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 Ève (Ouvert aux intéressés)

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AuteurMessage
Elizabeth Bajmoczy
Patiente
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Sexe : Féminin
Nombre de messages : 7
Nationalité : Hongroise

MessageSujet: Ève (Ouvert aux intéressés)   Lun 31 Jan - 23:57

La porte venait d’ouvrir sur une salle d’isolement. Un seul infirmier avait été jugé suffisant pour la tâche puisque la prisonnière de sa poigne de fer n’opposait aucune résistance. La jeune femme franchit la porte contre son gré, se retournant vivement vers son geôlier, ses longs cheveux roux ondulèrent jusqu’à ses épaules, suivant son mouvement.

-Lâchez-moi, monsieur, je ne cesse de vous répéter que je n’ai rien fait.

Elle planta un regard assuré dans les prunelles impénétrables du gardien. Elle se tenait droite, fière, digne, inébranlable. Elle aurait pu se prétendre hautaine, innocente de tout crime et vexée de toute accusation. On l’aurait cru. Ses longs cils battirent sur ses paupières alors qu’elle usa de charme en vain contre le membre du personnel. Son léger froncement de sourcil et son visage empreint de consternation n’importunèrent pas une seconde l’infirmier.

-Si. Vous avez perturbée une de nos patientes. Et vous le savez.

-C’est absolument faux! Cette fille ne sait faire aucune différence entre des mots réellement blessants et une simple plaisanterie! Est-ce de ma faute si elle manque d’humour?

L’homme ne broncha pas tandis qu’elle le perçait de son regard émeraude.

-Je trouve vos mesures trop sévères. Votre sanction, injuste. Il n’y a eu aucune commotion-

-La patiente a fui en criant. Vous avez troublé la paix de la salle commune et d’autres patients ont dû être ramenés à leurs chambres respectives. Vous trouvez cela normal?

-Dans votre cas, ça doit être banal!

Il la toisa puis haussa les épaules.

-Hm, vous êtes tous aussi bornés les uns que les autres. Et c’est moi qu’on dit « inhumaine »! Je voulais sympathiser et voilà qu’elle pique une crise. J’ai le mérite d’avoir tenté au moins.

Elle sourit largement, un sourire tellement éblouissant qu’elle ferait le fondre le cœur de tout homme. Mais elle ne parvint qu’à arracher un petit sourire à cette armoire à glace.

-C’est ça, c’est ça. Moi, j’ai le mérite de ne pas me faire avoir par des femmes comme vous.

Et sur ce, il ferma la porte de la prison. Elizabeth se raidit, n'appréciant pas la solitude mais elle répliqua de sa voix moqueuse.

-Ha! C’est ça! Riez tant que vous voulez, moi aussi je ris! Vous me faites pitié d’être si imbéciles.

La rousse ricana, un petit rire léger et cristallin qui s’éleva doucement de sa gorge. Une lueur traversa ses yeux.

-Et puis, vous ne me dérangez pas du tout. Vous ne me perturberez pas, si c’est ce que vous cherchez. C’est tellement futile d’emprisonner les gens pour les ramener à la raison!

Elle perçut un grognement de la part de son gardien puis des pas qui s’éloignaient. Elizabeth porta son regard sur la pièce uniformément blanche qui l’entourait. Pas du tout gênée par cet endroit clos et oppressant, trop pur, trop sobre, trop petit, étouffant pour n’importe qui d’autre. L’uniforme du centre ne l’embêtait pas, le blanc était d’ailleurs dans sa palette quoique lui conférant un teint encore plus pâle comme la mort. Mais étrangement d’une grande beauté dans son image de pureté. Pureté tout à fait fausse, qu’elle défendra pourtant à l’emploi de ses atouts.

-Un peu de temps seule me fera du bien. Réfléchir. Oui, c’est un bon départ. Hm, comment vais-je pouvoir m’attirer l’attention de ce cher Millet? murmura la rouquine, prononçant suavement ces derniers mots.

Elle sourit rien qu’à cette pensée. Se rendre intéressante, être vue, remarquée, admirée ou crainte n’avait aucune importance. Du moment qu’on prenait conscience de sa présence. Du moment qu’elle marquait les esprits.

Elizabeth s’assit sur le sol avec majesté, replaça une mèche de cheveux derrière son oreille, et attendit. Patiente. Muette. Élégante. Pas d’énervement, de panique, rien. Immobile et de marbre. Un modèle exemplaire.

J’ai passé les dernières années de mon ancienne vie enfermée dans le noir à n’être nourrie que par une mince ouverture. Un si faible halo de lumière baignait mes ténèbres et personne ne pouvait plus me voir. Être enfermée à nouveau est désolant mais je trouve que cette fois, c’est nettement mieux. Notamment parce qu’il ne s’agit pas d’un endroit sombre et humide mais d’une pièce blanche, lumineuse et que je sais que je serai libérée d’ici peu. Il n’y pas de quoi en faire un plat, quand on a connu pire. Ils ne peuvent m’atteindre, ces docteurs, mais ils ne le savent pas, les pauvres…
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Luna Bobin
Patiente
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Sexe : Féminin
Nombre de messages : 546
Age : 40
Nationalité : Française

MessageSujet: Re: Ève (Ouvert aux intéressés)   Ven 25 Fév - 10:43

_ « Que voulez-vous que je fasse ? Vous l'avez déjà enfermé en cellule d'isolement, elle n'embêtera personne ici. » rappela Luna d'un ton calme tandis qu'un infirmier lui tenait la lourde porte battante. La jeune femme pénétra dans le couloir carrelé des salles d'isolement.
_ « On ne pourra pas la garder éternellement, et elle recommencera ! Elle ne se calmera pas d'elle même ! » assura l'armoire à glace d'un ton buté.
_ « Attendez ! Je croyais qu'elle avait juste essayé de « sympathiser » avec une autre patiente... » Elle avait un peu haussé le ton puis se repris.
_ « Qui s'est enfuit, en larme, et en hurlant ! » rappela l'infirmier.
_ « Ce qui a déclenché une certaine hystérie collective dans la salle commune. » conclut Luna en penchant la tête sur le côté, ses longs cheveux châtains tombant sur ses épaules en une vague souple et gracieuse. Elle leva les yeux en soupirant, les bras croisés.
Il n'était pas si étonnant que ça est si mal tourné ! Il était difficile de se faire des amis ici, ni même de savoir à qui faire confiance. On pouvait déjà exclure les patients apathiques mais il était plus compliqué d'évaluer l'état mental d'autres patients, du moins suffisamment pour établir si, oui ou non, il était possible d'établir une quelconque relation sociale. Cependant, de ce que l'infirmier avait bien voulu lui décrire de la patiente enfermée, elle avait plutôt l'air intelligente et déterminée. Orgueilleuse, trop sure d'elle et autoritaire, avait également aboyé l'infirmier. Vantarde aussi semblait-elle se rappeler.
_ « Qu'attendez-vous de moi ? » demanda Luna tandis que l'infirmier présenta une porte de métal.
_ « Que vous lui fassiez comprendre qu'il y a un certain comportement à adopter ici. »
*Rien que ça ! * pensa la jeune femme, passant une mèche de cheveux derrière son oreille.
L'infirmier ouvrit la porte et Luna entra. L'infirmier resta dans l'embrasure de la porte. Luna lui jeta un regard ostensible. Puis, comme il ne se décidait pas, ajouta, plissant le nez :
_ « Ca va aller ! Elle ne me mangera pas ! »
Bien sûr, Luna avait conscience que dans ce centre c'était hasardeux d'affirmer une telle chose mais elle préférait de loin rester seule avec cette jeune femme. L'infirmier s'inclina et Luna put librement se tourner vers la prisonnière.

*Woaw ! * fut sa première réaction.
La jeune femme en face d'elle était grande, très mince et blanche. Une liane aux cheveux rouges pensa Luna qui se sentit bien ordinaire et sans consistance par rapport à l'éclat de cette femme avec sa peau laiteuse, ses longs et lisses cheveux châtains, des yeux de la même couleur (la couleur la plus ordinaire possible !). Elle fut un instant renvoyée à son image de fille moche, molle, et nouille. Elle effaça cette pensée, agacée. Elle examina à nouveau l'autre femme. Assise tranquillement. Calme, assurée. Déterminée. Sa cellule ne l'avait pas affecté d'un pouce. Luna sourit.
Elle avait des yeux verts magnifiques et ses cheveux contrastaient tellement avec la blancheur de sa beau.
Luna fit deux pas vers elle et s'assit tranquillement en tailleur en face d'elle.
Elle était belle, toute en longueur et en finesse.
Un frisson remonta le long du dos de la jeune femme. De ses ongles, Luna caressait son autre bras. Elle avait toujours eu des mains fines et froides. Elle prit une partie de ses cheveux entre ses doigts et commença à les laisser glisser dedans doucement tout en s'avouant qu'elle ne savait pas trop comment aborder cette femme.
_ « Je m'appelle Luna. Je suppose qu'on vous a largement expliquer pourquoi on a du vous enfermer. »
Il y avait quelque chose de prédateur chez cette femme. Il lui sembla que ses mots glissaient sur elle sans vraiment qu'ils ne l'atteignent, ni elle, ni ses oreilles.
« Je suis une patiente aussi mais il arrive que l'équipe soignante fasse appel à moi... » expliqua-t-elle, non sans une certaine grimace. Elle était toujours mal à l'aise lorsque c'était un membre du personnel qui l'introduisait auprès d'un patient, même si elle savait que c'était pour leur éviter des solutions plus radicales.
Pourquoi le docteure Millet avait-il demandé à ce qu'elle aille raisonner cette patiente ?
_ "Et, vous, vous vous appelez... ?"

[Désolée, c'est court, je ne savais pas jusqu'où aller...]
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Ève (Ouvert aux intéressés)

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