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 Pyrophobia [CLOS]

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Aleksis Cole
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MessageSujet: Pyrophobia [CLOS]   Dim 17 Jan - 1:03

J’avais regardé horrifié le Doc s’approcher de nous. Un demi-cercle d’infirmiers s’était formé empêchant toute échappatoire. Et à quoi bon ? Ce n’était pas le moment d’empirer notre cas. Surtout celui de Volker. Le pauvre continuait à pleurer ne portant attention à seringue lui injectant le somnifère.


On me projeta à l’écart de mon «compagnon». Je ne pus me contenir. Le pauvre n’était pas un danger dans l’état qu’il était.

Laissez le tranquille. Doc, ne lui faites rien.

Comme à mon habitude, je me débattis ne serait-ce que par principe personnel. Je vis le Doc s’approcher de l’allemand. Ma vue fut cachée par un corps en habit blanc. Lorsqu’il se déplaça le fou qui nous servait de psychologue se retrouvait devant moi. Enfin, je me retrouvai plaqué sur le sol, voyant à mon tour les souliers cirés du Doc. Je sentis un doigt tâter mon cou. Puis tout devint noir.

Je me réveillai peu avant Volker. J’étais de retour une nouvelle fois dans son bureau. Peu importe du côté que je regardais, mon reflet restait celui d’un jeune homme qui semblait être revenu de guerre. Je me souris, mais ma joue me fit mal. Mon œil avait enflé à son maximum, m’enlevant la moitié de ma vision. Le bossu de Notre Dame n’avait pas une bosse aussi grosse au dessus de son outil visuel.

Pourquoi fallait-il toujours être attaché ? En plus, cette fois-ci, les menottes n’étaient pas du tout confortables.

Tout restait silencieux. Je ne désirais pas commencer la conversation. La secrétaire vint porter deux documents, l’un plus gros que l’autre, avant de ressortir.

J’eus une quinte de toux à n’en plus finir. Chaque nouveau mouvement était plus pénible que le précédent. Mon corps ne supporterait pas longtemps de resté dans cette position alors je pris la parole pour en finir le plus rapidement possible.

C’est de ma faute Doc. Faites se que vous avez à faire. Mettez-moi dans une cellule et cette fois-ci oubliez-moi. Ou mieux, envoyez moi sans manteau, comme vous lors de notre dernière rencontre, dehors pour que je meurs d’hypothermie. Vous avez assez de demeurés qui peuvent très bien me remplacer. Ce n’est pas là le problème, seulement se ne sera pas le même plaisir, n’y le même montant dans les caisses chaque mois.
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Dr. Clarence Millet
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MessageSujet: Re: Pyrophobia [CLOS]   Dim 17 Jan - 3:29

Qui a besoin d’une raison pour arrêter quelqu’un? Qui a besoin d’un mandat pour stopper un aliéné qui court? Qui a besoin de se justifier pour des « traitements inhumains? »? Beaucoup de personnes. Mais pas Clarence Millet. Le Doc avait des droits au-dessus de ceux de ses patients, des droits non questionnables. C’est ainsi qu’il pouvait décider que deux patients se sauvant comme les fous qu’ils étaient à travers tout le centre avec probablement quelque chose sur la conscience. Et de prendre les mesures nécessaires au maintien de l’ordre.

Il fallait être sincère : la situation avait vraiment alarmée le personnel et Clarence n’avait pas été le premier à sonner l’alarme. On savait que Cole était un cas à part, mais c’était le Belge qui avait fait paniquer tout le monde. Et quand le psychiatre en chef était arrivé sur les lieux de leur fuite, c’était à propos du « schizo en crise » qu’on s’inquiétait; Aleksis ne fut mentionné qu’une fois à l’intérieur de la pièce, par Clarence lui-même, sous la formule d’un « LUI!? » très à propos.

Aleksis fut appréhendé de manière usuelle, et on injecta une dose de calmants au tas de sanglots qui répondait au nom de Netzeband. Celui-ci, accroupi dans un coin de la pièce, semblait perdu très loin dans sa tête. Le patient préféré du Doc eut un mouvement pour essayer d’empêcher les autres de s’occuper du schizophrène. On endormit Cole d’une pression à la base du cou. On les emmena dans le bureau de Clarence, sans que celui-ci n’ait à le demander. Puis, silence.

Assit derrière son bureau, Clarence attendait, réfléchissait. Il avait quelque chose cette fois, ce n’était pas le même schéma que d’habitude, c’était différent. Cole n’agissait plus en solo. Les quelques minutes qu’avait durée la scène jouaient en répétition sur les écrans du directeur. On voyait le Belge murmurer tout seul, jouer une partie d’échecs avec Cole. Une conversation banale, Cole qui se plaint, l’autre qui rigole. Et à la seconde près où ils semblent commencer à bien s’entendre, l’atmosphère change. Volker se crispe de plus en plus, jusqu’à ce qu’il se mette à arpenter la pièce, parle tout seul, panique et se sauve en courant avec Cole. Ensuite, Aleksis semble dubitatif quant à la raison de courir, mais un garde lancé après eux le pousse à se sauver. Que faut-il en conclure? Les médicaments ne font pas effet sur Netzeband et Cole s’amuse à effrayer les patients et foutre la sécurité en bordel.

Aleksis était éveillé maintenant, Volker à moitié. Aleksis parlait, Volker avait les yeux encore vitreux. Le Doc ne sourit pas, ne les regarda pas non plus. Il réfléchissait. Encore. Les paroles de l’australien ne se frayèrent que partiellement un chemin jusqu’à son cerveau. C’était toujours la même rengaine de toute façon. À peu près. Un frisson réveilla le Belge d’un coup. Il se regardait, hébété, dans le miroir face à lui. Un cas intéressant qui ne réagissait aucunement aux fortes doses de médication qu’on lui donnait. Il fallait encore le convaincre qu’il était malade…

« Monsieur Cole, monsieur Netzeband, j’aimerais avoir des explications quant à votre fuite et la panique qui en ait résulté plus tôt. »

Sa voix était douce, sans aucune trace de sarcasme ou de méchanceté. Le Doc gardait cependant les yeux vissés sur son écran.

« Soyez conscient que deux versions semblables des événements risquent de vous être plus profitable et vous sortirez plus vite d’ici. Cependant, j’aimerais entendre la version du présumé coupable, monsieur Cole qui s’est lui-même désigné de la sorte, en premier lieu. »

Et toujours pas de regard.

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Aleksis Cole
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MessageSujet: Re: Pyrophobia [CLOS]   Mar 19 Jan - 22:51

L’importance du contact visuel. Dans plusieurs coutumes, il est quasi inexistant. Vous regardiez plus souvent le bout de vous souliers que la personne avec qui vous aviez une discussion. Alors que certains étaient froids, d’autres vous disaient qu’ils vous aimaient. Les regards doivent exister. Nous pouvons tous dire par un simple roulement d’yeux, un froncement de sourcils, une petite lueur qui brille juste au coin de l’œil. Alors que l’on voulait fuir celui du Doc, aujourd’hui je le recherchais. Savoir qu’il m’haïssait. Savoir se qu’il regardait.

Que c’était-il réellement passé ? Je n’en étais pas sûr moi-même, mais je devais en être le coupable. Pour Volker et pour moi. Je croyais pouvoir supporter qu’un autre souffre, mais ce n’était pas le cas. Voir l’un de mes « confrères » souffrir ne me procurait aucun plaisir. À y réfléchir, cela reviendrait à réagir comme le Doc. Je ne me voyais pas agir en héro car cela reviendrait à prendre un rôle que je ne désirais pas. Seulement, personne ne devait subir se que le Doc m’avait fait.

Je fermai mes yeux pour rassembler mes idées et ne pas me préoccuper du Doc lui-même.

Je suis allé dans la salle de jeux espérant n’y rencontrer personne. Cependant, j’y ai rencontré Netze… Netzeband. Je l’ai dérangé lors d’une partie contre soi-même
pour l’affronter dans ce jeu intellectuel. Comme de fait j’ai perdu. Regardez sur votre écran Doc, je me lève puis je reviens me présenter et reprendre siège. La conversation suit son cours jusqu’au point que je lui lance une remarque. Il ne l’a pas pris puis, il parle en allemand, puis se précipite sur moi. Je le repousse, mais nous avons réveillé le gardien. La meilleure chose à faire était de rester, mais nous avons couru. J’ai couru à sa suite. Si je ne l’avais pas fait rien de tout cela ne se serait arrivé. Nous sommes alors revenus à notre point de départ.


Prendre la faute sur moi.

Si je ne lui avais pas parlé… Netz..Netzeband, je n’arriverai jamais à dire ce nom, serait encore dans la salle de jeu et nous n’aurions pas à avoir cette discussion. Il a voulu me protéger du garde et je lui en remercie, mais il ne devrait pas souffrir pour ça. Je lui avais avertie que rester proche de moi était dangereux.

Je n’avais pas assez fait. Il manque des cris, des insultes, des blasphèmes.



Rien ne sortit de plus.

Je regardais le Doc pour voir ce qu'il en était. Essayer de voir les prunelles du Doc.
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Volker Netzeband
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MessageSujet: Re: Pyrophobia [CLOS]   Lun 25 Jan - 1:55

[…dans une partie contre soi-même…]

Un ricanement horrible ponctua la fin de l’histoire d’Aleksis, de ses « explications » : Gehängt, assit sur le coin du bureau du Doc, agitant ses jambes dans l’air comme un jeune enfant l’aurait fait au bord de la piscine, me regardait, nous regardait, d’un air mauvais, visiblement aussi satisfait que contrarié de notre situation. Il avait bien sûr un parti pris pour moi et n’avait pas vraiment souhaité que j’atterrisse dans la salle aux miroirs, mais il jubilait à l’idée que je – et lui-même, par extension logique aux yeux des autres – puisse avoir eu à faire dans l’arrestation de Cole. Sa tête d’enflure – littéralement – me tira un sourire involontaire.

Le silence dans la salle était apaisant. Comme chambre de torture, je m’étais attendu à pire, très pire, mais à part une décoration d’assez mauvais goût, rien ne semblait offensif pour le moment. Ceci dit, la pièce n’avait rien d’assez intéressant pour que je veuille y rester un long moment : en effet, à fixer les murs un brin trop longtemps on attrapait le tournis. Et puis, ce n’est pas que je détestais mon visage à ce point mais me voir des centaines et des centaines de fois partout, ça ne m’enchantait pas tant que ça. Surtout que depuis un certain temps j’avais sans cesse l’impression que celui-ci changeait - un effet des médicaments sans aucun doute.

Je tournai la tête vers Aleksis, essayant de capter son regard, mais celui-ci était en train de faire de même avec le Doc. Il croyait qu’il était dangereux, ou, du moins, l’affirmait ouvertement. Je pensai que ça insinuait pas très discrètement que qui se frottait à Cole allait se frotter au Doc, tôt ou tard. Il était dangereux parce qu’il se savait dangereux. Et qu’il était au fond du puit de toute façon. Mais pourquoi me défendre? Pourquoi nous défendre? Il pouvait très bien dire la vérité, ça le sauverait facilement des ennuis. Je ne regardais pas en direction de Gehängt, le moins possible en présence des autres, spécialement quand les autres c’était le Doc. Une main glacée se glissa soudainement contre ma gorge, entourant mon cou sans toutefois tenter de m’étrangler, et je détournai vivement la tête de mon compagnon, surpris. Et j’hurlai de peur.

Devant moi, un nouveau fantôme. Le mien le regarda d’un air intéressé, tandis que je me tortillai sur ma chaise pour échapper à sa poigne plus froide que l’Antarctique. La peau noire, brûlée par le froid. Je savais déjà ce qui était arrivé avant qu’il ne parle. Un patient du Centre. Enterrée vivant, ou oublié dehors. Peut-être s’était-il enfuie. Mort de froid. Ça expliquait le froid inhabituel de son corps, ses yeux blanchis et éclatés, sa peau en lambeaux noirs, comme des lanières de cuir pendant de sur son corps. Mais je ne pouvais pas l’aider. J’avais son meurtrier sous les yeux, le motif, la cause du décès, l’arme du crime, et plus encore. J’avais même un témoin. Mais le Millet était intouchable. Et, aussi, l’apparition avait quelque chose de beaucoup plus effrayant que les précédentes. Elle était agressive et je le devenais aussi en même temps. Agressif et paniqué.

« Lassen Sie mich los! Ich kann dir nicht helfen! Geh weg!* »

J’entendais d’autres bruits autours de moi. On posa quelque chose sur ma tête. Je m’agitais toujours contre mon assaillant qui ne voulait pas me lâcher. Des voix, lointaines, tellement lointaines. Qu’est-ce que foutait les autres, bon sang? Gehängt…?

« Hilfe!** »

_______________________
* Lâche-moi! Je ne peux pas t'aider! Va-t-en!
** À l’aide!
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Aleksis Cole
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MessageSujet: Re: Pyrophobia [CLOS]   Ven 29 Jan - 0:29

Le silence avant la tempête.

J’aurais dû avoir peur, mais aucun sentiment ne se faufilait jusqu’à mon cerveau. Lorsque le Doc restait muet s’est qu’il réfléchissait et lorsque le psychiatre utilisait son engin à son plein régime se n’était jamais bon. Cependant, je n’avais pas le choix d’attendre et de faire mes propres réflexions.

La vie était parfois drôlement faite. Il y a des gens où tout leur souriait. La chance sera toujours avec eux. Je les classais dans la première catégorie. La deuxième est celle où cette chance si précieuse les quitte. Si nous sommes destinés à celle-ci, nous espérons que ca arrivera plus tard que tôt. La suivante est pour ceux qui ont des hauts et des bas. La normal. L’ultime niveau est pour ceux qui n’ont jamais eu de chance point. Je me considérais dans celle-ci. Volker semblait plus de la deuxième puisqu’il s’est retrouvé enfermé ici. Le Doc était de la première catégorie. J’espérais seulement qu’il amorce sa descente des quatre niveaux. Je considérais l’idée qu’une personne ayant une vie juste ne puisse pas avoir un peu plus de succès que l’homme en face de moi.

Pour une deuxième fois, je cherchai le regard du Doc. Ne le trouvant pas, je me concentrai sur moi-même. Mes membres commencaient à s’engourdir peu à peu. Mon corps ecchymosé ne pourrait pas resté bien longtemps dans cette position. Je fermai les yeux pour trouver un semblant de paix en moi.

Les cris de Netzeband me prirent par surprise. Il semblait être de nouveau en crise. Lorsque je vis le casque avec les fils, j’eu un frisson. Le Doc n’allait pas faire griller la tête de mon voisin?

Doc, écoutez-moi s’il-vous-plaît, ma voix était suppliante. Je vous en conjure…

Puis à l’adresse de Volker :

Rien ne va t’arriver, Netzeband. Je te le jure, C’est pour ton bien.

Mon regard se posa de nouveau sur le casque.

Enfin, pas vraiment, mais t’es malade l’ami. Il faut te délivrer de tes démons.

Je regardai à nouveau le Doc.

Mais bordel Doc ne lui faites pas ca. Il ne le mérite pas tant que ca. Oui il est malade, mais ce n’est pas un animal. Il a des émotions. Laissez ce pauvre tranquille. Il vit déjà un cauchemar dans sa tête, ne lui en faites pas vivre un réel.

Je sentis alors que l’on m’appuyait les mandibules, m’ouvrant de force la bouche. Le goût du tissu me donna la nausée.

La tempête venait de commencer.


Dernière édition par Aleksis Cole le Ven 19 Mar - 14:19, édité 1 fois
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Dr. Clarence Millet
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MessageSujet: Re: Pyrophobia [CLOS]   Lun 8 Fév - 2:41

Un diagramme en deux dimensions, presque en noir et blanc, à part quelque taches jaunes et rouges ici et là. Deux quartiers cérébraux et des cris de protestations en arrière plan. Les infirmiers avaient été efficaces et discrets. Les patients paniquaient et l’insultaient. Cole était aussi exécrable qu’à son habitude et le psychiatre n’eut aucun regard pour lui lorsqu’on le bâillonna avant de quitter la pièce. Le Doc cliqua quelques fois sur son écran, agrandissant une région du cortex de Netzeband. Une agitation intense semblait se produire dans sa tête, agitation anormale et inquiétante pour un être humain normal, et quand même assez bizarre chez un schizophrène. Sans lever les yeux, le psychiatre, sans essayer de couvrir les cris du Belge, mais assez fort pour se faire entendre de Cole, déclara :

« Personne ne va lui faire de mal monsieur Cole, je vous prierais de vous calmer. Nous lui avons injecté un stimulant pour observer ses réactions psychiques. Si monsieur Netzeband n’éprouvait aucun problème de santé mentale, les médicaments lui donneraient une forte migraine. Cependant, et comme je le pensais, la maladie a progressé et ses hallucinations sont extrêmement puissantes. Je doute qu’il puisse nous entendre d’ailleurs… »

Un nouveau hurlement de frayeur ponctua la fin de la phrase du Doc qui pianotait toujours sur son écran d’un air détendu. L’atmosphère était considérablement sinistre avec le schizophrène hurlant, vociférant et se débattant contre un adversaire invisble, mais Clarence y était insensible.

« Monsieur Netzeband a commencé sa crise après que vous lui ayez parlé. Quoiqu’en dise votre histoire… Vous ne l’aidez pas en ignorant ses agissements bizarres. L’avoir signalé à un garde au lieu de courir avec lui aurait été plus sage. »

Les pupilles brunes du psychiatre su durcirent un moment et quittèrent les tâches rouges du regard. Les yeux d’Aleksis étaient à la fois avides et trop pleins, ils voulaient voir mais ne pouvaient pas. Ainsi, les prunelles chaudes du Doc n’eurent aucun mal à brûler celle de sa proie jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. Ou si peu. Sa voix descendit dans les tons habituels lorsque le lion s’adressait à la gazelle.

« Une autre chose de bien avec ce médicament, c’est que le patient devient réceptif à tout ce qu’on lui dit. Le pouvoir suggestif de n’importe qui se trouvant aux alentours devient illimité. On pourrait comparer cela à une forme d’hypnose, mais, physiologiquement, ça n’a rien à voir. Je ne m’attends pas à ce que vous compreniez, bien sûr, je vous dit cela pour que vous compreniez que c’est bien légal et qu’il n’y aura aucun but à aller se plaindre n’importe où plus tard. »

Clarence se leva et contourna son bureau jusqu’à se retrouver en face de Volker. Ce dernier criait toujours comme si on allait l’abattre. D’une voix calme, posée, presque gentille, le Doc se pencha sur son patient et dit :

« Tout va bien monsieur Netzeband. Vous êtes assis avec moi et l’on s’amuse, vous voyez? »

Les cris de Netzeband se turent comme si on lui avait enlevé soudainement la voix. Il resta un instant hébété, des larmes aux coins des yeux, un filet de salive pendant de sa bouche. Ses yeux s’agrandirent doucement et sa bouche s’ouvrit dans un sourire extraordinairement épeurant. Un espèce de rire d’outre-tombe émergea de sa poitrine. Il semblait fou et possédé. Il était fou et possédé.

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Aleksis Cole
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MessageSujet: Re: Pyrophobia [CLOS]   Ven 19 Mar - 14:18

Je regardais le Doc tout au long de sa tirade. Lorsque je vis enfin les deux prunelles brunes, j’eus une poussé d’adrénaline. C’était devenu… ma drogue. A chaque nouvelle rencontre, je sentais le besoin de croiser ce regard qui m’effrayait tant.

Je n’avais d’autre choix qu’écouter cette voix grave et envoutante sans pouvoir y répliquer. Je comprenais alors pourquoi tant de gens se laissaient bernés et charmés par le psychologue. Il était un orateur né.

Les cris de Volker donnaient l’impression d’être dans un film de l’Exorcisme. La scène où un pauvre crie, hurle jusqu’à s’en briser les cordes vocales. Puis, ayant perdu le combat d’avance, le démon prend possession du corps choisi. Savoir que le tout était produit par un médicament ne me rassurait pas le moins du monde. Le Doc n’apprendra-t-il donc jamais à ne plus utiliser de substances sur ses patients ? Je me consolai un instant de savoir qu’il n’osait plus m’en administrer. Enfin, ceux non-habituelles.

Tout va bien monsieur Netzeband. Vous êtes assis avec moi et l’on s’amuse, vous voyez?

Incroyable, je m’amusais tellement de mon côté. Seulement, le médicament semblait faire effet. J’aimais mieux lorsque Netzeband criait au meurtre. J’eus un doute. Un énorme doute. Pourquoi le Doc me permettait-il d’assister à sa séance avec le Belge alors que la dernière fois avec Black, il nous avait vus chacun de notre côté ?

Mon attention fut attirée par un mouvement derrière moi. Je n’avais pas remarqué l’infirmier entré, mais je le voyais ressortir. Je remuai sur ma chaise pour saisir dans mon champ de vision le pourquoi de cette venue. Malgré tout les miroirs de la salle rien ne m’apparaissait. Les menottes s’enfoncèrent dans la chair de mes poignets me coupant la peau. Deux profonds traits rouges ressemblant à celles faites au couteau.

Ma peau se fit moite. Je ne savais si ce n’était qu’une impression, mais il faisait plus chaud qu’à son habitude. J’essayai de me convaincre que ce n’était sans doute rien. Sans succès
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MessageSujet: Re: Pyrophobia [CLOS]   Sam 23 Oct - 22:36

Je secouai la tête, étourdi, essayant d’effacer les dernières traces de cet horrible cauchemar. J’avais rêvé, aucune trace d’aucun fantôme ici. En fait, l’atmosphère était incroyablement paisible. Cela me fit sourire béatement. Ce silence parfait, cette absence totale de bruit… J’étais assis. J’étais heureux. Était-ce comme cela que les gens normaux se sentaient? Le Docteur Millet aurait-il trouvé un remède pour moi qui ne suis pas malade? Il était devant moi, souriant, tel un père devant son fils. Un père aimant. Le père que j’aurais du avoir. Le père qui me revenait de droit mais que je n’ai pas reçu. Le Doc le sait. Il me comprend. Il est près de moi.

Il fait chaud. Je ris. Le Doc est amusant. La situation est amusante. J’ai l’impression d’être heureux. J’ai l’impression d’avoir atteint l’harmonie. Les paroles de mon psychiatre, de mon Père, sont d’une limpidité jamais égalée. Ses mots dégagent une chaleur physique, je sens mes vêtements qui me collent au corps. Je sens ma poitrine qui se gonfle et qui s’agite dans mon ravissement. Comment ai-je pu rester aveugle devant Lui aussi longtemps. De l’influence… Une mauvaise influence… Gehängt en avait parlé, plus tôt… Quelque chose… Quelque chose qui m’échappait à l’instant. Mais ce n’était pas important. J’étais avec le Docteur Millet. Rien d’autre n’avait d’importance. Il m’avait sortit d’un mauvais rêve, comme ça, avec ses yeux brillants et son sourire bienfaiteur. J’aurais voulu le prendre contre moi, lui rendre son attention paternelle par une humble étreinte. Est-ce que ce serait suffisant? Est-ce que je devrais en faire plus? SI seulement je pouvais me lever. Me détacher de ses yeux. Ses yeux qui ne me regardaient pas, en fait. Qui n’étaient plus là.

J’avais perdu mon père à nouveau. Il m’avait abandonné parce que je n’avais montré aucune dévotion lorsque j’aurais du. Il espérait et j’avais tout cassé. J’avais détruit mes chances. Ma dernière chance. Celle d’avoir un vrai père aimant. Un être vivant, de chair, qui posait ses yeux sur moi avec une tendresse incontestable. J’avais tout détruit.

J’avais mal au cœur. Mal à l’âme. Mal à moi. Mal à la tête, mal aux tripes. Mal dans ma tête comme si elle était trop petite. Trois fois trop petite. Est-ce que ma tête avait rapetissé? Étais-je seul? Les gens venaient et partaient. Les idées venaient et passaient. Des voix. Quelqu’un parlait. Dans ma tête. Je savais que c’était dans ma tête. Le Doc m’avait rendu fou parce que je ne lui avais pas offert mes louanges au bon moment. J’étais seul dans la pièce. Le Doc était là mais j’étais seul. J’étais définitivement seul. Aleksis à côté de moi. Quelqu’un parlait. Je ne comprenais pas. Je n’écoutais pas ces voix dans ma tête.

J’aurais voulu un plus bel habit. Je me sentais sale. Je me sentais avilit. Je me sentais devenir fou. Les voix étaient fortes. Je ne comprenais rien. J’étais toujours seul, mon visage crispé, une joie sourde au fond du ventre. Quelque chose sonnait creux. Une drôle d’odeur. J’avais toujours mal au cœur. Le Doc bougeait, me laissant encore plus seul. Est-ce qu’il me voyait encore? Gehängt me manquait, un peu. Sa main dans ma main, sensation glacée dans la grande chaleur environnante. J’avais chaud. Ma tête était trop petite.

J’avais oublié de finir ma partie contre Gehängt. Les échecs. Un échec. Mon échec. Dur de réfléchir. Un manque de mots. La bouche sèche. L’odeur. Et le souvenir. Du Doc. Son sourire. Sa. Voix. Et les voix.

Je ne sais pas. Je ne comprends pas. Tout va bien et je m’amuse. Je suis assis. Avec le Docteur Millet. Et je m’amuse. Et tout va bien. Bien.
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Dr. Clarence Millet
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MessageSujet: Re: Pyrophobia [CLOS]   Lun 25 Oct - 20:45

On demandera ce qui s’était passé. Qui l’avait fait. Comment. Et pour quelle raison. On le questionnerait, lui seulement, car on aurait trop peur de l’autre. On le questionnerait et il dirait qu’il l’ignorait. Que Cole l’avait sans doute fait lui-même, parce que durant tout le temps qu’ils avaient passé dans la salle aux miroirs, rien de spécial n’était arrivé. Le Docteur Millet avait parlé, Cole avait rétorqué… Quelque chose comme ça. Il dirait qu’il ne se souvient pas des détails, car, vraiment, la situation n’avait absolument rien d’inhabituelle – ce qui pourrait mettre la puce à l’oreille de certains, concernant le genre de normalité auquel on avait à faire avec le Doc. Mais Cole ferait le reste tout seul. Son honneur et son ego démesurés l’empêcheraient de parler. Au mieux, il n’aura qu’à rajouter « masochisme » sur sa liste de maladies, au pire…

Clarence eut un moment de réflexion amusé, tandis qu’il observait Aleksis se tortiller comme un ver sur sa chaise, visiblement effrayé. Le Docteur était redevenu silencieux, les yeux vrillés sur Cole, savourant à l’avance le plan qu’il mettait en place depuis le début de la semaine. De temps à autre, le schizophrène d’à côté était agité d’un soubresaut et laissait échapper un soupir. Il n’avait pas à se plaindre, Clarence avait besoin de lui, il se servait de lui, et le récompensait un peu, en même temps. Dommage que tous ces malades veulent vivre, pensait Millet, ils seraient sans doute beaucoup plus confortables ailleurs. Il interrompit ses pensées humanistes, surpris pas une goutte de sueur qui lui roula sur le front, entre les yeux. Cela le fit sourire.

« Il fait un peu chaud monsieur Cole, vous ne trouvez pas? »

Le ton dégagé mais pas innocent, le psychiatre contourna d’un pas lent la chaise où reposait le corps quasi inerte de Volker. Il le regarda d’un œil désintéressé, la mine peut-être un peu dégoûtée, plus pour avoir l’air de faire quelque chose que par une quelconque préoccupation qui ne l’habitait pas. Quelque chose bouillait en lui, une agitation qui n’avait rien à voir avec la température ambiante. Des ondes de dangerosité brutes devaient émaner de Clarence, sans que son comportement ne paraisse changer. Cependant, il n’avait pas l’impulsivité barbares de ses patients, et Aleksis ne fut sans doute pas surpris lorsque son psychiatre se retrouva derrière lui, les mains de chaque côté de sa tête, fermées contre le dossier de son fauteuil, comme des serres.

Clarence regardait Aleksis à travers le miroir devant lui, créant mentalement un espace si grand entre eux que cela lui donna un vertige de pouvoir infini et ses doigts s’enfoncèrent un peu plus dans le matériel souple du siège. La chaleur était intense à cet endroit, prenant source entre les pieds du Docteur, toujours invisible aux yeux du patient ligoté. La vengeance était proverbialement un plat qui devait se manger froid. Mais vu les circonstances, Aleksis ayant déjà joué dans le froid, Clarence avait plutôt décidé de faire dans les températures plus hautes. Dans les températures très hautes.

« Je n’ai qu’une dernière chose à vous dire, monsieur Cole, avant la fin de notre session : cela va faire mal. »

La main droite de Clarence s’était détachée du dossier et s’était refermée sur une poignée qui plongeait dans l’Enfer. Un sceau, entre ses pieds, contenait l’Enfer, personnifié par des braises rouge vif, elle-même transformant le bureau de consultation en véritable sauna. L’autre bout du manche brillait de la même couleur que l’intérieur du récipient. Clarence souleva le bâton de fer comme une épée, le tendant vers le ciel, ayant l’air presque émerveillé. Puis il le redescendit.

Ce qui le frappa, ce fut l’odeur. En tant que psychiatre, il était habitué aux réactions les plus atroces, et ça ne l’avait jamais vraiment fait sourciller, mais il était, la plupart du temps, à l’abri des odeurs. Sa main libre appuyée de toutes ses forces contre la tête d’Aleksis, la poussant vers l’avant, il enfonçait de son autre bras le fer dans le bas de la nuque de son patient, juste en haut de sa première vertèbre. Mais l’odeur… La chair brûlée… Clarence avait cru que ce serait plus plaisant. Plus divertissant. Moins odorant. Peu importe, la peau de Cole ne prit aucun temps à fondre, se consumant comme un morceau de caoutchouc jeté dans le feu. Les gestes du Docteur étaient précis et, plus tard, il se retrouva déçu d’avoir si peu profité de sa vengeance au profit d’un travail bien fait.

Sa marque laissée, le Docteur sortit. Il avait fini. Un autre round se tiendrait un autre jour mais celui-ci était fini. Et Aleksis aurait, pour toujours, cette cicatrice couronné au creux du cou. Le Lion lui avait imprimé son image, pour ainsi dire.


Forme du fer utilisé:
Spoiler:
 

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Aleksis Cole
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MessageSujet: Re: Pyrophobia [CLOS]   Mar 26 Oct - 20:05

La sueur perlait désormais sur mon front. Effet dû la chaleur et certainement de la peur. J’étais à la merci du lion. Je sentais son souffle derrière moi. Une puissance émanait de lui, plus forte que jamais. Il avait tout préparé et attendait ce moment depuis trop longtemps. Face à son reflet, je réalisai combien j’étais impuissant. Moi, pauvre gazelle, était entré dans la tanière du plus grand prédateur de mon espèce.

Je fermai mon œil valide un instant afin de me concentrer sur… sur n’importe quoi sauf la présence du Doc juste au dessus de ma tête. Ce ne fut pas une erreur de ma part, car je n’aurais pu éviter ce qu’il allait m’arriver. Plus tard, j’en fus heureux car cela m’évita de voir le fer rougeoyant ce coller à ma peau. Je ne le vis pas, certes, mais je le sentis. Mes mains s’agrippèrent plus fortement sur les bras de mon siège, mes yeux se refermèrent à leur maximum. Mon cri fut étouffé dans mon bâillon. Long, inhumain, à s’en briser les cordes vocales. La pression sur ma tête m’obligeait à rester pencher, mais je n’y opposai aucune force.

J’eux la force de regarder le reflet du psychiatre pour voir son expression. Cette lueur de dédain à l’égare de tous était toujours présente, mais je le voyais déçu espérant une plus grande joie dans son action. Enfin, il quitta la pièce laissant seuls Volker et moi.

La douleur mélangée à l’odeur me fit un haut-le-cœur. Pour la première fois, je sentais la chair brûlée et savoir que cela provenait de moi me terrorisa plus que ce que je ne l’étais déjà. Le Doc me considérait comme sa propriété. Tel une bête de somme, je venais de me faire marquer. Il avait laissé sa signature au creux de mon cou. Ainsi, je ne pourrais le voir sans faire un effort et permettant ainsi à toute autre personne de la voir. Sauf que, bien peu reconnaîtrait le lion du psychiatre.

Je pleurai. Les larmes silencieuses coulèrent le long de mes joues avant d’être arrêtées dans leur course par morceau de tissu m’incommodant encore la bouche. Je voulais partir d’ici. Fuir. Me sauver de cette vie à laquelle je n’étais pas destiné. On vint chercher Volker, puis se fut mon tour. Tout le long du trajet vers ma chambre, je regardais mes pieds tout en continuant à renifler.

Ce n’est que quelques heures plus tard, assis au bout de mon lit que j’arrêtai de pleurer. J’avais pris ma résolution. La fatalité de mon sort était indéniable et l’abîme s’ouvrait devant moi. Je n’attendais plus que le Doc m’y pousse. Simplement, je ne tomberais pas tout seul. Il m’y suivrait.
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Pyrophobia [CLOS]

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