nuit mais elle s'en fichait. Elle l'attendrait, lui dirait tout son bonheur. Il serait fou de joie, la serrerait dans ses bras et murmurait « Bonjour petit visiteur ! C'est papa ! » au creux de son ventre. Elle rirait. Elle avait fini par s'endormir. Cette nuit-là, elle avait fait une fausse couche. Elle avait perdu son bébé. Son bébé... Il avait disparu dans les toilettes. Elle en avait des cauchemars pendant des semaines. Elle voyait son enfant, tantôt petite fille, tantôt petit garçon. Il avait les mêmes cheveux châtains cuivrés qu'elle, ses pommettes et les beaux yeux de son père. Des petites tâches de son sur le nez et les joues. Elle le voyait et il la regardait avec ses beaux yeux tristes. Il disait : « Pourquoi tu m'as laissé. Tu ne veux plus de moi, maman ? Tu ne m'aimes plus ? Ne me laisse pas, maman ! Je t'aime ! » Et elle revoyait le tourbillon de l'eau qui l'aspirait, l'effaçait. Et le sang. Elle hurlait, se réveillait en sursaut, en sueur et en pleur. Elle retombait sur ses oreillés, tremblante, et se mettait à pleurer. A pleurer si fort qu'elle avait l'impression de mourir, que son ventre se tordait, que son coeur allait lâcher. Elle asphyxiait. Étouffait. S'étranglait. Elle hurlait presque, d'un cri d'agnoni, de torture. Un cri animal. Elle se pliait en deux, se recroquevillait dans la couette en se tenant les côtes, le ventre, le coeur, pour ne pas s'éparpiller, imploser, exploser... elle ne savait plus. Parfois, elle hurlait ainsi toute sa douleur, seule dans le grand lit parce que Vincent faisait des heures sup, qu'il était sur une affaire importante, un dossier délicat. Parfois, il était là. Il la secouait pour la réveiller, la faire sortir de son cauchemar. Parfois, elle se renversait contre lui, contre sa poitrine forte et rassurante, et elle pleurait. Elle restait appuyée sur lui pendant des heures, à croire qu'elle allait mourir, serrée toujours plus fort contre lui pour ne pas se disloquer. Il la gardait sans ses bras, la bercer, la calmait. D'autrefois, sentant les larmes monter, sa gorge se nouer quand elle reconnaissait sa chambre, haletante et trempée, elle ne voulait plus qu'une chose : fuir et mourir. Elle le fuyait, fuyait son regard inquiet, fuyait ses bras, son corps protecteurs, cet homme homme qui l'aimait... le perd de son enfant. De son enfant mort. Et elle hurlait, s'étranglait avec ses larmes, sa douleur, l'appelait, le suppliait de revenir : « Mon amour ! Mon petit ! Je t'en supplie reviens ! Reviiieennns ! Je t'aime tellement ! Je te promet que je serais une bonne mèèè... ! » Sa voix partait dans les aigüs, s'étranglait. Son coeur se déchirait, labouré, saignait et lui brûlait la poitrine. Elle n'arrivait pas le dire. Le mot ne sortait pas. « Mon bébé ! Mon bébé ! » avait-elle envie d'hurler en se tenant le ventre. C'était une souffrance pire que celle qui l'avait fait vaciller lorsqu'elle avait du dire aurevoir à Lili.
Lili, qui avait vécu si longtemps avec eux. Qui les appelait « papa » et « maman », non plus « Vincent » et « Luna ». Etait déjà une jeune fille en devenir quand ils l'avaient recueilli – 13 ans ! - mais elle gardait encore les traces de l'enfance, passant de l'un à l'autre à n'importe quel moment. De l'enfant à la femme. A un moment, elle recevait son premier baiser, connaissait sa première histoire d'amour, et à un autre, elle se blottissait contre Luna qui la prenait dans ses bras tandis qu'elles parlaient avec sérieux. Parfois, Luna s'amusait à la voir aller et venir entre sa chambre et la sienne en lui demandant comment s'habiller. D'autres fois, la jeune femme s'accoudait au chambranle de la porte de sa chambre et la regardait un moment dormir. Elle n'avait jamais fouillé dans ses affaires mais il lui était arrivé d'entrer dans sa chambre pendant que Lili n'était pas là. Elle s'assaillait du bout des fesses sur le lit pour ne pas marquer la couette et regardait. Ne faisait que regardait, s'imprégnait du monde de la jeune adolescente, imaginait ce qu'elle pouvait bien avoir en tête. Elle l'aimait comme sa fille. Lili était se sa famille, le serait toujours. Et puis, sa mère – sa mère biologique – avait écrit. Elle en avait le droit, elle, d'écrire à sa fille, de lui demander si elle voulait la connaître, et Lili avait le droit de lire ses lettres et de savoir, de dire oui ou non. Luna avait choisit d'être honnête. Elle lui avait dit la vérité, même si elle mourrait de trouille à l'idée d'être remplacée, oubliée, de perdre Lili. De perdre sa fille. Mais, elle ne lui appartenait pas. Elle lui avait dit tout cela, le ventre noué, avait attendue, l'angoisse dans la gorge, chaque fois qu'elles se voyaient. La mère et la fille. Elle les avait regardé, une fois, dans un Starbuck. Quand Lili lui avait dit que sa mère lui avait proposé de venir habiter chez elle, Luna avait senti ses jambes la lâchaient. Elle avait du s'assoir. Elle avait écouté, lui avait demandé si elle voulait y aller. Lui avait rappelé qu'elle l'aimerait toujours, et alors, Lili s'était détendue et avait dit, oui. Oui, je veux vivre chez elle. Et elle était partie. Et Luna avait eu envie de la retenir, de lui crier qu'elle l'aimait de tout son coeur. Elle avait serré ses bras autour d'elle pour ne pas les tendre vers elle. Piétinait pour ne pas courir vers elle, la prendre dans ses bras, la garder encore un peu avec elle. Ce ne fut que le soir, lorsqu'elle se rendit compte qu'elle mettait un couvert de trop sur la table, qu'elle s'était mise à pleurer sans pouvoir s'arrêter.
Toutes ces émotions, ces images lui revenaient tandis qu'elle berçait doucement cet enfant-homme dans ses bras. Ce petit garçon désemparé enfermé dans un corps d'homme. C'était étrange de se dire qu'en fait, c'était le même problème que l'on soit un enfant dans un corps d'adulte qu'un adulte prisonnier dans un corps d'enfant : on n'avait du mal à communiquer, à sa faire comprendre, et à comprendre aussi, les choses autours de nous. On est gauche, on ne sait pas utiliser les moyens dont on dispose. Alors, on cherche à être le plus expressif possible. Luna se dit que Jimmy pourrait ne parler qu'avec ses yeux. Ses grands yeux étonnants. Et Luna le réconfortait toujours, murmurait :
_ « Shut ! Shut ! Ca va aller ! Ne pleure plus, lapin. Je suis là, tu n'es pas tout seul. Je sais que tu es perdu mais je vais m'occuper de toi, t'aider. Je te le promets. Ca va aller, trésor ! Shut ! Ca va aller ! Tu n'es plus tout seul. Calme toi, mon chéri ! Mon lapin ! Personne ne te prendra ton lapin, mon coeur ! Il veillera toujours sur toi, il ne t'abandonnera jamais ! Et je suis là, je t'aiderais ! Je t'aiderais à comprendre et à garder ton lapin, d'accord ? »
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Jimmy Purter
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MessageSujet: Re: Le premier spectacle de nos enfants...   Jeu 21 Avr - 6:02

Pleurer, tristesse. Pleurer. Tristesse. Larmes. Pauvre petit Jimmy. Pauvre petit homme, perdu dans cet endroit où tout le monde ne lui veut que du mal. Les cubes pour le protéger, voilà ce qu'il s'était dit le petit Jimmy, qu'il pourrait se protéger du regard des gens avec des cubes. Des cubes derrière lesquelles on ne pourrait pas le voir. Voilà ce qu'il pensait le petit Jimmy. Et puis cette dame était venue, elle avait dansé, bien dansé, si joliment dansé, elle était si belle, si belle. Et puis, elle lui avait parlé, il lui avait parlé, elle avait trouvé son lapin mignon, il en était fier, si fier. Son lapin. C'était son lapin qui était mignon. Elle lui avait dit. Et puis il y avait eu cette phrase, ce mot: Maman. Sa maman qui l'avait laissé ici en disant qu'elle reviendrait, et qui n'était jamais revenue. Sa maman qu'il attendait encore maintenant lorsqu'il se cachait derrière les cubes. Sa maman à lui. Sa maman qui n'était pas là. Pauvre petit enfant perdu sans sa maman... il l'avait attendu, il l'avait attendu encore et encore, et elle n'était jamais revenue. Jamais. Depuis combien de temps était-il là? Ici. Dans cet hôpital. Depuis combien de temps attendait-il sa maman? Il n'en avait aucune idée. Combien de temps devrait-il encore attendre? Il n'en avait aucune idée non plus. Sa maman à lui ne viendrait pas, ne reviendrait plus, mais ça il ne le comprenait pas, il ne voulait pas le comprendre. Il l'attendrait. Toujours. Encore. Perpétuellement. Il l'attendrait. Elle allait revenir. Un jour. Surement. Elle reviendrait. Elle avait promis.


Les larmes, la tristesse qui avait suivies. Il avait mal dans son cœur. Il avait peur. Il avait froid. Il était seul. Enfin pas si seul. Il y avait cette dame, Luna. Qui était là, devant lui. Qui l'avait pris dans ses bras. Comme pour le protéger. Elle l'avait laissé pleuré, elle aussi était triste. Pourquoi était-elle si triste? Elle lui disait de se calmer, elle était gentille. Si gentille. Elle était triste. Si triste. Comme lui en fait. Triste tous les deux. Ensemble. Mais aucun ne comprenait l'autre. Si? Le comprenait-elle? Peut-être. Elle lui disait qu'elle était là, qu'elle l'aiderait. L'aiderait à quoi? À comprendre? À attendre sa maman? A le protéger des autres, des deux grands monsieurs qui le regardaient bizarrement toute la journée? Il avait besoin de son aide. Pauvre petit enfant livré à lui-même. Pauvre petit enfant. Pauvre petit Jimmy.


Il n'était plus seul, elle était là elle aussi. Elle l'avait trouvé. Elle lui avait parlé. Elle avait su le calmer. Il n'était plus seul. Elle était là, avec lui.


Jimmy pleura un moment dans ses bras, l'écoutant, écoutant le doux son de sa voix, sentant le parfum agréable qui s'échappait de ses cheveux. Elle sentait si bon. Ses larmes se calmèrent petit à petit. Il sentait le corps chaud de Luna contre lui. Cette chaleur le calmait. Cette chaleur lui inspirait de l'amour.


« -Tu sens bon madame Luna. Tu sens la pomme. Et la pomme ça sent bon. Sniff...
Tu m'aideras à garder mon lapin? Tu veux bien être la maman de mon lapin? Il a moi comme papa mais il a pas de maman. Tu veux hein? Il a besoin d'une maman. Moi aussi j'ai besoin snifff d'une maman. La mienne elle est pas là... sniff... tu voudrais d'un enfant comme moi? Tu voudrais être une maman? Une maman qui sent la pomme snifff...»



Tout en disant cela, il n'était toujours pas sorti des bras réconfortants de Luna. Il ne voulait pas sortir de ses bras...Il était bien là.


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Luna Bobin
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MessageSujet: Re: Le premier spectacle de nos enfants...   Ven 22 Avr - 13:27

"Tu veux bien être une maman ?"

Luna se mordit la lèvre, prise de mauvaise conscience. Elle entrait dans son jeu et il n'en sortirait peut-être jamais de cette façon. Mais il était vrai également qu'il ne fallait pas compter sur le Doc ou sur son nouveau bras droit. S'il lui cassait son délire, il le ferait de telle sorte à le briser définitivement, l'enfant en lui comme le jeune homme qu'il devrait et pourrait être. Ni enfant de cinq ans, ni pyromane. Le jeune homme qu'attend sa mère, qu'elle espère et espérera tous les jours et ne viendra jamais.
Jimmy ne pouvait pas être laissé seul. Un enfant sans ami et sans protection. Un adolescent fragile qui aura du mal à revenir à la réalité et à survivre aux traitements du Doc. Pour l'instant, elle sera une "maman" de substitution, ensuite peut-être pourra-t-elle l'aider à sortir de son délire, à revenir doucement à la réalité avant que le Doc ne fasse son oeuvre. Elle devra être plus rapide que lui sinon Jimmy risquerait de se retourner contre elle pour lui avoir menti, l'avoir conforter dans ses illusions.

Luna écarta doucement Jimmy de ses bras, tout en gardant ses mains dans les siennes. Le jeune homme se tenait assis en face d'elle, tout prêt. Il avait l'air quelque peu contrarié d'être forcé à quitter les bras de la jeune femme. Elle lui adressa un sourire tendre et essuya de ses doigts les dernières traces des pleurs du patient.
- "Jimmy... Ecoute-moi ! Personne ne t'enlèvera ton lapin, d'accord ? Je suis sûre que ta maman ne t'a pas abandonné et qu'elle souhaite de tout son coeur te revoir. Ta maman t'aime. Elle t'a amené ici parce qu'elle pensait que les hommes en blanc pouvaient peut-être t'aider. Mais ils lui ont menti, tu comprends ? Tout ce que ta maman voulait c'était te protéger.
Les hommes en blanc ne t'enlèveront pas ton lapin si tu leur obéit, d'accord ? Si tu es sage, il ne te feront aucun mal ! Et je suis là, je te protégerais, c'est promis ! Je serais la maman de ton lapin et je t'aiderais à retrouver ta maman. Tu n'es plus seul maintenant, d'accord ?"


Elle lui sourit à nouveau, et, voyant qu'il avait compris, elle l'embrassa sur le front.
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