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 Autour d'un gobelet de lait

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Aleksis Cole
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Sexe : Masculin
Nombre de messages : 628
Age : 26
Nationalité : Australien

MessageSujet: Autour d'un gobelet de lait   Sam 5 Mar - 0:29

Je n’avais pas le moral depuis un moment. En réalité, depuis que j’avais reçu un paquet d’Australie. Le papier froissé, déchiré et mal recollé prouvait qu’il avait été préalablement ouvert. Ce n’est que le lendemain que je m’étais décidé à prendre connaissance de son contenu. C’était de mon grand frère. Il m’avait envoyé un album photo. Je ne reconnus pas l’écriture sur la première page. Ce n’était ni celle de l’un de mes frangins, ni celle de ma mère.

Mon cher Aleksis,

Nous pensons tous à toi et on espère te revoir bientôt.

Ariane

Ce ne pouvait être ma Ariane. Pas notre voisine. J’eus la confirmation dès les premières pages. Mon frère s’était marié avec celle que j’aimais durant mon enfance. Sur une quinzaine de photos, je voyais avec horreur le couple parfait que formaient Christopher Cole et Ariane Harrison. Les deux nouveaux mariés souriaient bêtement et ils allaient si bien l’un avec l’autre que ça en était agaçant. L’ex-joueur de rugby du Newington College avec l’ex-présidente de l’association étudiante de l’école anglicane St Hilda. La belle et le bête. Je ne pouvais croire que mon frère avait pu me faire ça. Il savait que je l’avais aimé. Elle était mon amour impossible. Il ne pouvait pas m’avoir fait ça.

Je passai les quinze autres photos avait de tomber sur celle concernant Anael, mon frère cadet. Il était la goûte d’eau de Mère. Quasiment identique. Tout comme Christopher, il faisait parti de l’équipe de rugby. En deux ans, Anael avait tellement changé. Un mois après mon départ pour l’Antarctique, mon petit frère graduait l’école primaire. Ariane semblait avoir pensé bien faire en ajoutant des photos de lui entouré de ses amis. Je réalisai que je n’avais jamais été présent pour lui. Nous étions de même sang, mais je le connaissais tellement peux. A la maison, j’étais toujours soit enfermé dans ma chambre, soit au port.

Je tombai finalement sur un nouveau set de photos. Une photo de famille, Mère, Christopher, Ariane et Anael. Ils semblaient tous tellement heureux. Mère semblait heureuse. Sur la suivante mon cœur s’arrêta net. Elle se trouvait avec Henry Douglass, ancien assistant de Père. À sa mort, il avait promis à Mère de toujours être là pour la famille. Durant douze ans, il n’avait pas tenu sa promesse. Maintenant, Mère et lui étaient… ensembles ? Comment Henry avait-il pu trahir ainsi la mémoire de Père. J’eus le goût de vomir. Mère était si pathétique.

Les dernières photos étaient de celles que j’avais prises lors de mes années de collégien. Alors que j’allais fermer l’album, j’aperçus mon père. Il posait devant son bateau l’éponge à la main. J’étais à ses pieds et trempé de la tête aux pieds. Je retirai l’image avant de la mettre sous mon oreiller.

Je dépliai la lettre de Christopher.

Salut Alek,

J’espère que tout va bien et que tu t’amuses. Comme tu as vu, nous avons tous continué dans nos vies. Ariane et moi nous nous sommes mariés en novembre dernier. Ce fut parfait, mais il me manquait seulement mon petit frère pour homme d’honneur. Nous n’avons jamais été très proches et j’en suis désolé. Nous sommes de même sang et j’aurais dû te protéger les dernières années.

Anael devient un vrai petit homme. Il est demi d’ouverture comme je l’étais au Newington. Comme tout Cole qui se respecte, il mène la vie dure aux différents professeurs du collège.

L’album photos fut l’idée d’Ariane. Elle a pensé que tu pourrais apprécier. Elle me parle souvent de toi et trouve désolant ta situation actuelle.

C’est tout de notre côté. Rétablis-toi vite.

Christopher

PS : Mère a vendu le bateau de Père au voisin juif. Elle dit que c’est pour payer ton traitement.

Elle n’avait pas pu me faire ça. Il était à moi. C’était mon héritage. Père me l’avait légué. Je me promis de récupérer mon bateau par n’importe quel moyen et je partirais finalement pour des mois.

Je broyais maintenant du noir. Quoi que le paquet fût envoyé avec de bonnes intentions, elle me rappelait la vie que je manquais et que j’aurais eue en Australie. J'aurais aimé mieux être dans l'ignorance de ce qu'il s'y passait.

Je depuis un instant regardais la photo de Père tout en jouant avec ma nourriture. Le tout était devenu froid depuis longtemps. J’en avais marre de ce menu spécial diabète. J’en avais marre des rencontres pour mon diabète. J’en avais marre d’être un diabète.

Un bruit de plateau à ma droite me fit relever la tête. Qui osait s’asseoir à mon côté ?
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Yun Chim Dae
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Age : 27
Nationalité : Coréen

MessageSujet: Re: Autour d'un gobelet de lait   Mar 15 Mar - 23:46

Le plastique claqua contre la table lorsque Chim Dae laissa tomber négligemment son plateau. Il sentait un regard brulant se tourner vers lui tandis qu’il tirait la chaise pour s’asseoir devant son repas. Depuis un moment déjà, il surveillait Cole, avide de trouver un instant où il pourrait reprendre leur jeu là où on l’avait interrompu. Malheureusement, quelqu’un, quelque part, avait d’autres projets pour Chim Dae, et ce dernier se retrouvait souvent à faire des tests ou d’autres analyses dans l’infirmerie lorsqu’il essayait de s’approcher d’Aleksis. Aujourd’hui, il avait finalement sa chance.

Le Coréen regardait du coin de l’œil ce qui occupait la table devant son adversaire : un repas à peine entamé encadré d’un album photo et d’un morceau de papier gribouillé. Des nouvelles, à ce qu’il pouvait comprendre, et pas des meilleures selon ce que Chim décryptait de l’aura que dégageait son voisin. Ça lui étira le coin des lèvres en un sourire mauvais, tandis que, de sa main droite, il utilisait sa fourchette pour fourrager dans sa nourriture. Il sentait la fureur d’Aleksis couler vers lui comme un fleuve sans fin et il savait que cette nouvelle rencontre ne se terminerait sans doute pas très proprement – c’était ce qu’il voulait, en quelque sorte. Avant, il aurait sans doute intégrer l’Australien à son groupe, après lui avoir fait comprendre qui menait et pourquoi. Plus récemment, il l’aurait simplement ignoré. Mais maintenant… Il voulait en finir avec lui. Aleksis avait des comptes à lui rendre, des excuses à lui faire. Il était encore plus arrogant que Chim lui-même. Le Coréen ne voulait que rétablir l’équilibre des forces qu’ils avaient tous les deux réduit en petits morceaux lors de leur première rencontre. Il ne voulait que ça, bien sûr.

On lui avait trouvé un nouveau professeur depuis la fois où on les avait envoyés en isolement. Un Américain, plus vieux, plus sérieux. Un docteur. Le Dr. Dâgar. Pas spécialement patient et probablement forcé d’exécuter cette tache d’enseignement, le médecin avait toutefois pris son travail au sérieux et avait réussi à transformer l’Asiatique balbutiant difficilement quelques mots en une personne capable d’entretenir une conversation de base. Il fallait dire que Chim Dae l’avait pris plus au sérieux que son précédent professeur – et qu’il n’avait pas envie d’avoir à faire aux méthodes du Dr. Millet si ses études ne donnaient pas de résultats. Chim n’avait aucune idée de ce qu’on avait fait à Aleksis pour avoir autant manqué de professionnalisme, mais ça lui avait coûté, à lui, de se moquer du système.

Chim Dae sentit l’agressivité monter en lui comme du poison, réflexe qui lui était naturel devant une situation tendue. Il aurait des problèmes, mais il s’en fichait. Mâchonnant une bouchée de nourriture molle et aigre, il se saisit de son carton de lait et le vida sur les pages cartonnés qui s’étalait devant son voisin de table. Il détestait le lait. Il détestait qu’Aleksis ait fini ex-æquo avec lui lors de leur dernière rencontre. Il détestait qu’un de ses cadets le rivalise.

Le carton tomba de la main du Coréen lorsqu’il fut vide, dans un bruit mouillé, sur l’album. Les dents serrées, il gardait les yeux fixés sur son cabaret. Cole était réputé pour ses éclats de colère terribles et pour créer le chaos dans le centre chaque fois qu’il en avait l’occasion. Est-ce que Chim pourrait s’en faire un égal?
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Aleksis Cole
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MessageSujet: Re: Autour d'un gobelet de lait   Mer 16 Mar - 22:41

Mes yeux devinrent deux fentes. Il n’osait pas vraiment venir s’asseoir à côté de moi ? Je n’avais plus revu le singe depuis notre dernière mésaventure. On m’avait mis en isolement une journée seulement, mais ce fut assez pour quadrupler ma haine pour Chim. On ne m’avait plus reparlé de lui enseigner la langue de Shakespeare et j’en étais des plus heureux. Que je me batte étais devenu une chose banale dans le centre, donc les conséquences devenaient, elles, coutumières.

Je fis le tour de la cafétéria du regard. Vide. Je repoussai mon cabaret plus loin afin de pouvoir me distancier du singe. Je reculai ma chaise avant de m’avancer à nouveau. Ce n’était pas à moi de me changer de place. J’étais là avant lui et je n’avais qu’à oublier la présence du coréen. Je me concentrai à nouveau sur ce que je faisais juste avant d’être perturbé soit brouiller du noir sur la lettre posée devant moi.

Mon cerveau prit un moment avant d’analyser ce que je vis. Je regardai Chim vider son gobelet de lait sur l’album et la lettre. Je fermai les yeux. Comme à mon habitude, j’essayai de me calmer. Le singe désirait jouer les caïds, mais il n’aurait jamais le dessus. Ma place au centre était faite depuis trop longtemps pour qu’un asiatique bête comme ses pieds vienne me faire du trouble. Lentement, je plaçai l’image de Père dans ma poche puis je me levai. Je déversai mon propre lait sur la tête de mon ennemi. Je regardai le liquide couler le long des traits tendus de mon aîné.

Le lait est bon pour la peau petit singe.

Je bouillonnais de rage. Je me félicitai un moment car je n’avais pas explosé. Je savais désormais que Chim n’était venu que pour m’offusquer et qu’il chercherait tous les moyens pour me provoquer. Il désirait mon trône et je ne le lui laisserai pas. De toute façon, il n’y survivrait pas. Avec mon titre venait les rencontres avec le Doc.

Après avoir ramassé mon l’album d’Ariane, laissant le torchon de mon frère je m’apprêtai à partir.

Il faudra trouver mieux oppa.
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