AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 You Teach Me, I Teach You [CLOS]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Yun Chim Dae
Patient
avatar

Sexe : Masculin
Nombre de messages : 28
Age : 28
Nationalité : Coréen

MessageSujet: You Teach Me, I Teach You [CLOS]   Jeu 20 Jan - 16:35

Les somnambules ont l’habitude de se réveiller dans des endroits incongrus. Ils se retrouvent parfois dans des situations bizarres, voire dangereuses. Mais aucun somnambule n’avait jamais eu la surprise de se réveiller dans un autre pays, ou sur un autre continent – du moins, personne n’en avait jamais fait mention. Un narcoleptique les avait donc surpassés, dans un exploit qui restait toutefois discutable : Yun Chim Dae s’était éveillé dans un lit qu’il ne connaissait pas, entouré de personnes lui étant étrangères (des blancs!?), entendant des mots qu’il ne reconnaissait pas. Il cru subitement être victime d’hallucinations. Il releva la tête et tenta de se redresser mais une main le plaqua lourdement contre le matelas sur lequel il reposait. Des sons filèrent dans tous les sens. Il se sentait étourdit et avait mal au cœur. Une question passa ses lèvres sans qu’il ne l’adresse à qui que ce soit en particulier.

« Où suis-je…?1 »

Les mots parurent déplacés lorsqu’ils créèrent un important brouhaha. Une intense lumière fit soudainement perdre la vue au Coréen. Il se crispa tandis que ses yeux s’habituaient au fort éclairage. Quelqu’un lui prit le poignet et chercha son pouls. Chim Dae se débattit contre la main froide mais il fut arrêté par trois grands hommes costauds qui le maintinrent tranquille. L’homme à la main froide lui lâcha le poignet, l’air satisfait. Chim Dae distinguait son visage à présent : le teint plus pâle qu’un fantôme, des cheveux noirs qui volaient dans tous les sens et un air pas franchement sympathique. Le Coréen lui cria dessus, furieux et apeuré à la fois :

« OÙ JE SUIS!? »

Cela ne sembla pas impressionner l’homme. Ce dernier répondit toutefois quelque chose à l’intention de Chim, dans des mots qu’il ne saisit toutefois pas. Le débit était trop rapide et l’accent trop différent à ce qu’il était habitué pour qu’il puisse discerner le moindre mot que l’homme lui adressait. Il supposa que c’était de l’anglais, de par le simple fait que la plupart des wehgukins² parlent anglais. Chim Dae donna sans doute l’impression à son interlocuteur qu’il ne pigeait absolument rien de ce qui se passait car celui-ci coupa brusquement court à son monologue. Il fronça le nez d’un air dédaigneux, dit encore quelques petites phrases et sortit en donnant une enveloppe à l’un des hommes qui retenaient toujours Chim Dae de se relever. D’une voix lente, empreinte de mépris, l’homme à la lettre demanda :

« You speak English? »

Anglais, c’était bien ce qu’il pensait. Chim Dae secoua la tête pour signifier qu’il comprenait un peu. Il ne parlait pas anglais, pas au sens où on l’entendait dans cette pièce, son vocabulaire se limitant au stricte minimum nécessaire en voyage à l’étranger (et encore, dans son cas, avoir appris le japonais et le mandarin était plus utile). Les deux gros hommes qui le tenaient encore le relâchèrent doucement en grognant de rire. Chim Dae murmura pour lui-même.

« Imbéciles. »

L’homme qui tenait la lettre la jeta sur son lit et sortit en disant des choses que Chim ne comprit pas. Les deux autres le suivirent, sans cesser de rigoler. Resté seul, le Coréen observa la pièce où il était. Il était dans un hôpital, c’était évident – il en avait visité assez pour pouvoir les reconnaître sans indices – mais dans un hôpital occidental? Il attrapa le papier, soulagé de voir qu’il était rédigé en hangeul. Ses yeux parcoururent la lettre, tantôt l’air dur, parfois emplis de peur. C’était une copie de son mandat d’internement au… « CSHEMAS »… Elle était signée par son père, son médecin et deux inspecteurs de police, ainsi qu’un juge dont il ignorait l’existence. Chim Dae posa la feuille sur son lit d’un geste très calme, les yeux fixés sur le mur devant lui. Un coup d’œil à la minuscule fenêtre qui montrait l’extérieur lui confirma l’horrible nouvelle : il avait atterrit dans un asile, en Antarctique, par les bons soins de son père. Le Coréen voulu se lever mais le stress, la peur et sa maladie combinés eurent raison de lui : il tomba sur le sol dans un bruit mat. Il dormait. Encore.

_________________
1 Le texte en italique est dit en coréen
² Occidental
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aleksis Cole
Patient
avatar

Sexe : Masculin
Nombre de messages : 628
Age : 26
Nationalité : Australien

MessageSujet: Re: You Teach Me, I Teach You [CLOS]   Dim 23 Jan - 19:57

Cher monsieur Cole,

nous avons reçu un nouveau patient aujourd'hui et ce dernier va sans aucun doute avoir du mal à s'acclimater dans notre institut. Bien entendu, comme vous êtes un patient modèle et êtes notre exemple d'adaptation le plus incroyable, nous avons songé qu'il serait intéressant dans le cadre de votre thérapie comportementale (destinée à vous permettre de vivre en société à l'instar d'un être humain normal) que vous vous occupiez de ce nouvel arrivant. Il est considéré comme totalement inoffensif, vous n'avez donc aucune crainte à avoir à son sujet. Cependant, il ne parle pas anglais, état à lequel nous aimerions que vous nous aidiez à remédier. Sa chambre est située juste en face de la votre, numéro 416. Bien entendu, quelques privilèges vous seront accordés face à ce service rendu.

Bien à vous,

le personnel du CSHÉMAS,
approuvé par Dr. Clarence Millet


J’avais reçu le message le matin même. J’y avais longtemps songé. Lorsque l’un des infirmiers m’avait remis le bout de papier, je m’étais étouffé avec une bouchée de céréales. Le Doc me demandait d’être professeur de langue ! Moi ? Le ton ironique du Doc se faisait pressentir. Le soi-disant patient modèle que j’étais ne voulait pas passer du temps avec un nouveau qui ne savait pas parler anglais.

Au retour de ma course, je fus conduit à ma chambre. Je regardai le nom. Yun Chim Dae. C’était sans contredit un asiatique. Pour l’heure, il dormait. Il semblait même presque mort. Finalement, j’allai me promener dans les corridors. Dans la salle de jeux, deux infirmiers éclatèrent d’un rire sonore.

Il ressemble trop à un petit singe perdu. On pourrait lui dire n’importe quoi et il ne comprendrait rien.
C’est pathétique. Je savais que dans ces pays-là, ils étaient des brutes en math. Cependant, mieux vos savoir parler anglais lorsqu’on vient ici que savoir compter.
M. Millet va n’en faire qu’une bouchée. Il est perdu.
Ouais, pauvre petit singe…


Ils rirent à nouveau. Je rebroussai chemin. Je n’aurai jamais la patience pour enseigner à ce gars. Finalement, je pris une décision. Je me dirigeai vers le bureau du Doc. Je croisai le lion encadré de deux gorilles un peu avant sa tanière.

Deux mois sans thérapie, n’y rencontre individuelle et je le fais.

J’eus pour réponse un simple hochement de tête. Cela me suffisait amplement. Je retournai vers les dortoirs. Le singe était encore endormi. Je restai sur le ras de la porte, l’observant. Je ne savais pas comment je m’y prendrais pour le faire comprendre que pour sa survie, il fallait qu’il apprenne l’anglais et vite.

Arme-toi de patience Aleksis. Tu auras deux mois de congés grâce à ça. Fais le pour toi, pas pour lui.

J'attendis qu'il se réveille.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Yun Chim Dae
Patient
avatar

Sexe : Masculin
Nombre de messages : 28
Age : 28
Nationalité : Coréen

MessageSujet: Re: You Teach Me, I Teach You [CLOS]   Dim 23 Jan - 22:13

Le sol était dur. Inconfortable. Froid. Probablement sale. Ce n’était pas le meilleur endroit pour dormir. Chim Dae dut s’en rendre compte car il se réveilla aussi brusquement qu’il s’était assoupi. Sa tête était à la hauteur d’une paire de pieds étrangement chaussés, enlignés parallèlement à la porte, transpirant l’impatience à travers le tissu épais qui les entourait. À peine les yeux ouverts, Chim avait déjà analysé toute la situation : on bloquait la seule issue à cette pièce et on n’avait pas l’air d’un médecin. Le jeune homme se remit sur pieds d’un bond, mettant de la distance entre lui et l’intrus par le même mouvement. Ses mollets frottèrent contre le rebord de son lit : il se retint à la dernière seconde pour ne pas tomber à la renverse sur son matelas. Ses yeux parcoururent rapidement le nouvel arrivé : combien de temps avait-il été là à le regarder dormir? Le Coréen avait horreur de se trouver sous surveillance à son réveil. Son sommeil était personnel. Point final.

Du coin de l’œil, Chim entraperçu un morceau de papier qui traînait encore sur son lit, à côté de l’autorisation de l’enfermer que son père avait signé. Sans quitter des yeux l’homme qui bloquait sa porte, Chim Dae s’empara de la feuille – elle avait dû glisser hors de l’enveloppe quand il avait sortit le mandat, plus tôt. À voir la graphie de l’auteur, le mot n’avait pas été rédigé par un natif; plutôt recopié, selon ce qu’en laissait deviner la syntaxe parfaite. Pas beaucoup de mots de plus pour appréhender sa nouvelle maison, mais de nouvelles informations – des plus humiliantes, il va sans dire. Le Coréen baissa les yeux, embarrassé et incapable de regarder autre chose que ses pieds.

Vu l’état lamentable de votre langue anglaise, des cours privés vous seront donnés par un autre patient du centre. Votre maîtrise de cette langue est requise pour votre traitement, ne pas fournir les efforts nécessaires pour l’apprendre sera considéré comme une non-participation active à votre guérison – et des actions seront appliquées en conséquence.

Il avait tout fait, tout fait ce qu’il pouvait, pour éviter la honte à son père. Au final, il s’était même reclus dans sa tour pour éviter tout contact avec le monde extérieur, avec les médias. Mais son père ne lui avait pas pardonné, non, on ne pardonne pas ce genre d’erreurs. On ne pardonne pas la mort d’une fille et d’une femme. La honte ne pardonne pas. Chim Dae chiffonna le papier de son poing, tremblant. On lui servait ce qu’il avait fait à son père. Du déshonneur sur un plateau d’argent, Votre Honneur.

« Bonjour. »

Il s’inclina, comme le voulait la coutume – pas qu’il crût une seule seconde que l’autre comprenait ce qu’il faisait, disait ou ce que tout cela voulait dire : c’était une question d’honneur. C’était un test. C’était son père qui lui demandait s’il valait quoi que ce soit – et si Chim Dae voulait que « oui » soit considéré comme une réponse valable, il devait être prêt à le prouver. La boule de papier tomba par terre et Chim l’écrasa d’un coup de talon. Il étira les lèvres, tentant d’imiter un sourire, sans savoir s’il réussissait.

« You… teacher me? »

Il tiqua, sachant pertinemment que sa phrase ne faisait probablement aucun sens. Trop de pronoms et pas assez de verbes. Ou était-ce le même de l’anglais? Qu’est-ce qu’il en savait? Les langues de Blancs n’avaient rien à voir avec ce que Chim Dae connaissait du langage. Mais bon, c’était lui la tache maintenant, à ce qu’on lui faisait comprendre. Avec maintes hésitations, il ajouta une dernière information, pour faire bonne mesure, pour suivre la norme, les yeux toujours fixés sur ses orteils.

« Me… name me… (il détacha lentement chaque syllabe) YUN – CHIM – DAE… Chim Dae, ça ira très bien, aussi, ce ne sera pas nécessaire de m’appeler par mon nom complet à chaque fois, professeur. »

Il ferma les yeux au même moment que les lèvres, regrettant les mots qu’il avait dits sans réfléchir. Il s’inclina à nouveau, sentant tout le poids de millions d’ancêtres qui le regardaient depuis les cieux le pousser vers le sol.

« Pardon. »

Mais c’était inutile que son interlocuteur sache qu’il s’excusait, n’est-ce pas? C’était pour la forme, parce que l’autre n’avait pas compris, de toute façon. C’était pour s’excuser à son père d’avoir insulté un professeur. Oui voilà, il était pardonné. Il releva les yeux un instant, un peu abrutit par son débat mental. Le regard de l’étranger le frappa de plein fouet : qu’est-ce qu’on lui avait fait pour qu’il ait l’air si… Si… Las? Le rouge lui monta aux joues et il rabattu son attention sur ses pieds.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aleksis Cole
Patient
avatar

Sexe : Masculin
Nombre de messages : 628
Age : 26
Nationalité : Australien

MessageSujet: Re: You Teach Me, I Teach You [CLOS]   Dim 23 Jan - 23:26

Première réaction du patient : Réaliser que quelqu’un l’observe et tenter de mettre le plus d’espace possible entre lui et moi. Démarche perdue d’avance. La chambre ne permet pas de se distancer de plus d’un mètre et demi dû au lit. Surpris de l’espace restreint, il se retient à son lit. Deuxième réaction du patient : Regarder son nouvel environnement. Le nouveau prend le papier sur son lit et semble surpris. Me fixe un instant avant de reporter son regard sur la feuille qu’il a entre les mains. Note personnelle : il est vrai qu’il ressemble à un singe. Évaluation des premiers moments terminée.

Il me parla en premier dans son dialecte natal. Je baillai… j’allais vraiment avoir du travail à faire. Je répondis à son salut typique des asiatiques par un roulement de main au niveau du front. Comme si je m’adressais à la reine. Sauf que la reine, elle, comprenait l’anglais contrairement au singe devant moi. Le gars aurait mieux fait de garder la bouche fermée. Après avoir entendu son semblant d’anglais, je roulai des yeux. Pour qu’il saisisse bien tout, je lui parlai comme si je m’adressais à un légume.

Yeah, je vais être ton professeur. I-WILL-BE-YOUR-FUC****-TEACHER. MY-NA-ME-IS-ALEKSIS. I-AM-TWENTY-YEARS-OLD. NI-CE-TO-MEET-YOU.

À la mention de mon âge je lui présentai deux fois mes mains ouvertes. Peut-être qu'avec des gestes il allait comprendre. Je me demandais si j’allais avoir la patience nécessaire pour lui enseigner ma langue maternelle. Je devais penser aux prochains deux mois. Je n’allais pas avoir de rencontre avec le Doc si j’arrivais à lui faire dire plus de dix mots. Il me dit son nom. Une chance que je l’avais lu au dessus de sa porte car dans ce ramassis de syllabes je ne distinguai pas grand chose. Encore une fois, il me parla dans sa langue d’indigènes. Je soupirai. Si Chim Dae passait son temps à s’incliner, l’on pourrait déposer un verre devant lui. Il ferrait une merveilleuse imitation de canard buveur.

Je vais te dire quelque chose. Si tu m’aides, je t’aide. C’est du donnant-donnant.

Je le regardai. Étrangement, il était plus grand que moi. Il me semblait que les asiatiques étaient supposés être des gens de petites tailles. Voire presque des nains. Je connaissais un nain. Stephan. Il n’arrivait pas plus haut que le comptoir des laboratoires de l’école. La seule autre personne à me faire concurrence pour être sélectionner en dernier dans les équipes sportives.

Je t’enseigne l’anglais et toi t’apprends vite.

Je sentais déjà que la patience ne durerait pas longtemps. Je me demandais si le Doc accepterais que je le frappe Chim afin qu’il apprenne rapidement. Je ne ferais que mon travail. Le lion ne m’avait pas restreint à la manière à utiliser.

Première leçon: Les animaux.

Il devait bien apprendre les bases du centre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Yun Chim Dae
Patient
avatar

Sexe : Masculin
Nombre de messages : 28
Age : 28
Nationalité : Coréen

MessageSujet: Re: You Teach Me, I Teach You [CLOS]   Lun 24 Jan - 21:17

Le poids qui pesait sur les organes internes de Chim Dae se relâcha sans préavis. La honte s’évapora comme de la neige au soleil, sans laisser aucune trace. Ah… C’était donc ça? Une blague. C’était vraiment trop gros pour qu’il se sente encore humilié. Un professeur. Plus jeune que lui. Chim avait arrêté d’écouter ce que le dénommé Aleksis racontait dès que ses oreilles avaient saisies les « I am twenty years old. » du brun. Ça, il le pigeait très, très bien. Probablement l’une des seules choses qu’il comprenait parfaitement en anglais : demander et interpréter l’âge de son interlocuteur. Chim leva les yeux sur son cadet, retrouvant vigoureusement sa personnalité nonchalante. Un sourire, un vrai, quoiqu’un peu inquiétant, étira ses lèvres. Il donna un coup de tête, replaçant ses cheveux, l’air las à son tour. Dire qu’il avait cru avoir à faire à un adulte, à un homme beaucoup plus âgé, quelqu’un de respectable. La considération envers ce qu’il avait cru être un professeur s’était dématérialisée avec sa honte. Chim Dae ne ressentait plus rien de négatif en lui qui le forçait à respecter Aleksis, ni non plus rien de positif vu que l’occidental avait fait exploser toute forme de respect que le Coréen aurait pu éprouver pour lui. Cela dit, il avait encore besoin de lui. On n’apprend pas une langue tout seul.

Chim Dae toisa son benjamin, s’asseyant négligemment sur son lit, là où il se sentait le plus à l’aise. L’autre était agressif, impatient, brutal. Il avait juré contre la seule question que Chim lui avait posée. Mais le Coréen n’était pas impressionné, plus maintenant. C’était un jeu qu’il connaissait trop bien. Des gosses de riches qui essaient de s’intimider l’un, l’autre; ça avait tout à voir avec la situation qui se déroulait dans sa chambre. Il avait fait le coup à sa sœur, essayant de la dominer malgré leur différence d’âge – une erreur qui lui avait coûté quelques claques. Chim Dae savait très bien que les Occidents n’en avaient rien à foutre du respect de leur aînés – ou, du moins, c’était la réputation qu’ils avaient dans sa patrie natale – mais il n’avait aucun doute sur sa capacité à maîtrisé Aleksis, si celui-ci devait devenir menaçant. Il lui ferait payer son entrée en matière peu invitante, et il assiérait ses règlements dans leur relation. Il devait apprendre l’anglais? Bien, très bien, mais c’était hors de question qu’un « professeur » plus jeune que lui vienne lui faire la leçon. Chim Dae allait lui apprendre des choses, lui aussi. Il allait commencer par le respect. Puis, on verrait où ça menait, et on continuerait l’enseignement en conséquent.

« Oppa. »

Chim Dae n’avait prêté aucune attention au charabia de l’intrus, et entendait lui montrer les bonnes manières avant de continuer quoi que ce soit. D’un coup de pied, le Coréen claqua la porte derrière Aleksis, les enfermant tous deux dans sa chambre. Le Blanc l’avait provoqué, le Jaune réagissait. On ne joue pas au plus fort avec son grand frère, même s’il n’a que quelques mois de plus que vous. Il se désigna de la main et répéta.

« Oppa. »

Le CSHEMAS n’était pas un test que son père lui soumettait. Il voulait seulement se débarrasser de son fils. Il voulait s’en débarrasser et ne plus avoir conscience d’aucuns de ses agissements bizarres. Il ne voulait plus voir la police débarquer à deux heures du matin. Il avait voulu humilié son fils, oh oui. Mais ça, ça , c’était trop gros. Ce n’était pas humiliant, pas dans la tête à Chim Dae. Il contrôlait la situation, désormais. Ses lèvres formèrent le mot magique : op-pa. Aleksis ne comprendrait pas, mais c’était sans importance. C’était seulement pour se venger. Son cadet l’avait gêné en l’observant d’un regard si blasé, il l’avait provoqué en utilisant un langage inadéquat – n’importe quel con pouvait reconnaître le mot « f*** » quand il l’entendait – et, surtout, il avait l’air d’une grosse tête. Est-ce que Aleksis avait lu son dossier? Est-ce qu’Aleksis savait que Chim Dae avait tendance à voir rouge?

Pourquoi avoir frappé cette jeune fille, Yun Chim Dae?
Parce que les draps n’étaient pas propres.

Avez-vous tué votre sœur?
Je l’ai regardé mourir. C’était suffisant.


Le Coréen laissa son corps tomber vers l’arrière, presque couché en travers de son lit maintenant. Il reposait sur ses coudes, la tête relevé vers Aleksis, l’air arrogant. Qu’est-ce qu’il allait faire, le frapper? Du haut de ses 60 kilos? Chim Dae sourit en s’imaginant la scène. Il décida qu’Aleksis était un gosse de riche, lui aussi. Qu’il était détraqué, qu’il avait violé sa sœur et c’était ce pourquoi il était ici. Trop d’énergie mal utilisée. Voilà, oui, c’était ça. C’était l’histoire d’Aleksis Cole. Et quelle était l’histoire de Yun Chim Dae? Il sourit et ses doigts se crispèrent contre les draps blancs de son lit.

« Call me oppa, Aleksis. »

…des troubles de mémoires... Il se réveille et oublie parfois. Il mélange la réalité et ses rêves. Il ne sait pas… Je n’ai jamais vu ça.

Était-ce la confiance qui lui faisait enligner les mots dans le bon ordre? Il se sentait fort. Il ignorait les souvenirs qui parlaient dans sa tête. Des cauchemars. C’était des cauchemars. Rien d’autre. Op-pa. Chim Dae rit. Qui avait commencé ce jeu…?

Oppaneun niga neomu mibda. Oppaneun nimal deudgi shilhda. Oppaneun nappeun yeoja shilhda.1

Chim Dae rit : Aleksis avait commencé.


_________________
1 Oppa te déteste. Oppa ne veut pas t'écouter. Oppa te déteste méchante fille.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aleksis Cole
Patient
avatar

Sexe : Masculin
Nombre de messages : 628
Age : 26
Nationalité : Australien

MessageSujet: Re: You Teach Me, I Teach You [CLOS]   Mer 26 Jan - 20:11

Il ne m’écoutait plus. Que je dise n’importe quoi, il ne m’écoutait pas. Il se prélassait sur son lit tel un macaque sur une branche. Mon animosité face à Chim Dae se multiplia. Je n’allais pas enseigner l’anglais à quelqu’un qui se foutait de ma gueule. Il avait l’attitude des gens de ma classe au collège. Enfants bourrés aux as qui osaient regarder les autres de haut. J’avais vécu parmi eux. Père me disait que si nous avions de l’argent, c’était grâce à eux. Que c’était en les aidant que nous récoltions le plus. L’asiatique ne devait sans aucun doute reçu une autre éducation que la mienne. Je le toisai comme, il me toisa. Dédaigneusement.

Je regardai l’autre donner un coup dans la porte. Je n’eus aucun mouvement tellement j’étais abasourdit de l’arrogance du singe. J’avais déjà décidé que j’irais voir le Doc dès le lendemain. Peu m’importait que notre entende ne tienne plus. J’aurais pu enfoncer la tête de Chim Dae dans un mur tellement j’étais frustré de cette nonchalance. Ce n’était pas mon problème s’il ne savait pas parler anglais. Il n’avait qu’à aller dans un meilleur collège dans son coin de pays.

Je m’ordonnai de me calmer. Il n’était pas temps de frapper un patient, surtout s’il était nouveau. Je m’emportais beaucoup trop facilement et un jour cela causera ma perte.

La première fois, je n’y avais pas porté attention. La deuxième, lorsqu’il se pointa, je n’en cru pas mes oreilles. Il essayait de communiqué avec moi dans son dialecte. Oppa. Qu’est-ce que cela signifiait. A vrai dire peu m’importait. Mon but n’était pas d’apprendre un patois totalement inutile. Mon devoir était d’enseigner MA langue au singe. Si j’avais voulu m’initier à une nouvelle langue, j’aurais choisis le français, l’espagnol, voire le russe, mais pas à cette langue de singes.

Je ne comprends pas. Parle anglais. Tu dois parler anglais.

Quoi ! je devais l’appeler oppa ? Je ne l’appellerais certainement pas oppa. Il riait certainement de ma gueule. Je m’énervais, mais ce foutu singe ne voulait pas faire d’effort. Je n’allais pas me fendre le cul en quatre pour un asiatique. Je serrai les poings.

F*** you, je ne vais jamais d’appeler oppa !

Je l’enfonçai un peu plus dans son lit.

Tu vas apprendre l’anglais et me faire plaisir d’oublier ton dialecte de merde !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Yun Chim Dae
Patient
avatar

Sexe : Masculin
Nombre de messages : 28
Age : 28
Nationalité : Coréen

MessageSujet: Re: You Teach Me, I Teach You [CLOS]   Mer 26 Jan - 21:48

La dernière fois que Chim Dae s’était engueulé avec quelqu’un, ça avait fini avec un corps mort dans la maison, deux inspecteurs dans sa chambre et un voyage surprise en Antarctique. Maintenant qu’Aleksis lui criait dessus, à deux pouces du visage, ses mains bien arrimées contre les épaules du Coréen, tentant de l’enfoncer à l’intérieur de son matelas, Chim Dae se dit que se serait dur de faire pire que la fois d‘avant. Il fut tenté de cracher au visage de son adversaire, ne reconnaissant dans le vocabulaire de ce dernier que des insultes, mais il se résigna. En voyant l’Australien penché comme ça au-dessus de lui, il avait eu une meilleure idée que de le provoquer en combat brutal – pas qu’il eut peur de se battre contre le Blanc, il avait quand même quelques années de boxe d’acquis.

D’un coup, il se laissa tomber sur le matelas, faisant glisser ses coudes sur les draps jusqu’à être à l’horizontal. Au même moment, il utilisa ses pieds pour faire perdre l’équilibre à Aleksis (qui avait déjà perdu son point d’appuis sur les épaules de Chim). Comme prévu, le plus jeune des deux garçons se retrouva sur son aîné, brusquement, lourdement. Chim Dae regarda l’autre avec des yeux ronds, quand même pas si habitué à se ramasser dans des situations aussi intimes avec un inconnu. Mais la soif de vengeance, l’envie de pouvoir et le plaisir d’écraser un adversaire furent plus fortes que la gêne, ramenant le sourire insolent sur les lèvres de l’Asiatique.

« On est bien comme ça, non? »

Chim Dae leva la tête en prononçant son dernier mot, faisant disparaître le peu de distance qui restait entre eux encore. Il sentit le souffle d’Aleksis contre son visage tandis que sa propre bouche allait croquer les lèvres pincées du brun. C’était un acte de domination brute, un baiser violent et rageur, une attaque là où tout pouvait faire mal, plus efficace qu’un coup de poing et impossible à oublier du jour au lendemain. Sa langue glissa contre celle de son ennemi une deuxième fois puis Chim Dae scinda leurs deux visages très brusquement, poussant l’Australien sur le côté, le retournant. Il n’en resterait pas là.

Ses deux genoux étaient fermement enfoncés dans les paumes d’Aleksis avant que celui-ci n’eut le temps de faire un mouvement. Les mains à la hauteur des épaules, l’anglophone était cloué sur le lit par son adversaire, qui trônait fièrement, assit sur sa poitrine. Chim Dae avait le souffle court d’avoir été étouffé sous son nouveau prisonnier, il respirait bruyamment. Il ne réfléchissait plus vraiment depuis les paroles agressives que son jeune professeur lui avait lancées. Il chassait ses pensées lucides comme on chasse les moustiques, s’intéressant seulement à ce qu’il avait envie de faire, à ce que ses tripes le poussaient à faire. Le Coréen pouvait sentir son sang battre dans ses cuisses, contre les côtes d’Aleksis. Il se demandait si celui-ci le sentait aussi.

« Teach. Me. Slow slow. »

Sa voix était plus rauque qu’il ne l’aurait voulu, ce qui le gêna instantanément. Il détourna les yeux de sur sa prise, un peu mal à l’aise de voir la tête d’Aleksis presque entre ses jambes. Cette position était inconfortable, pensa-t-il, mais il n’avait pas envie de bouger. Ses mains appuyèrent plus fortement sur le buste du brun, tandis qu’il se penchait un peu plus vers lui. Ses ongles s’enfoncèrent involontairement dans la peau blafarde de son prisonnier alors qu’il murmura :

« Call me oppa, please. Me is oppa you. Ok? »

Ça semblait tellement important qu’il le dise, soudainement. Ça lui chatouillait l’estomac, ça le rendait impatient. Il n’aurait su dire pourquoi, mais Aleksis devait le dire. Si l’autre refusait, il devrait rester dans cette position – Chim Dae avait clairement l’avantage assis sur lui, au moins, ça pourrait le conforter jusqu’à un certain point. Aleksis n’avait qu’à lui donner ses cours installé comme ça, point final.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aleksis Cole
Patient
avatar

Sexe : Masculin
Nombre de messages : 628
Age : 26
Nationalité : Australien

MessageSujet: Re: You Teach Me, I Teach You [CLOS]   Jeu 27 Jan - 2:05

Je ne pensais qu’à ça. Me laver la bouche avec du savon. Me gargariser durant une heure. Me brosser les dents jusqu’à m’irriter les gencives. Me frotter les lèvres à l’aide d’une laine d’acier. M’arracher la langue s’il l’avait fallu. N’importe quoi. J’avais encore l’impression de sentir sa langue contre la mienne. Elle s’était infiltrée entre mes lèvres comme un serpent prêt à mordre sa proie. Il m’avait effectivement mordu afin que j’entrouvre ma bouche. Je me repassais la scène mainte fois avant d’exercer un quelconque mouvement.

Il me fait tomber et je me retrouve sur lui. La tête près de la sienne. Même trop près. Il me parle encore dans son dialecte. Je vais pour riposter lorsque ces immondes lèvres se collent aux miennes. Puis sa langue… Sa langue!

Le temps que je reprenne mes esprits suite à ce choc, je me retrouvai sous lui en plus mauvaise posture. Sa respiration emplissait la pièce. Je suffoquais quelque peu sous son poids. Plus lourd que moi, je le sentais s’appuyer sur mon thorax. À un moment, il contracta ses cuisses m’écrasant un peu plus les côtes. J’émis un léger grognement de douleur. Pris, je ne cherchais qu’à m’échapper, mais je ne savais comment. Il m’était déjà difficile de faire le moindre mouvement dans la situation actuelle que toutes tentatives auraient échoué.

Sa voix me fit frémir. Que voulait-il de moi? Je remuai, essayant vainement de me retirer de son emprise. Secouement du corps… qui ne fit que le faire avancer sur ma poitrine rapprochant son entrejambe de mon visage.

I don’t wanna teach you anything.

J’avais crié. Je sentis que j’étais sur le point de fondre sous cette pression constante. Je ne voulais plus lui enseigner. Je voulais remonter dans le temps et n’avoir jamais accepté de devenir le soi-disant enseignant d’un asiatique quelconque. Lorsqu’il se pencha, je ne pus me retenir de gémir à nouveau. Ses ongles me rentrèrent dans la peau, la marquant de fins traits rouges sur fond laiteux. Je réussis in extrémisme, et par une contorsion digne d’un spectacle de cirque, à lui mordre le poignet. Ce n’était pas le même combat qu’avec le Doc. Celui-ci était plus réel. Je savais que le singe aurait pu m’étrangler sans avoir aucun scrupule. Le Doc n’aurait qu’à remplir un petit papier signalant mon décès à Mère. À la différence que si je mourrais dans son bureau, ou n’importe où, et que l’on pouvait remonter jusqu’à lui, ce serait la fin du CSHEMAS. J’avais une certaine garantie de survie lorsque je rentrais dans le bureau aux mille miroirs.

Get off me.

Suite à ma première attaque, j’essayais un coup de tête. Malgré le fait qu’il se soit lui-même rapproché, je ne pouvais encore attendre ses parties sensibles. Meilleure technique d’auto-défense… viser les noix. Technique de fille, certes, mais toujours efficace.

Let me go.

Oppa… que signifiait ce mot. Voilà maintes fois qu’il me le répétait. Têtu comme une mule, je me refusais de le lui dire.

Your name is Chim Dae.

Le ton sombre de ma voix démontrait toute mon animosité face au singe. Finalement, une pensée me frôla l’esprit. Je ne savais pas pourquoi il était au centre. Et s’il était un agresseur d’hommes? Nous avions bien un agresseur d’enfants pourquoi pas un de la gente masculine. Le Doc m’avait dit qu’il n’était pas dangereux. Sur quel critère pouvait-il le considérer non dangereux? Beaucoup de gens se trouvaient enfermés suite à un meurtre, voire plus. Je regardai le visage de mon assaillant puis je hochai la tête. Pas lui. Sûrement pas lui. Il ressemble trop à singe pour…

Je sentis qu’il s’avançait… encore. Je pris peur. J’étais foutu, je le savais. Je mis mon orgueil de côté. Je fermai les yeux tout en tournant ma tête. Ce ne fut qu’un murmure pour commencer.

F*** you...Oppa…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Yun Chim Dae
Patient
avatar

Sexe : Masculin
Nombre de messages : 28
Age : 28
Nationalité : Coréen

MessageSujet: Re: You Teach Me, I Teach You [CLOS]   Ven 28 Jan - 22:23

Chim Dae fit mine de ne pas avoir entendu, se massant tranquillement l’intérieur de poignet. Il sentait la satisfaction monter en son fort intérieur. Mais son contentement restait entaché par les mots crus qu’Aleksis intercalait entre ses phrases. Les insultes étaient peut-être son seul moyen de défense dans sa situation, mais cela n’excusait pas leur emploi. Chim regarda son prisonnier : il avait la tête tournée sur le côté, les yeux fermés, le visage plissé par la peur et il respirait par petites bouffées. Est-ce qu’il suffoquait? Ce serait bien le comble; Chim n’était pas si lourd, quand même! Il se redressa un peu, tentant de mettre un peu moins de poids sur la poitrine d’Aleksis.

« You ok? »

Il se moquait un peu de la réponse du Blanc, la question n’était pas des plus sérieuses, comme n’importe quel témoin aurait pu le deviner. Chim Dae voulait juste voir si l’autre allait garder ses bonnes habitudes lorsqu’il lui répondrait. S’il répondait, bien entendu. Aleksis avait l’air d’être figé dans une crise de terreur bornée qui ne faisait ni chaud ni froid à son agresseur. Le Coréen était d’ailleurs beaucoup plus détendu depuis que le mot magique s’était échappé des lèvres de son otage. Il n’avait pas perdu la main quand il s’agissait d’intimider les gens, ou de les forcer à faire ce qu’il voulait : c’était une bonne chose à savoir dans ce centre où, semblait-il, c’était la seule façon de se faire comprendre. Chim Dae lâcha son poignet endolori par les dents d’Aleksis et porta sa main à sa bouche, baillant. Et tomba lourdement en avant sur l’Australien. Endormi. Flasque. Aussi inoffensif qu’un ours en peluche.

Sa respiration était lente et profonde tandis que ses yeux s’agitaient, comme possédés. Il rêvait peut-être, appréhendant son réveil avec des cauchemars. Il se mordrait les doigts d’avoir agit aussi stupidement, d’avoir pris le dessus sur un adversaire sans le vaincre entièrement, et d’avoir totalement baissé sa garde. Il perdait, au final.

Et, en plus, il n’avait pas appris un seul mot d’anglais depuis que son professeur attitré était entré dans la pièce.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aleksis Cole
Patient
avatar

Sexe : Masculin
Nombre de messages : 628
Age : 26
Nationalité : Australien

MessageSujet: Re: You Teach Me, I Teach You [CLOS]   Sam 29 Jan - 15:11

Avais-je peur de Chim ? Pas vraiment. J’avais pu côtoyer des garçons beaucoup plus intimidants que l’asiatique durant mon collège. C’était la situation qui me rendait mal à l’aise. En fait, j’avais eu peur qu’il…

Lorsqu’il tomba sur moi, je crus un instant qu’il fut mort. Comment ? Peu m’importait. On allait m’accuser du meurtre du nouveau patient et on me garderait à jamais dans le centre. Le Doc planterait le dernier clou dans mon cercueil souriant de toutes ses dents. Il aurait été dur de croire que je n’avais rien a y à voir dans la mort du singe lorsqu’on me retrouverait dans sa chambre. J’étais foutu. Simple kleptomane, je serai devenu meurtrier sans avoir rien fait. Encore sous le corps inerte de Chim, j’entendis les battements d’un cœur. Il battait beaucoup trop lentement pour que ce soit le mien. J’étais sauvé !

Je repoussai le corps flasque du singe. Une fois libéré, je pris connaissance de mes poignets endoloris. Inspection général. Des marques rouges au niveau des épaules du aux ongles de Chim et deux autres au niveau des avant-bras. Plus de peur que de mal.

Toujours assis, je regardai le singe à mon côté. Je ne comprenais pas comment il avait pu s’endormir ainsi. Je ne connaissais aucune maladie qui nous fasse dormir en un instant. Les seuls choses qui pouvaient s’y apparenter étaient de s’évanouir ou mourir. Peut-être que l’excitation du singe avait été tellement importante qu’il s’était évanoui. Je ris à cette pensée. Je n’étais pas si attirant que ça.

Je voulu finalement sortir. Je n’avais plus rien à faire dans cette chambre. Au contact froid de la poignée, je sus quelle ne s’ouvrirait pas. Un patient ne devait pas entrer dans la chambre d’un autre patient. Encore moins s’enfermer les deux ensembles. Elle devait s'être barrée lorsque l'asiatique l'avait fermé brusquement ou quelqu'un l'avait fait de l'extérieur. Je pensai immédiatement au Doc. Je commençai à stresser. Je frappai espérant que l’on m’entendrait de l’autre côté. Il ne semblait avoir personne. Ni infirmier, ni patient.

Je voulais sortir.

Je regardai à nouveau Chim Dae. Que ferrait-il une fois réveillé ? M’attaquerait-il à nouveau ? Voudrait-il ma mort ? Essaierait-il de me… une seconde fois ?

Je devais sortir.

Je frappai plus fort tout en criant d’ouvrir. Il devait bien y avoir quelqu’un. N’importe qui. Le Doc devrait bien envoyer quelqu’un. Il le devait… mais le ferait-il. Certainement pas. Assis devant son écran, il devait se délecter de la situation. Je ne m’arrêtai qu’une fois certain que personne ne m’entendait. La tête contre la porte j’attendis.

À un moment, j’entendis le cliquetis du verrou. Je reculai trébuchant entre les pattes du singe tombant sur lui. Dans ma chute je me retournai. Cette fois, les positions étaient inversées. Lui dessous, moi dessus. Un rire par-dessus mon épaule me fit me redresser en un instant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Yun Chim Dae
Patient
avatar

Sexe : Masculin
Nombre de messages : 28
Age : 28
Nationalité : Coréen

MessageSujet: Re: You Teach Me, I Teach You [CLOS]   Sam 29 Jan - 20:46

La première sensation dont Chim Dae prit connaissance, avant même d’être tout à fait réveillé, fut d’avoir mal. On lui écrasait la tête contre le mur de sa chambre, ses bras remontés dans son dos et maintenus par des menottes en plastique incassable. Il sentait qu’on l’avait piqué au bras, ce dernier chauffant de façon anormale. En ouvrant les yeux, il vit qu’Aleksis étant dans la même situation que lui, son visage encastré dans le plâtre de la pièce par une paire de mains appartenant à un monstre. L’Australien semblait furax, ce qui fit sourire Chim : il lui adressa un clin d’œil amusé.

Son visage fut soudain décollé du mur, férocement tiré en arrière par une poigne de fer au niveau des cheveux du Coréen. Il sourit bêtement suite à cette démonstration de force animale. Il sentait son cœur battre comme s’il avait couru un marathon, sa respiration étant tout aussi accélérée. On l’avait forcé à se réveiller, il devina, sentant déjà son cerveau commencer à fonctionner anormalement vite. Injection d’un dérivé amphétaminique, sans aucun doute. Cela supprimait, temporairement et pour une courte durée, l’envie de dormir; les effets secondaires décourageaient normalement son utilisation, sauf dans les cas de force majeure.

« Allez les filles, quelques heures dans les salles d’iso devraient vous remettre les hormones en place. »

Chim Dae ne comprit pas un traître mot de ce que l’infirmier lui disait mais il s’efforça de marcher dans la direction qu’on lui indiquait. On l’encadrait de manière trop musclée pour qu’il tente quelque résistance que ce soit, de toute façon. Il ne broncha pas lorsqu’on lui tira les cheveux pour le faire tourner, ni lorsqu’on le poussa sans douceur dans une cellule d’isolement individuelle. Assit au milieu de la minuscule pièce, il regarda les infirmiers refermer la porte d’un œil absent, préoccupé par ses pensées. Il murmura en réponse au cliquetis des verrous.

« La prochaine fois, Aleksis, la prochaine fois… »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: You Teach Me, I Teach You [CLOS]   

Revenir en haut Aller en bas
 

You Teach Me, I Teach You [CLOS]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» I'll teach you the art of being a doll ? [Finiiiiie :D]
» Edward Hannibal " Blackbeard " Teach - Carnet de bord ? !
» La Nouvelle Recrue [Pv : Marshall D. Teach]
» Le bal du clos aux lys - j'veux pas y aller tout seul
» Partition mythique [Clos]
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Asilum :: CSHEMAS: Intérieur :: Chambres-