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 Hypnophobia [CLOS]

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Dr. Clarence Millet
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MessageSujet: Hypnophobia [CLOS]   Lun 13 Avr - 18:48

Deux coups clairs résonnèrent contre la porte de la salle. Ravi, le maître des lieux actionna l’ouverture automatique. Un jeune homme boiteux fut introduit à l’intérieur. Aleksis. Si le patient fixait obstinément le sol, son médecin, lui, l’observait d’un œil intéressé. Il en avait presque oublié son pyromane ambulant – mais celui-ci arriverait un peu plus tard, ne serait-ce qu’à cause des éventuels troubles qu’il causerait avant de bien vouloir se rendre.

« Asseyez-vous monsieur Cole, je vous en pris. »

S’il avait eu le choix, peut-être l’Australien aurait-il tenté d’opposer une résistance aux ordres mi-cachés de son psychiatre, mais la présence d’un gorille en uniforme derrière lui dû l’en dissuader – gorille que le chef de l’établissement s’empressa de congédier une fois le malade confortablement installé, pieds et mains liés. Clarence resta à observer sa proie ligotée jusqu’à ce que la lourde embrasure fut fermée et qu’un déclic électrique annonça que le verrou était bien enclenché. Un sourire prédateur s’étala sur le faciès du docteur tandis qu’il appuyait ses deux paumes sur son monstre en bois pour se relever.

« Je suis déçu de votre comportement, monsieur Cole… »

Voix traînante, désagréable : le doc savait y faire avec les nerfs de la plèbe. À chaque rencontre, c’est différent. Si vous n’êtes pas fou en entrant à Asilum, vous le devenez en très peu de temps. Au bout d’un certain temps, vous croirez avoir tout vu. Il n’en sera rien. Tous vos rendez-vous auront lieu dans cette pièce, la « salle aux miroirs ». C’est le bureau du doc. Il semble passer sa vie entière là-dedans, vautour au regard acéré qui devine ce que vous allez faire avant même que vous en aillez eu l’idée. Alors, il vous convoque. Tout le temps. Avec ou sans raison. Rencontre éclair ou interminable. Muette ou dialoguée. Elles commencent toujours de la même façon pourtant : asseyez-vous… je suis déçu de votre comportement… N’importe lequel des patients du CSHÉMA pourrait vous répéter ces phrases par cœur. Et pourtant, pourtant, ils appréhendent tous, ou presque, chaque rencontre.

Dix mille reflets et un Clarence s’approchèrent de leur victime, leurs doigts croisés sur leurs poitrines. Ils observent tous attentivement leur prise, prêt à capter la moindre émotion délectable qui pourrait s’en échapper. Parfois il suffit de s’en approcher et elle frissonne. Leurs pattes griffues le long de son petit cou lui arrachent souvent quelques larmes. Leurs mille et un souffles mielleux dans sa petite oreille de souffre-douleur la font gémir d’horreur. Mais c’est le regard de la bête que la proie s’efforce de ne jamais croiser : deux pupilles folles qui contiennent toute la démence dont on accuse leurs cible, des yeux au reflet amoral, réjoui et divinement sadique. Et aucune parcelle d’humanité.

Faisant volte-face, le docteur tourne le dos à l’un des quelques martyrs du centre, sans pour autant le quitter des yeux. Il importe peu d’être dans un quelconque endroit de la salle pour voir à un autre emplacement : les terrifiantes glaces compensent tout idée de déplacement qu’on aurait put avoir. Mais peu s’en méfie, et il suffirait qu’Aleksis relève un peu les yeux pour croiser les prunelles dansante de son roi.

« Je croyais, monsieur, que vous aviez bien compris qu’il était interdit de s’acoquiner avec les autres rats de votre espèce. Il s’agissait là, bien entendu, de façon préventive à ce que les patients ne s’encouragent pas les uns, les autres dans leurs démences respectives. Vous n’auriez aucune affinité avec un schizophrène, voyez-vous, et c’est justement ce que le principe recherche. Imaginez-vous donc ma surprise – et ma peine – lorsque je vous ai vu avec un pyromane, discutant allégrement de sa douce passion. Monsieur Cole, je… »

S’il restait poli, certains mots s’échappait parfois de la pensée de docteur vers sa langue. Il les essuyait d’un cillement de paupière et, généralement, ses sujets ne faisaient aucun commentaires – personne ne parlait beaucoup de toute façon dans la salle aux miroirs. Mais lorsque le ton de Clarence devenait ennuyé, voir triste, comme il venait de le faire, cela annonçait des malheurs.

« Monsieur Cole, je crois que nous allons devoir prendre des mesures exceptionnelles pour que ce genre de situation ne déroge plus à la sécurité de notre établissement. Vous comprenez ce que cela signifie, monsieur? Avez-vous quelque chose à proposer afin de protéger vos semblables de vous-mêmes? »

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Dernière édition par Dr. Clarence Millet le Ven 15 Mai - 21:08, édité 3 fois
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Aleksis Cole
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MessageSujet: Re: Hypnophobia [CLOS]   Lun 13 Avr - 20:09

Je ne voulais pas entendre sa voix. Toujours la même chose. Du bout des lèvres, je répétais les foutues paroles du foutu Doc. –Non, je ne veux pas m’asseoir. Oui, je ne veux pas être ici. Pourquoi? La réponse est toujours la même.- Des paroles qui ne demeurent que pensées. Lorsqu’on m’enleva la première paire de menottes, je portai ma main droite à la bouche. Ce moment ne fut qu’un bref moment.

Je suis déçu de votre comportement, monsieur Cole…

-Non? Vraiment? Vous êtes souvent déçu Doc.- Je venais de parler en même temps que le Doc. Je ne pouvais le regarder, mais j’osais ces paroles. Sa voix m’horripilait. Le Doc était un homme qui était me révulsait. Je ne voyais aucune qualité en lui. Il prenait ses patients pour des rats de laboratoire. Des déchets de la société. Il n’aidait pas à se sortir de notre trouble. Il ne m’aidait pas. Il nous enfonçait. C’était comme si je m’éloignais de la surface de l’eau.

Je continuais à fixer mes pieds. Je me voyais dans le miroir. Je voyais le Doc. Je me concentrais sur ma respiration. Ne pas se laisser faire. Résister à la tentation. Se montrer fort. Imaginer que nous sommes David et que nous affrontons Goliath. Ce récit biblique est la preuve que le plus simple des hommes peu venir à bout du plus grand. Je devins le vaincre. Lui lancer une pierre dans le front. Comme David a fait. Ce serait si facile. Pour ça, il faudrait avoir les mains libres. Ce qui était très rare dans mon cas.

Je l’écoutais d’une oreille semi-absente. Il réussissait toujours à trouver quelque chose contre moi. Lorsqu’il me dit la raison, un rire s’étouffa dans ma gorge. Ne pas montrer d’émotion. Comment peut-on avoir une conversation lorsque nous n’avons pas ouvert une fois la bouche? Je suis ventriloque moi. J’ai développé ce don durant mes longues heures à ne rien faire. J’ai une carrière qui m’attend en sortant d’ici. Je le savais. J’étais né pour faire de grande chose. Ma seule déception est que mon public croyant que c’était leur conscience qui leur parlait. Je ne recevais donc pas de grand encouragement.

Je fus surpris. Les dires du Doc me laissaient bouche bée. Je voulu me redressé, mais j’avais oublié les menottes. Là, c’était trop. J’étais considéré comme dangereux alors qu’un pyromane se promenait avec du feu. Il voulait rire de moi? Mes mains se crispèrent sur les bras du fauteuil. Je n’en pouvais plus.

Renvoyez-moi en Australie si je suis autant dangereux que vous le dites. Et même, je vous invite à la maison. Vous vous entendriez très bien avec mère. En plus, elle vous finance.

Ma respiration s’accéléra. Je serrais tellement mes mains que mes ongles m’avais ouvert les paumes. Enfin, mon regard croisa le sien. Je le fixai. Je savais que je ne pouvais gagner à ce jeu. Je devais quand même me battre. Il venait d’avoir se qu’il recherchait. J’étais pris au piège. Je ne devais pas le craindre. Je n’étais pas fou. Je résistais quelques minutes, mais ma vue se brouilla. Je secouai la tête. Partout où je regardais, il y avait le Doc. Je poussai un cri de rage.

Foutez-moi la paix. Je n’ai rien fais.

Ma voix se brisa. J'avais désormais de la misère avec ma respiration. Il avait gagné.
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Dr. Clarence Millet
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MessageSujet: Re: Hypnophobia [CLOS]   Jeu 16 Avr - 19:37

Les pupilles du prédateur se dilatèrent, synonyme universel d’une prise de drogue – ici la dopamine, sécrété directement par l’utilisateur. La souffrance des uns est la jouissance des autres, les autres étant principalement Clarence. Avant même que la fin de l’altercation verbale avancé par le saucisson sur sa chaise eut fini de résonner dans la pièce, le roi et l’esclave avait deviné la fin des évènements. Les yeux du petit captif chétif accueillir leur dominateur quelques secondes, le temps aux iris de bâtir leur nid de tyrannie dans le cœur du dominé…

Répondre ou ne pas répondre? Si l’un faisait partie des bases de la diplomatie bonne à toute profession médicale, l’autre était franchement plus tentant. Et si Clarence n’était pas un excellent diplomate, ni même professionnel, qu’il cédait volontiers à la tentation lorsqu’elle se présentait à lui, qu’il adorait faire souffrir son prochain et que ses plus grands plaisirs consistaient à s’observer dans un miroir géant tandis qu’une nymphomane attitré au téléphone de la réception (cf. Sélena) lui chantait ses louanges, le docteur restait néanmoins peu sûr du choix à prendre. La réelle cause de l’hésitation du diplômé tenait dans une balance : d’un côté, il plaçait la réplique du tact au tact, de l’autre, le regard froid et meurtrier de ses yeux couleur châtaigne. Il soupesait laquelle des deux tactiques ferait le plus de dommages, tout simplement.

Les soufflements désordonnés d’Aleksis attisèrent l’excitation grimpante du psychiatre. Fébrile, il pivota sur ses talons et parcouru les quelques pas qui le séparait de son repas en volant, presque. Effondré sur son siège, plus mou qu’un lombric assommé sous la chaleur cuisante d’un soleil de midi, le malheureux patient fut surplombé par Clarence de toute sa hauteur. Les mains bien appuyé sur les accoudoirs, à la limite acceptable pour ne pas que leurs mains se touchent, le sourire satisfait se pencha sournoisement au dessus de son inférieur. La voix tremblante d’émotion, sans toutefois être incontrôlée, le docteur brisa le silence.

« Rien fait monsieur Cole? Vous ignorez donc pourquoi on vous a envoyé ici? Une erreur judiciaire, selon vous? Ou une passe-passe d’argent peut-être… »

Pause. Le venin auditif du doc avait besoin de temps pour paralyser entièrement sa victime. Les organes internes comprimés, comme lors d’un premier amour particulièrement intense – quoique la situation de Clarence eut quelque chose de beaucoup plus vulgaire et perverse – le regard du tueur d’âme essaya de croiser celui de son adversaire. La bouche entrouverte, il devait respirer à petites lampées rapides pour compenser l’effréné rythme cardiaque qui l’agitait.

« Vous êtes dangereux monsieur Cole! Autant pour vous que pour votre environnement. Vous êtes ici pour que les gens normaux puissent vivre sainement. J’aimerais pouvoir vous dire le contraire, mais cela a tout à voir avec vous. Vous êtes le seul responsable de votre internat et serez le seul responsable de votre sortie – si toutefois vous sortez de cet établissement un jour. »

Clarence profanait un nouvel esprit, presque vierge encore, s’adonnant à son jeu préféré. Si Aleksis semblait si faible, c’était qu’il n’y était pas encore habitué. Et que ses maladies l’y rendait réceptif plutôt qu’invulnérable. Le psychiatre ne s’y aurait pas risqué avec une personnalité psychopatique – il avait d’autres distractions à lui consacrer.

Toujours penché sur le corps délicat du presque adolescent, les mains moites d’excitation, le seul mâle dominant de la salle fini son monologue.

« Bien que vous ne semblez pas réceptif à l’intégration de nouvelles mesures à votre pensionnat, j’ai moi-même une idée d’améliorations à y apporter. Nous allons commencer par une petite séance de relaxation, monsieur Cole. Lever la tête un peu. Oui, comme cela. Maintenant, monsieur Cole, je vais vous demander de me fixer dans les yeux. Ne pleurez pas. Concentrez-vous. Voilà… »

Aleksis Cole, rencontre # 34 : séance d’hypnose.

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Aleksis Cole
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MessageSujet: Re: Hypnophobia [CLOS]   Jeu 16 Avr - 22:36

Je me sentais si vulnérable. Je savais que le monstre au dessus de moi était plus fort. Je pouvais le sentir. Il était comme le lion qui mord la gazelle qui tentait vainement de s’échapper des crocs acérés de son assaillant. Je me savais fragile. Je me savais petit. À ce moment je me sentais sur le point de casser comme un bout de bois. Ma rage bouillonnait en moi. Je ne voulais que mordre ce maître. Lui faire avaler toutes ses vils discours qui ne faisaient que me faire sentir encore moins désiré.

Le Doc ne voulait pas me toucher. Je le savais. Il évitait tout contact. Il ne voulait pas être contaminé par la race inférieure. S’il avait été dans le temps de la Deuxième Guerre mondiale, il aurait été certainement l’un des chefs des camps d’élimination. Il s’occuperait dans camps de ceux ayant des maladies mentaux. Il aurait très bon. Moi, à la place d’Hitler, je l’aurais engagé. Le Doc aurait continué à dormir sur ses deux oreilles. J’en suis persuadé.

J’avais fait réagir le Doc. Ça prouvait qu’il n’était pas totalement indifférent sur mon cas. C’était un des ogres de mes cauchemars d’enfant. Toujours aussi répugnants, aussi infâmes et d’une puanteur à vous faire lever le cœur. Mon père était mon sauveur. Je fixais la porte en espérant qu’il entre dans une lumière divine, mais rien ne se produisit. Je devais me défendre par moi-même. Après « Vous êtes ici pour que les gens normaux puissent vivre sainement.», je n’en pouvais plus. J’explosais. Je n’écoutais plus ce que le Doc racontait.

J’ai fait une bêtise. Comme tout adolescent qui se doit. Combien de criminels sont encore en liberté. Combien il y a de vrais fous qui se promènent en toute liberté, alors que moi je suis pris entre ces murs? Combien de monstres tels que vous exercent leur métier en maltraitant leurs patients? Combien? Toute ma vie je me suis battu et sûrement pas pour finir ici avec un homme de votre espèce.

Je criais. Je ne pouvais plus me contenir. J’en avais peur. C’est vrai, mais je ne pouvais pas me laisser faire. Je devais me battre pour ma survie. Le plus fort l’emportera. Aujourd’hui, le Doc a remporté une bataille, mais pas la guerre. J’allais un jour l’écraser comme l’on écrase un cafard. Je devais devenir plus fort et ne m’attarder que sur le but que je venais de me fixer. Gagner contre le Doc.

Lorsque je m’emportais trop, les larmes me montaient aux yeux. Je le détestais. Je le haïssais. J’aurais tout donné pour le voir mourir sur le champ, mais voilà que je l’écoutais. Me battre pour ne rien faire. Rien n’y fit. Ma tête se releva sans que je le veuille. J’essayais de ne pas le regarder, mais encore une fois je ne pus résister à la tentation de croiser son regard. Mon regard était, désormais, comme un oiseau pris en cage. Il ne pouvait plus s’envoler au loin.

Je me sentis las tout d’un coup. Dans les pupilles du Doc, il y avait tant de détermination que je me sentais revenir en enfance face à mes professeurs. Seulement, lord de ces moments-là, j’avais le plein contrôle de mes moyens. Je commençais à me parler tout bas comme je faisais à cette époque.

Ce n’est pas ta faute. N’écoute pas. Aleksis, il ne faut pas croire ce qu’il dit. Pense à ton père. Que penserait-il te voyant ainsi. Il serait triste, mais il t’aimerait toujours. C’est n’est pas ta faute. Ce n’est qu’un idiot qui ne sait rien à rien. Il ne voit pas ton vrai potentiel. Tu vaux plus que lui…

Je me répétais c’est mots. Il ne fallait pas que j’écoute les paroles du Doc. Penser à autre chose. À l’Océan. Au vaste étendu d’eau. Ceci fonctionna durant un certain moment, mais sa voix fut plus forte. J’arrêtais tout. Mon regard cessa d’être voilé et il put en prendre le totale pouvoir.

-Je ne suis qu’un faible.-
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MessageSujet: Re: Hypnophobia [CLOS]   Mar 28 Avr - 22:23

Deux énormes pupilles maronnes se mirent à valser d’agitation devant leurs maîtresses. Imperméables aux divers affronts qu’on tentait de leur opposer, elles restaient vrillées dans les prunelles du diabétique. Les yeux bruns et mélancoliques arrêtèrent leurs mouvements, tandis que leur couleur parut s’estomper et pâlir. Un grognement satisfait retentit contre les glaces, emplissant la pièce, devenue bien silencieuse, résonnement bestial. Le patient psalmodiait dans un demi-sommeil provoqué, son docteur ne l’écoutant guère, plutôt intéressé par son reflet dans le miroir.

Ça arrivait souvent : il oubliait tous ces réflecteurs argentés et puis il finissait par croiser son regard au détour d’un tour de tête. Son rythme cardiaque s’affolait, ses mains devenaient moites et son corps entier se raidissait, sous le coup d’un violent choc émotif. Puis, il se reconnaissait, se souriait, s’adressait un petit clin d’œil amusé, se contemplait encore un instant, puis, au prix d’un ultime effort, rattacha sa vision au petit être hypnotisé devant lui.

Bien que contestée dans le milieu scientifique, l’hypnose restait un domaine efficacement prouvé. Généralement, on ne s’en servait pas pour vampiriser les pensées innocentes des malades. Généralement.

« Imaginez que vous revenez en arrière… »

Une heure passa dans le frigorifique bureau argenté tandis qu’un monologue à deux au sujet pour le moins douteux découlait de la langue du couple malade-soignant – sans qu’on sache qui fut qui. Ni que l’on sache ce qui fut dit et par qui.
Un sourire titanesque étirant son visage en une grimace hideuse tandis que ses lèvres soupirèrent :

« Maintenant, au compte de trois, vous allez oublier tout ce que nous avons dit et vous vous réveillerez… Un… Deux… Trois! »

Ses deux paumes se frappèrent au même moment. En attendant que le jeune homme retrouve ses esprits, Clarence retourna s’asseoir derrière son bureau. Il avait pris soin de détacher son patient, pour lui signifier que la séance était terminée. D’un doigté expert, il appuya deux fois sur l’icône du petit jeu de cartes sur son ordinateur.

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Aleksis Cole
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MessageSujet: Re: Hypnophobia [CLOS]   Mer 29 Avr - 18:01

Le bruit de ses mains me fit sursauter. Lorsque je revins à moi, je sentis un vide. Il y eu un moment où je ne sus plus où j’étais. Il n’y avait pas quelques secondes que j’étais encore sur les nerfs. Un doute s’installa en moi. Que c’était-il passé ici. Ce monstre était de retourner derrière son bureau. Il avait l’air satisfait de ce qui venait de réussir. Il savait ce qu’il voulait savoir.

En heure, il avait volé ma vie. J’avais parlé sans m’en rendre compte. Ma bouche était devenue un fleuve de paroles. J’avais répondu à toutes ses questions d’une voix monotone. Je réalisais, désormais, que je venais de dévoiler une facette de ma vie qui n’avait jamais été dévoilé au Doc. C’était mon trésor. Finalement, il avait fini par me le volé. Je ne savais ce que j’avais dit, mais il avait pénétrer dans mon Eden. La porte de mes souvenirs venait d’être franchie et je ne me rappelais de rien.

J’étais désemparé. Une fine brèche c’était fait dans mon esprit. À chaque seconde, elle s’élargissait. J’avais la forte impression qu’il m’avait révélé un troublant secret, mais il m’était inaccessible. Cette idée me rentrait dans la tête que je craquais.

J’étais libre de mes mouvements. Je me levai, mais au lieu de me diriger vers la porte j’avançai en direction du Doc. J’avais recommencé à trembler. Je m’agrippai à son bureau. Mes jointures étaient blanches tellement que je serais fort. Je le regardai droit dans les yeux.

Je vous déteste. Je vous hais. Vous et mère, allez brûler en Enfer.

Puis, je tombai à genoux. J’étais secoué de sanglots. Ma tête était accotée au bureau. Je ne voulais pas quitter la pièce sans savoir ce que ce démon m’avais volé. La porte s’était ouverte. Les pas d’un infirmier s’approchaient de moi. Je serrai plus fermement le bureau. Je sentis un objet sous ma main gauche. Par réflexe, je refermai mes doigts autour.

Je fus soulevé. Je ne voulais pas partir. Un moment, je me débattais tellement que j’échappai au gorille. Juste le temps de regarder en face le Doc et de lui lancer un crachat.

J’espère que vous allez mourir seul et d’une façon tellement atroce que vous n’aurez plus se petit sourire supérieur, Doc.
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MessageSujet: Re: Hypnophobia [CLOS]   Dim 3 Mai - 14:30

Embêté par le dernier geste de son client, Clarence sortit à la suite du cortège venu récupérer Cole. Le pauvre patient n’avait pu opposer aucun résistance aux 5 hommes, qui faisait chacun deux fois son poids. Ni à l’ordre cinglant que Clarence avait aboyé, perdant son légendaire calme durant quelque secondes.

« Foutez-moi ce connard en isolement! »

Le docteur ne précisa pas le nombre de jours durant lesquels Aleksis devrait supporter comme seule compagnie 4 murs isolants et sa respiration sifflante. Dans la cabine, une petite ouverture de 20 cm² disparaissait sous un pan de cloison mais s’ouvrait deux fois par jour pour laisser tomber un morceau de pain te un petit bout de viande séchée. Dans un coin de la cellule, à deux mètres de hauteur et inatteignable, munie de nettoyeurs en cas de salissure, trônait une caméra. À l’opposé de la porte, il y avait, à même le sol molletonneux, un trou faisant office d’égout à la pièce. Au-dessus, un tuyau laissait s’écouler indéfiniment un mince filet d’eau.

Si l’isolement était presque une récompense pour quelques heures, il devenait une punition cruelle après quelques jours. La faim, le bruit continu de la simili chute d’eau, les cliquetis électroniques de la caméra lorsqu’on vous observait et l’odeur persistante d’urine et de matières fécales venaient à bout des plus téméraires.

Toutefois, c’était là un préambule à ce qu’Aleksis allait devoir payer pour avoir oser toucher le doc. Ces contacts avec des êtres inférieurs le répugnaient de manières telles qu’il n’aurait pas hésité, en position carcérale, à se débarrasser purement et simplement du contrevenant. En psychiatrie, il fallait être plus fin. La possession d’armes était limitée aux gardiens du centre, et le CSHÉMA n’en possédait pas car la sécurité était assurée par la température glaciale extérieure. Et celle, intérieure, des gardiens.

Malade de honte, le psychiatre se précipita d’un pas pressé à sa chambre privée. Il se barricada à l’intérieur, le souffle court, la peur lui nouant plus profondément les entrailles à chaque seconde. Il sentait à présent l’humidité relative de son vêtement contre sa peau. Hargneux et terrifié, il en leva son habit en coup de vent. Il le jeta entièrement dans la corbeille. Complètement nu, il s’effondra sur son lit. Tremblant, il se pelotonna dans ses couvertures, étouffant un cri d’horreur dans son oreiller. Ce petit avorton d’Australien allait le lui payer!

[FIN]

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