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 De la visite

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Sélena Taddei
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MessageSujet: De la visite   Jeu 16 Avr - 19:39

Elle avançait lentement, regardant à gauche et droite, les yeux fixés droit devant.

*Ne regarde pas derrière, ne regarde pas derrière, ne regarde pas derrière*

Poursuivie telle une vulgaire proie, elle courrait encore et encore, essayant de contrôler sa respiration, de lutter contre l'asphixie qui la gagnait peu à peu. Il était derrière elle, elle pouvait presque le sentir. La gorge était en feu, le coeur sur le point de lâcher. Elle courrait pourtant toujours, courrait pour sa vie. La poursuite avait débuté alors qu'elle se promenait seule dans l'un de ces couloirs glacés et sombres dont le CSHÉMAS avait le secrèt de foutre partout. Elle était dans l'aile Ouest, venant tout juste de terminer un rapport très important quand le premier bruit s'était fait entendre, surprenant et totalement incongru dans ces lieux où le silence était de rigueur. C'était un son étrage, mi-cliquetis, mi-tintement. Au début, elle ne parvint pas à en localiser la présence et crus à une banalitée. Erreur. Le bruit s'était de nouveau laissé entendre, de plus en plus fort, de plus en plus proche. Dans le fond du couloir à sa gauche elle avait cru voir une lueur, puis le bruit avait retenti tout juste derrière elle et elle s'était enfuie, abandonnant papier et malette, en direction du foyer du centre. Arrivé depuis peu de temps cependant, dans sa hâte, elle avait manqué le couloir qui y menait. Perdue, elle fuyait depuis longtemps, trop longtemps déjà dans ses nombreux couloirs à l'obscuritée grandissante. Soudain, le pire advenu. Une porte verrouillé au fond du couloir, impossible d'aller plus loin. Elle tenta de la défoncé, qui sait, à ce qu'il parrait la peur rend plus fort. Elle recula de quelques pas, prit une grande respiration et se jeta de toute ses forces sur la pauvre porte. Rendue malhadroite par tant d'effort, elle n'atteignit pas la porte, non, elle tomba au sol bien avant. Étallée de tout son long sur le béton humide, l'affreux bruit, tel une sombre promesse emplissait ses oreilles. Elle se retourna lentement et vit...

*Non, non, non... ça va pas, c'est laite à mort*

J'appuyai rageusement sur la touche "Backspace" de mon clavier, maudissant mon manque d'inspiration et d'imagination. Je me reculai dans ma chaise regardant l'écran maintenant vierge de tout mes efforts de cette après-midi. C'était ça au CSHÉMA. Un peu de paperasse le matin et du tournage de pouce après le dîner. Ça m'emmerde tellement toute cette routine. Après les inombrables parties de Solitaire cette semaine, de Démineur la semaine d'avant et de Pinball la semaine précédant celle là, les activités commençait royalement à manquer. Et par dessus le marcher, pas une goute d'inspiration! Non mais! Je me levai et alla me faire un autre café, mon troisième ou quatrième de la journée, je sais plus trop. Je m'étallai encore dans ma chaise devant mon ordinateur, fidèle compagnon que je commaissai quand même à détester, comme tout ici d'ailleurs.

*Non mais qu'est-ce que je viens foutre en Antarctique!? Putain que j'aurais été bien sous les palmiers, moi. C'est ça! Chuis une fille de chaleur, chuis faites pour les couleurs vives, le sable, le vert, pas pour le blanc à perte de vue*

Le bureau blanc, il a ben beau être de bonne taille, il y a quoi dedant? Ma chaise, mon bureau, ma cafetière, la porte du couloir et celle des WC. Ah j'oubliais y'a aussi un téléphone, mais pour appeler qui? Et qui m'appelerait?

L'interphone choisit se moment pour me grésiller une phrase.

- Miss Taddei SHRRRRR je transfère à l'instant KRISHHHH à votre bureau Mr. SHRRRR -

Bon choueeeeeeeette, de la belle visite. Maudissant encore une fois la qulité déplorable du matériel du centre, je me préparai à recevoir mon invité surprise. Je reajustai mes lunettes, ouvris un dossier au hasard sur mon ordinateur, me fixai devant le miroir une seconde et fis pivoter ma chaise vers la porte, acceuillant celui qui osait troubler ma douce après midi de tête à tête avec la page blanche.
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Karel Stamenkovic
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MessageSujet: Re: De la visite   Lun 4 Mai - 20:53

Karel entendit le discret déclic de la porte, blindée bien entendue, qui se déverrouillait. Il poussa poliment le battant : il savait qu’il était déjà annoncé et attendu. Par qui, voilà ce qui restait à savoir.

A première vue, la jeune femme devant lui ne semblait pas faire partie du corps médical. Une certaine tension se relâcha dans les épaules du jeune homme : voilà qui la rendait d’or et déjà plus sympathique.

-Hello… I’ve been called here. My name is Karel Stamenkovic, I must be in your files.
Il retint une grimace devant son anglais laborieux. Il avait un certain talent pour les langues, mais il l’avait appris sur le tard et avait eu très peu d’occasions de le pratique en France.

-Hum, lança-t-il à tout hasard, vous ne parleriez pas français, par hasard, mademoiselle?

Il l’étudia plus attentivement : elle ne semblait pas à prime abord vraiment le genre de personne avec qui il se serait bien entendu. Elle était sûrement belle, selon des critères qui lui étaient plus ou moins étrangers, peut-être un peu vulgaire. En général, les filles de ce genre avaient toujours mis un point d’honneur à ignorer sa présence du temps où il fréquentait un lycée. Mais c’était le genre de chose que pouvait changer le fait d’être enfermée dans une institution psychiatrique à des centaines de kilomètres de toute civilisation.

Tout était conçu pour rendre fou au CSHEMA. L’ennui s’occupait de gruger la santé mentale souvent mieux que n’importe quel traitement. Et de ça, même le personnel n’était pas à l’abri.
Même eux, ils ont du faire quelque chose pour se retrouver ici…

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Sélena Taddei
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MessageSujet: Re: De la visite   Lun 11 Mai - 22:43

La poignée tourna et la porte s'ouvrit. J'attendis le claquement familier de celle-ci se refermant, mais je me rappelai aussi tôt que toute les portes du CSHÉMAS étaient munient d'un système anti-claquement/grincement. C'est seulement lorsque surgit le léger déclic signifiant la fermeture de la porte que je dégnai poser mes yeux sur mon visiteur.

Plutôt banal, blond foncé, regard sombre, allure un peu cadavérique, très loin de mes standars habituels, quoi. Ses lèvres pleines assez féminines ne me plaisaient guère. Pourtant, dès qu'il ouvrit la bouche, sa voix me plut. Elle était plutôt douce tout en étant ferme et hésitante. Il ne semblait pas être le genre d'homme à apprécier beaucoup les gens du centre, quoi que je le comprenais très bien sur ce point.

Son nom me disait quelque chose pourant je ne réussissait pas à me rappeler son dossier. Tout à coup, ça me revint. Son nom m'avait marqué car son dossier était incomplet. C'était le seul du centre comme ça. Il y avait une sorte de sécurité autour de certaines parties du dossier. Ça en rendait la lecture impossible. Sécurité que je n'avait pas encore à franchir ... pour l'instant.

Je lui souris alors qu'il s'exprima en français. Bien qu'à l'aise avec les deux langues, je préférais de loin utilisé ma langue maternelle, langue quasiment proscrite entre ces murs de béton armé. D'un geste de la main, je lui indiquai le siège devant mon bureau, l'invitant donc à prendre place devant moi. C'était plutôt étrange. Pour la première fois je me trouvais en face d'un homme dont j'avais aucune envie, aucune arrière pensée. Moi qui n'aurais que ça à faire en plus! Non, non, c'était vraiment un sentiment étrange. Comme si ce n'était pas devant un homme que je me trouvais. Pas besoin de faire ses preuves, de faire la coquine, de réajuster ses lunettes, non. Il ne suffisait à cet instant précis que d'être la bonne vieille Sélena, celle qui habitait encore en banlieux de montréal avant tou ça... ça faisait tellement longtmpes déjà.

"Alors M. Stamenkovic. Que me vaut votre visite improviste?"
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Karel Stamenkovic
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MessageSujet: Re: De la visite   Mar 9 Juin - 17:55

Karel resta un instant surpris en l’entendant répondre à la question en français. Eh bien, il n’y avait pas vraiment cru! Elle avait un accent étrange, un peu discordant à vrai dire, qu’il n’avait jamais entendu auparavant. Malgré tout, c’était un réconfort d’entendre parler sa langue seconde. Sans y penser, il s’avança et prit place sur la chaise de visiteur qui faisait face au bureau de la secrétaire. Derrière elle, l’écran de veille de son ordinateur s’était mis en marche et le sigle de la compagnie dérivait lentement dans un noir absolu. Elle lui souriait, et à sa surprise, cela semblait sincère. C’était la première personne qu’il croisait au centre qui semblait le remarquer en tant qu’être humain.

Elle doit avoir accès au dossier de tout le monde, pourtant. Ou peut-être pas.
La connaissance est toujours un avantage, y compris celle des crimes commis par les fous qui vous entourent au beau milieu de l’antarctique. Le Dr Millet ne se départirait peut-être pas si facilement de ce genre de pouvoir.
Mais il lui faut bien une personne de confiance.

Bien entendu, comme tout le monde au centre, il avait eu vent d’une foule de racontars sur la relation du doc avec sa secrétaire. Et Séléna Taddei ressemblait fort au grand classique de la profession : à première vu, les rumeurs semblait vouloir se confirmer.

Au moins, elle n’a rien d’une naïve. Elle doit prendre ses précautions avec ce psychopathe.

Le terme lui arracha un sourire. Le psychopathe, ici, c’était lui, bien entendu.

"Alors M Stamenkovic. Que me vaut votre visite improviste?"

Elle se pencha vers lui en parlant et son coude heurta la souris derrière elle. Le dossier qu’elle consultait à son entrée s’afficha à nouveau à l’écran.
Ah, elle y a bel et bien accès.
Ses yeux cherchèrent machinalement le nom : Sélena Taddei. C’était le sien. Par discrétion, il voulut détourner les yeux mais un mot inscrit en rouge tout en haut retint son attention une fraction de seconde.

-J’ai rendez-vous avec…

SIDA

Il se figea. Les mots « porteuse du » précédaient l’acronyme. Son regard croisa celui de la jeune femme. Son visage trahissait-il ce qu’il avait vu? Il se força à reprendre contenance tandis que son esprit prenait la pleine mesure de ce qu’il venait de découvrir et faisait des liens nouveaux. Son regard planté dans le sien, il acheva lentement sa phrase.

-…le docteur Millet.

(c'est parti mon kikiiiii!)

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Sélena Taddei
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MessageSujet: Re: De la visite   Ven 12 Juin - 23:29

Je m'installai confortable (du moins j'essayai! car les architectes du CSHEMA n'ont pas construit des bureux très grand -___- du moins MON bureau), profitant du 10 cm de vide qui me permettait de faire pivoter ma chaise en direction de l'invité. Il fixa une seconde le vide et parla. Mais sa phrase resta suspendu en plein millieu. J'aurais sans doute pu croire à une conséquence de sa quelconque maladie mentale, mais son regard m'intrigua. Il était fixé un peu plus haut que mon épaule gauche. Je le suivi et failli tomber de ma chaise.

*Merde, merde, merde, meeeerde!*

Le dossier que j'avais ouvert par hazard était ... le mien! Le tout chaud tout frais que j'avais reçu ce matin même par les agents de protection des témoins. Je n'avais pas encore eu le temps de le pirater afin d'y enrayer la phrase maudite : Porteuse de la Virulente Infection Horrible. Ils l'avaient écris en rouge et gros caractère. Les salauds! Ils me le payeront! Je jettai un regard assassin au patient aliéné devant moi. Me disant quel manque de bol j'avais que ce soit un patient capable de communiquer qui ai vu cette phrase. Vu MON dossier. Comme si j'était, moi aussi, une pauvre folle! Moi Sélena? Jamais.

Comment pouvait-ce être ce dossier ci que j'aivais ouvert? Foutu hasard! Mais je me rappellai que j'avais ouvert le dernier dossier consultés, soit : le miens. C'était totalement de ma faute.

Alors que je pensais sérieusement à la façon dont j'allais supprimer ce gêneur (j'hésitais entre l'enfermer dehors nu ou encore changer subtilement sa prescription dans l'ordinateur pour des pillules beaucoup moins bonne pour la santé) le téléphone choisit ce moment pour sonner. Je savais déjà qui était à l'appareil. Qui d'autre pouvait m'appeler de toute façon? Je lui répondit par une succesion de oui... oui... oui... bien sûr... parfaitement!.. oui... d'accord.

Je racrochais prestement et m'empressai de pirater l'ordinateur afin d'effacer la phrase Vraiment Injustement Hypocrite. Ça me pris que quelques secondes mais à peine eu-je fermer mon dossier que la poigner de porte tourna, laissant entrer un nouveau visiteur. Mon coeur s'accéléra. Je n'avais pas le temps de lancer mon regard "si tu parle, tu meurs" à Karel. Je serrai donc les poings et me força à afficher un beau sourire, chose qui était plutôt difficile.

Mon coeur rata un battement lorsqu'il se retrouva dans le bureau.

*Pourvu qu'il n'ait rien vu!*
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Dr. Clarence Millet
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MessageSujet: Re: De la visite   Lun 3 Aoû - 13:12

Retenez votre respiration, le roi fait son entrée.
D’un pas princier, calculé, prétentieux et fier, le lion fit rapidement le tour de sa cour de la journée : une lionne particulièrement alléchante et une gazelle déjà à moitié morte – elle avait tendance à se dévorer par elle-même sans attendre qu’on l’abatte d’un coup de griffe bien placé. Il détailla un instant sa compagne, qui s’agite sur son trône avec nervosité. L’autre animal meurt un peu plus sous le regard de son prédateur. Le lion soupire : il n’aura jamais eu le plaisir de chasser cette proie.

« Bon matin monsieur Stamenkovic. Vous pouvez directement aller vous asseoir dans mon bureau, je vous rejoins dans un instant. »

Sans attendre que son patient ait esquissé un mouvement, le psychiatre était rendu aux côtés de sa secrétaire, lisant avec attention quelques fichiers ouverts par là. Sa main droite glissa distraitement du bureau jusqu’à la cuisse de la jeune femme. Ses doigts glacés entrèrent en contact direct avec la peau brûlante de Séléna. Clarence devinait le regard du malade dans la pièce d’à côté, qui n’avait rien de mieux à faire que de le fixer, et cela le contenta dans son autocratie. Il poussa sa paume plus haut encore sous la jupe de sa secrétaire. Sa respiration devint sifflante et ses doigts s’agitèrent contre une hanche couverte d’un fil de soie. Visiblement ravi, Clarence se retourna vers la lionne avec un énorme sourire.

« Vous m’enverrez tout cela sur mon ordinateur, mademoiselle Taddei. »

Il tira d’un coup sec sur le filin et, avant que Séléna puisse se rendre compte que Clarence fuyait avec sa lingerie, celui-ci était derrière la porte fortifiée de son bureau, un minuscule morceau de tissu dans la poche de sa blouse de service. Le psychiatre, assez fier de son coup, alla directement s’asseoir sans passer par la case « torture du patient ». Il jeta un coup d’œil rapide au dossier en face de lui, histoire d’être sûr de la présence d’un interlocuteur, et se munit d’un bloc-notes et d’un crayon.

« Je suis très content de voir que tout se passe bien pour vous monsieur Stamenkovic. »

Clarence leva la tête vers la gazelle et lui sourit doucement.

« Vous sentez-vous bien au CSHÉMA? J’ai eu ouï-dire que certains autres pensionnaires ne vous étaient pas de tout repos. Pourtant, personne n’a reçu aucune plainte de votre part… »

La gazelle semblait se ratatiner davantage sur son siège à chaque mot que son roi prononçait. Pourtant, rien ne semblait bien menaçant jusqu’à présent. À moins que l’absence de menace fut elle-même menaçante… Dix mille sourires s’affichèrent en même temps dans la salle :

« J’avais oublié de vous dire! Nous avons reçu une petite Anglaise récemment. Ashley Edward, huit ans. Je crois qu’il serait temps de se mettre à travailler plus sérieusement sur votre guérison. Cette petite devrait être un bon point de départ. Qu’en pensez-vous? »

Ou alors la menace n'était que trop visible.

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Karel Stamenkovic
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MessageSujet: Re: De la visite   Lun 10 Aoû - 6:59

Avant qu’aucun échange soit possible entre Mlle Taddei et lui, le Dr Clarence Millet lui-même fit irruption dans la pièce. Karel se leva et passa dans son bureau. Aussitôt, une dizaine de miroir lui renvoyèrent désagréablement son reflet rachitique. Son impression du personnage se confirmait. Il les regarda, Selena et lui, tachant de deviner la nature de leur relation. La seule présence du docteur auprès de la jeune femme suffit à confirmer ses soupçons. Un homme d’un tel ego ne laisserait certainement pas une proie aussi alléchante parcourir son territoire en toute impunité bien longtemps. Le lion réclamait son tribu de chair. Et les mines de chatte de Mlle Taddei en disait long sur ses scrupules à jouer de son corps à son avantage.
Karel se détourna lorsque la main du psychiatre s’insinua comme un insecte sous la jupe de sa secrétaire, dans un geste de possesseur. L’impression obscène, presque palpable qui se dégageait du duo lui donnait la nausée, mais malgré cela son reflet lui renvoya un faible souvenir. Le cher doc ne doutait pas de sa domination sur cette femelle autant que sur le reste de son domaine. Mais pour une fois, une partie des données lui échappait.

Et avec un peu de chance ce sera fatal.

Il avait eu tort de s’inquiéter pour la secrétaire, quelque chose lui disait que Clarence Millet n’était pas le premier homme à commettre l’erreur de croire l’avoir attrapé. Plus important encore, le hasard qui lui avait fait découvrir son secret le plaçait sous la protection de celle qui était sans doute la seule à avoir un certain pouvoir ici après le directeur.

Cette pensée l’aida à contrôler sa nervosité lorsque le docteur referma la porte du bureau derrière lui. Il avait entendu dire beaucoup de choses sur le Dr Milet... Heureusement, Karel tremblait légèrement en permanence, dû à la sous-alimentation ou effet secondaire des médicaments qu’on lui avait prescrit, et il avait passablement maitrisé l’art de vider son visage de toute expression. Il était décidé à ne laisser au psychiatre aucune prise sur lui-même. Il laissa passer le commentaire sur son intégration et l’absence de plaintes, interprétant la question comme rhétorique. En tous les cas, Clarence Millet n’était visiblement pas le genre d’homme intéressé dans un autre discours que le sien.

Un bout de dentelle suspect dépassant de sa poche Clarence semblait d’excellente humeur. Dieu seul savait s’il s’agissait réellement d’une bonne nouvelle. Mais que pouvait-il lui faire, à lui, qui avait pris la résolution de ne refuser aucune souffrance? Que pouvait-il lui faire qu’il ne mériterait pas?

Les mots mirent quelques secondes à atteindre son cerveau. Ashley Edwards, huit ans.
Puis simultanément, deux émotions le submergèrent. La haine l’envahit comme un flot de lave brûlante. La réponse était simple, bien trop simple : s’il ne pouvait pas l’atteindre, il ne s’attaquerait pas à lui… Il n’hésiterait pas un seul instant à mettre en danger un enfant innocent pour cela. La seule pensée d’une fillette de huit ans dans cet enfer était insupportable. Cet homme n’avait rien d’un psychiatre, il n’était rien de plus qu’un bourreau. Il n’avait jamais un seul instant souhaité réellement le guérir, c’était évident. Sans doute même espérait-il qu’il ne résiste pas à la tentation, il se repaitrerait d’un tel spectacle… Karel avait du mal à contenir sa haine. Et, déjà, dessous, pointait l’envie lancinante, la mélancolie timide d’un petit visage, d’une voix flutée.
Il rassembla tout le sang-froid dont il était capable pour formuler une réponse.

-J’imagine que je ne peux pas refuser cette thérapie…

Il inspira, comme pour se préparer à l’épreuve, mais les mots s’échappèrent malgré lui.

-Aimez-vous les enfants, Dr Millet? Ou plutôt, les haïssez-vous à ce point? Ou bien n’ont-ils droit qu’à votre mépris général pour tout ce qui n’est pas vous?
Je devine que vous n’en avez pas vous-même… (il jeta un coup d’œil vers la porte du bureau, espérant que Selena Taddei pouvait entendre ce qu’ils disaient d’une quelconque façon). Et avec un peu de chance, peut-être n’en aurez-vous jamais l’occasion…
Vous n’avez sans doute jamais envisagé qu’un aliéné puisse savoir quelque chose que vous ignorez… quelque chose sur vous-même…

Il laissa volontairement la phrase en suspens, attendant que quelque chose, il ne savait pas quoi, se produise. Mlle Taddei avait-elle le pouvoir d’empêcher sa rencontre avec l’enfant? Sans doute pas, d’ailleurs, elle ignorait pour quelle raison il était interné. La rage froide et l’impuissance l’écrasèrent, mais déjà il sentait flotter aux lisières de son esprit un visage de fillette aux traits encore inconnus.

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Sélena Taddei
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MessageSujet: Re: De la visite   Mar 25 Aoû - 14:40

Il passa le seuil la tête haute, comme toujours. Regard supérieur, menton levé. Beau, non pas de visage ou de corps, quoi qu'il n'avait rien à envier à personne, mais par l'aura d'autorité, de peur et de respect qui l'entourait sans cesse, telle une véritable bulle. C'est cette aura qui m'attirait. Comme une mouche attirée par la lampe incandescente, je savais que j'allais me brûler, me faire mal, mais je m'en foutais. Je m'étais toujours fait mal de toute façon. Peu m'importait en ce moment si ce n'était que de pénétré le plus souvent possible en cette aura, la partager, la lui voler. Le pouvoir. Le respect. Le plaisir. L'amour?

Je retins un gloussement. L'amour, qu'elle drôle d'idée. Comme si j'y croyais encore, comme si ce compte de fée, enseigné depuis la plus tendre enfance, ce remède miracle, cette potion pour l'âme existait réellement. À quoi bon croire encore en ces histoires si merveilleuse qu’elles avaient guidé nos rêves de petites filles et venaient encore, parfois, la nuit, nous hanter de leur sombre présence. Non, je ne croyais plus à l’amour, mais ce serait mentir que de dire que je n’y ai jamais cru.

Mon cœur accéléra lors qu’il s’approcha, plus proche, plus proche, de plus en plus proche, trop proche. Le souffle me manqua alors que sa main remonta le long de ma cuisse afin de s’emparer du fragile dessous qui arracha sans peine. Je ne fis rien, je n’en eu pas le temps, mais sinon, aurais-je fait quelque chose ? J’en doute fort. Bien que peu conventionnelles, ses manières me plaisaient bien. Pourtant il n’avait jamais été aussi osé devant un bénéficiaire. Cela voulait dire qu’il n’était pas comme les autres, que ce Mr. Stamenkovic comptait plus aux yeux de Clarence que qui conque.

Je commençai seulement à prendre conscience du désastre a venir. Clarence seul avec Karel. Clarence seul avec Karel. Clarence. Karel…

Il va cracher le morceau!

Je ne pouvais permettre à ce maudit européen de venir tout gâcher dans MON établissement. Pas question qu’il me mette en péril. Dès que Clarence eu refermer la porte de son bureau, je me ruai sur mon ordinateur. Je n’avais pas plusieurs solutions, il fallait agir et vite! Je tapai son nom dans la recherche de dossier. Il me vint incomplet, comme à l’habitude. Pianotant sur les touches si vite que j’en eu mal aux doigts, je recherchai la faille, le bris qui me permettrai de contourner la sécurité. Il m’apparut au moment ou je m’étais presque résigner à échouer. C’était du Clarence a 100% J’en fut réduit a trouver son mot de passe. Chose qui m’apparût facile car la plupart du temps il s’agissait d’une de ses qualités qu’il aimait bien se donner ou se murmurer devant le miroir.

Enfin il m’apparût, le dossier complet. Son secret.
Mieux valait s’armer quand on partait en guerre. Et le pauvre Karel ne savait pas à qui il avait affaire.

Décrochant le téléphone je composai le numéro de la pièce d’à côté. Puisque ce n’était pas la première fois que je faisais interruption dans ses interventions je savais que Clarence ne soupçonnerait rien. Il trouverait ça, certes, grandement agaçant et ne manquerait pas de me le faire remarquer, mais jamais il ne se douterait de ce qui se tramait à son insu. Prenant une voix une peu plus innocente et aguicheuse je comptai 3 sonneries avant que le combiner ne se décroche.

- Dr. Millet ? Désolé de vous déranger. J’aurais un message pour Mr. hum … Starmin… Stramen… Stamenkovic. Pourrai-je lui parler ?
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Dr. Clarence Millet
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MessageSujet: Re: De la visite   Mer 13 Jan - 2:29

Une rafale de mots, crachés non pas par une mitraillette mais par la langue acérée d’une gazelle animée par une dernière étincelle de vie, se brisèrent contre un mur d’insensibilité flagrante émanant du maître des lieux. Haine, mépris, vous-même et amour étaient des sujets abordés de façon récurrentes entre les miroirs de la salle et Clarence n’y accordait pas plus d’importance maintenant que le premier jour de service du CSHÉMA. Ainsi, les paroles pour le moins haineuses de son patient n’inquiétèrent pas le psychiatre, pas plus que la non moins célèbre déclaration « docteur, je sais quelque chose que vous ignorez… ». On lui servait ce genre de propos plusieurs fois par jour et ils ne fallaient pas les prendre au sérieux au risque de perdre un temps précieux à vérifier les stupidités hallucinatoires de tous ses patients. Tout cela pour ainsi dire que le Docteur Millet ignora purement et simplement l’intervention de Stamenkovic en notant pensivement sur son bloc-note en caractères gras : le patient présente des signes de mythomanie récurrente accompagnée de trouble paranoïaque.

Une sonnerie tira Clarence hors de son silence et lui fit froncer les sourcils d’un air contrarié. Il préférait ne pas songer que c'était obligatoirement sa secrétaire qui l'appelait, elle seule possédant un téléphone dans ce lieu. La deuxième sonnerie lui arrache un soupir exaspéré et il ne répondit qu'après la troisième, de mauvaise humeur:

"Qu'est-ce qu'il y a?"

Une voix flutée lui souffla son nom au à l'oreille d'un air interrogatif. Non, c'est le lapin de Pâques qui te répond au téléphone ma cocotte! La demande glissa comme du papier sablé contre du bois, c'est à dire, pas du tout.

"Non mais c'est quoi l'idée!? Il a reçu un mail sur votre boîte privée? Sa maman vient nous rendre visite la semaine prochaine? De toute façon, pas question que je vous le passe, il pourrait en profiter pour essayer d'appeler ailleurs avec ce téléphone..."

Il jetta un regard mauvais à Karel, histoire de s'assurer que ce dernier avait bien compris dans quelle mesure le Doc le méprisait et enchaîna sur sa conversation.

"Qu'est-ce que tu veux lui dire, je vais lui faire le message."

Elle allait lui payer une connerie pareille et ça allait lui coûter plus cher qu'une nouvelle paire de sous-vêtements.

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Sélena Taddei
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MessageSujet: Re: De la visite   Ven 29 Oct - 0:13

Aouch! Au ton de sa voix, le lion ne semblait pas se faire flatter dans le sens du poils. Il semblait amer, un peu colérique, comme à l'habitude quoi. Son ironie à peine voilée la fit frissonner. Elle le devina, assis sur son trône, à peine a 3 mètre d'elle, le regard sûrement fixé sur Karel. Un regard qu'elle devina, chargé de mépris. Elle ne serait pas facile à réparer cette bourde... Saleté de Stamenkovic!

*Tu es déjà lancée ma belle, trop tard, va jusqu'au bout maintenant*

Elle misa le tout sur le mépris de Clarence. Si elle réussissait à faire passer la colère sur ce dernier, peut-être oublirait-il un peu celle qui lui était réserver. Du moins, ça ne coute rien de l'espérer. Face au ton plutôt sec de son interlocuteur (Pouvait-on être plus séduisant?), Sélena durcit le sien aussi, histoire de ne pas se démonter et passer pour une moins que rien devant le docteur. C'était peut-être une mauvaise idée de relever la tête devant sa colère, mais certains hommes ont besoin d'opposition pour se sentir encore plus en position de pouvoir.

- Clarence, oups, Dr. Millet, dit-elle d'un ton ferme mais mielleux, j'ai découvert l dossier de Mr. Stram... Stamenkovic et il me manque plusieurs informations vitales au suivit de votre thérapie. Ça me briserai le coeur que vous deviez reprendre tout au début avec lui par une erreur de système. Etant votre secrétaire, il me semblait primordiale de vous en mettre au courant, même si par cela j'interrompais une thérapie cruciale. Veuillez m'en excuser. Il n'y a pas de problème à lui transmettre le message, si je peux seulement prendre 2 minutes de votre temps.

Elle respira longuement. Essayant de trouver une façon subtile de le réduire au silence. Mettre un indice sur sa connaissance de son passée? Le menacer de mort directement? il fallait y aller de façon plutôt subtile. Assez subtile pour que le fin Dr. Clarence ne se rende compte de rien, du moins, rien d'important.

- Juste lui dire que s'il manque quelque chose à son dossier, quelque chose qu'il a oublié de vous dire, il faudrait le dire maintenant, pendant qu'il peut encore parlé, on ne sait jamais ce qui peut se passer au cshemas! (rires) Cependant, qu'il le fasse bien et qu'il se comporte mieux avec moi. Je ne veux plus jamais entendre ses Salutations Indécentes Dignes d'un Anglais, compris?

Ahlalal que c'était dure tenter d'être subtile, franche et droite en même temps. Sélena se mordis silencieusement la lèvre inférieure. Son pied sautillait comme pris de folie. Elle ne tenait plus en place, redoutant la réponse du Docteur. Est-ce qu'il verrait la supercherie. Est-ce que Karel saisirait l'entièreté de la menace?

- Ah et ... je m'excuse encore Clarence, murmura-t-elle tout d'un souffle.

(hiiiiiii lala que ça faisait longtemps ça!!!!!! :O )
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