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 White Hell [CLOS]

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Devon ''Breaker'' Lloyd
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MessageSujet: White Hell [CLOS]   Lun 25 Oct - 23:07

Je me sens…engourdi.

C’est cette chose qu’ils m’ont donnée. Je l’ai pris de force ce verre d’eau et ces cachets. Je ne voulais pas être calme. Mais une entrée moins remarquée ne peut que m’être bénéfique….AU DIABLE LE «BÉNÉFISME» PUISQUE JE NE COMPTE PAS RESTER!

Je vais trouver le moyen de partir, de quitter ces murs. Ces murs blancs. Je suis dans une pièce, enfermé entre quatre murs où d’ordinaire je me sentirais bien. Mais ce n’est pas ma chambre. Ma chambre est mon seul endroit de bien-être. Ici, c’est un pays étranger. Un autre continent. Un édifice qui n’a rien d’un «nouveau chez-soi». Ces murs blancs m’oppressent, m’étouffent. Il m’arrivait de faire de l’asthme, étant enfant. Et je sens la crise de panique se caler en une boule dans ma gorge, en bloquer le passage des mots et même de la respiration. Je respire à un rythme saccadé, qui s’accélère. Mes yeux parcourent la pièce en entier. Blanc. Blanc. Blanc. BLANC!

Je hais cette couleur. Ce mélange de toute couleur. Je veux le noir, MON noir. Mes vêtements noirs, ma noirceur! Ma nuit, mon obscurité, ma vie sombre! Je suis un animal nocturne, un être indigne d’affronter la lumière et de se montrer tout en blanc. Je suis comme une coquerelle. On m’entend vivre dans le noir et fuir à la lumière. Je suis aveugle. Aveugle par cette pureté. Ce dépouillement. Cette absence, cette mort par le blanc.

Je porte du blanc. Je porte du blanc. C’est impensable.

Je ne pourrai me cacher. Ils vont me voir, ils vont me voir dans l’ombre. Ils vont voir le sang couler de mes bras quand je serai martyr. Ils vont voir à travers moi, comme une vitre…faudra-t-il donc que je me brise? Non, je ne peux me cacher.

Je suis assis, dans un recoin de cette chambre, entre le lit à la carcasse de métal garni d’un matelas dur et le mur froid du fond. Recroquevillé. Je ne demande rien à personne. Je ne demande qu’à partir. Je ne veux que sortir de ce trou. Les genoux ramenés contre mon corps, je les ai entouré de mes bras. Mes bras pansés, meurtris par la vitre de ma chambre, et mes poings couverts de pansements, eux aussi, les jointures éclatées. Je tente de me contenir, de ne pas exploser. J’hurlerais bien contre ces murs, mais à quoi bon? Je gaspillerais mon énergie. Je dois penser à ma fuite…

J’ai froid. Je tremble. Je me lève pour quitter cette chambre, il me semble entendre du bruit dans le couloir. Le bruit du silence. Le silence apaisant m’appelle. Il me parle doucement. Je me colle une oreille contre la porte, j’écoute.

Je suis loin de la fenêtre, je me sens bien. Mais cette fenêtre est trop haute, je ne peux pas la casser. Au moins, je peux l’éviter du regard. Elle ne m’affectera pas…pas trop. Et lui sera loin. Je l’entends rire. Un rire méprisant. Il a suivi mes pensées. J’ai envie de cogner. Je l’ignore.

Je n’en peux plus, ma tête tourne. Je ne me suis pas remis de ce qu’ils ont voulu que j’avale. Ils ont bien failli me tuer! J’allais m’étouffer avec leurs maudites pilules. J’aurais voulu lui arracher le doigt à ce médecin quand je l’ai mordu. Mais déjà ils étaient plusieurs sur moi, à rejeter ma tête vers l’arrière. Ils savent comment s’y prendre pour te faire passer pour une bête. On n’est rien d’autres que des animaux. Ça me dégoûte. Parce qu’ils ont raison. I have become an animal…

Je veux revoir mon Angleterre, je veux voir la mer, je veux voir le ciel, la pluie, les feuilles d’automne, l’odeur enivrante de l’air frais du soir, de la brise dans mes cheveux de corbeaux. Je veux entendre la ville vibrer, vivante, animée, lumineuse de nuit et sombre de jour. Je veux entendre les chaînettes à ma taille tinter, mes bottes de cuir résonner contre les pavés, mon trench coat claquer contre mes mollets à chaque pas. Je veux courir jusqu’à en perdre haleine, dans la rue, dans un parc, un terrain vague.

Je suis affalé contre cette porte. Mes esprits me reviennent enfin. Je me sens perdu. Dépossédé. Je n’ai plus mon canif. Je n’ai plus mes chaînes. Plus de contact avec la réalité. J’en ai besoin, comprenez-vous! J’en ai besoin pour me ramener! Quand je m’évade, je peux revenir avec ça! Imbéciles…vous allez me perdre. Je vais m’égarer, je vais me noyer, je vais sombrer…



Dernière édition par Devon ''Breaker'' Lloyd le Jeu 9 Juin - 23:33, édité 1 fois
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Dr. Clarence Millet
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MessageSujet: Re: White Hell [CLOS]   Jeu 28 Oct - 22:18

Un cas spécial? Dans un certain sens, tous les cas du CSHEMAS étaient spéciaux. Cela les rendaient du fait même parfaitement anodins. Intéressants mais inutiles, disait Clarence. Cela n’avait rien de personnel, bien sûr, à part dans certains cas particuliers : le psychiatre était l’un des rares docteurs qui n’étaient pas convaincu par le bien fondé de son projet, ironiquement. Pas qu’il aurait fait annulé le tout, oh non, jamais : il s’amusait beaucoup trop pour ça! Et, sans qu’il ne s’en souciasse le moins du monde, il y avait un fait bien établi dans sa tête depuis que ses pieds avaient commencé à traîner en Antarctique : le CSHEMAS était inutile. Ce n’était pas vraiment un hôpital psychiatrique, ni entièrement une prison, mais une chimère entre les deux, quelque chose d’étrange qui servait à la fois à guérir et à retrancher de la société, mais qui ne réussissait peut-être pas si bien l’un que l’autre.

Quoi qu’il en soit, le centre avait un nouveau patient. Il n’en arrivait pas une dizaine par mois, il fallait donc offrir un service exemplaire pour maintenir la bonne réputation de l’endroit – bien que peu de rumeurs circule à l’extérieur, les contrats étant bien spécifiques sur la confidentialité de toutes les informations portant sur le CSHEMAS. Cela n’empêchait pas certaines rumeurs extravagantes de courir, mais, en général, on n’en savait pas plus que l’essentiel : ça coûtait cher, c’était loin et c’était pour les fous. Clarence nota dans un coin de sa tête de rappeler à Aleksis le coût de son internat la prochaine fois qu’il le verrait, tandis qu’il marchait d’un pas rapide et tranquille, escorté de deux infirmiers ayant vaguement l’air d’un croisement entre un gorille et un pitbull – et encore, c’était généreux sur la part d’humanité qu’ils avaient en eux. Le Lion relisait, en diagonal, le dossier de dernier arrivé, un certain Lloyd, Anglais d’origine, masochiste troublé par « des démons intérieurs », comme un psychiatre l’avait gentiment annoté. Le Docteur déchira le document en deux avant de le remettre à l’infirmière qui suivait la délégation. Celle-ci grimaça en attrapant les papiers d’une main, tentant de garder le chariot qu’elle dirigeait en ligne droite avec un seul bras. Ce fut peine perdue : elle heurta le mur du couloir après quelques secondes. Clarence n’eut qu’un bref mouvement de sourcils méprisant pour toute réponse tandis que la jeune femme essayait sans succès de se fondre dans la blancheur du bâtiment.

Ses yeux se levèrent vers les noms des patients occupant les chambres : Sorrow, Netzeband, Stamenkovic, Cole… Lloyd venait presque sur la fin de ce corridor, entre deux chambres vides. La porte était fermée, mais probablement pas verrouillée - à moins qu’un garde l’eut effectivement barrée auparavant. Le Docteur Millet s’avança juste devant l’ouverture de la chambre, toujours suivit par ses deux molosses humains. Il releva la poing jusqu’à la hauteur de ses épaules et toqua trois fois contre l’entrée. Une fois pour déranger le patient de ce qu’il était en train de faire, une deuxième fois pour attirer son attention et une troisième fois seulement pour l’énerver. Puis il attendit, sa main remontée vers son visage, tripotant son menton, l’air vaguement ennuyé…

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Devon ''Breaker'' Lloyd
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MessageSujet: Re: White Hell [CLOS]   Sam 30 Oct - 13:14

Des pas. J’entends des pas venir dans ma direction. Quelqu’un vient par ici mais j’espère qu’il ne s’arrêtera pas. Si c’est un patient, qu’il s’en aille! Je ne suis pas prêt à sortir. Et si c’est un médecin, c’est pire…je veux qu’il disparaisse! Non, je veux disparaître…

Je voudrais me fondre dans le plancher, caché entre les draps et le mur. Je veux connaître ces tours de magiciens qui font disparaître un éléphant en pleine foule.

Mais je ne peux.

J’ai souvenir de ces cirques qui passaient en ville et dont Allan et moi étions les plus grands fans. Plantés en première rangée à regarder les tigres traverser les cercles de flammes, les clowns venaient directement nous interpeller et leurs fleurs arrosantes ne manquaient pas de nous toucher. Les trapézistes volaient au dessus de nos têtes. C’était un spectacle éblouissant. Éblouissant de candeur, d’innocence, de joie, de dangers, de fabuleux. Je me rappelle des éclats de dire que nous poussions…Nostalgie quand tu me tiens! Je ne ris plus maintenant…j’ai oublié comment faire…il y a si longtemps…des mois de silence qui ont haché mon rire en petits morceaux égarés lorsque toute émotion est remplacée par la peur.

Peur qui me prend au ventre. Grimpe, rampant dans mes entrailles jusqu’à percer mon cœur. Les pas se sont arrêtés. Devant ma porte. Ils sont plusieurs. C’est pour moi qu’on vient.

Trois coups à la porte. Au premier, je me raidis, je recule vivement vers le lit, remonte mes genoux contre mon corps. Au deuxième, je suis immobile. Au troisième, je rassemble tout mon courage, je tremble de l’intérieur. Au silence qui s’en suit, je me ressaisi. Je me lève, déterminé, avec une grande inspiration. Je m’assois sur le lit, je me tiens droit. Je veux une dignité, feinte s’il le faut, mais j’y tiens. Je revêts mon masque de ténèbres, ce visage sombre, fermé, cette allure voyou qu’on me reproche. Et je souris…je ne montrerai pas ma peur. J’ai l’orgueil.

Je me racle la gorge et je m’impose un ton nonchalant.

«Entrez»

Et j’attends. D’apparence calme, imperturbable, évasif.
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Dr. Clarence Millet
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MessageSujet: Re: White Hell [CLOS]   Mar 2 Nov - 16:08

La porte s’ouvrit d’elle-même, comme mut par une volonté propre, volonté qui obéissait scandaleusement au maître des lieux. Les deux colosses entrèrent en premier, l’un après l’autre, se glissant de profil dans le cadre, impressionnants par leur absence de cerveau et leur présence de muscles. Les deux gorilles passés, le zoo se referma sur Clarence qui entrait d’une démarche féline, à la manière d’un fauve affamé, dévorant visuellement et de manière sadique son futur repas. Le Doc récita son message de bienvenue d’un air visiblement ennuyé.

« Bonne après-midi monsieur Lloyd. J’espère que vous allez bien. Nous vous souhaitons la bienvenue au CSHEMAS et espérons que votre rétablissement vous sera aussi satisfaisant qu’à nous. Cette pièce est votre chambre personnelle et vous êtes le seul patient à y être autorisé. Vous pouvez en sortir et y entrer comme bon vous semble, mais vous êtes tenu de prendre au moins deux repas par jour, à la cafétéria. Notez qu’un enfermement continu dans votre chambre sera noté dans votre dossier et vous serez traité en conséquence. »

Clarence jeta un coup d’œil circulaire aux caméras qui, hors d’atteinte, espionnait, jour et nuit, chaque centimètre carré du centre. Il recentra ensuite son attention sur le nouveau patient, à moitié conscient que ce dernier cherchait se donner une apparence forte et sans faille. Les résidents semblaient penser que personne ne connaissait leur dossier au centre, sans parler du Docteur Millet qu’on prenait pour un débutant dans la plupart des cas. Dommage pour eux, ils tombaient souvent des nues quand le psychiatre les prenait à revers. C’était sans compter que la plupart des internés n’étaient pas vraiment conscients de leur obsession à paraître normal : à chaque nouvelle personne, à chaque nouvelle rencontre, ils essayaient d’avoir l’air différent, changé, d’un commun banal. Mais si quelqu’un n’était pas dupe, c’était Clarence Millet. Cela expliquait bien pourquoi personne n’était sortit du centre depuis son ouverture, il y avait presque trois ans. On criait déjà au manque de résultats du côté de l’OMS, mais c’était inutile : la maladie mentale était l’une des plus longue affection à traiter et on ne pouvait pas réalistiquement s’attendre à quelque chose de concluant avant des années. Peut-être même pas avant le décès de son fondateur – qui se sauverait ainsi du scandale médiatique qui risquait d’arriver, un jour, dans le futur.

Un des gorilles se fit craquer les jointures, attirant un soupir agacé de son supérieur, tandis que son alter ego demeurait aussi immobile qu’une statue. Le directeur recommença à monologuer en observant un peu mieux son interlocuteur, histoire de le jauger mieux que ses précédents médecins traitants.

« Vous n’êtes pas autorisé à entrer en possession de tout objet potentiellement contondant, pour votre propre bien. La plupart des objets de cet établissement sont incassables et sont conçus de manière à ne pas pouvoir être utilisés de manière non usuelle. Le CSHEMAS est donc virtuellement l’endroit le plus sécuritaire au monde. »

Il s’arrêta un moment, réfléchissant à ce qu’il pourrait ajouter, et ne trouvant rien de potentiellement nuisible, il reprit son air désintéressé en posant la question qui écourterait peut-être cette désagréable visite.

« Avez-vous des questions? »

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Devon ''Breaker'' Lloyd
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MessageSujet: Re: White Hell [CLOS]   Mer 29 Déc - 0:17

Je fais bonne figure mais les infirmiers qui entrent à ce moment dans ma chambre me donnent froid dans le dos. Des colosses, des géants! Ils me font l’effet de gangsters venus m’arracher l’argent de mes dettes et la petite chambre qui est supposément mienne m’apparaît comme l’endroit du monde où je mérite le moins le moindre espoir de possession.

Et ensuite, c’est lui. Lui. Le docteur en chef de l’institution. Comment je le sais? Facile. Sa présence. Sa prestance. Son aura…horriblement écrasante, menaçante, imposante. Il se déplace majestueusement, au-dessus de tout, comme un lion avec une démarche royale. Je me sens rétrécir davantage mais je ne dois pas laisser mon mur d’impassibilité s’écrouler devant cet assaut.

Sa voix jaillit dans la pièce, ses échos éclatent sur les murs, se réverbèrent et me poignardent à chaque mot. La fausseté de sa gentillesse me donne envie de vomir. On appelle ça la politesse mais je me demande si ça ne tient pas plutôt du devoir. Du protocole. Il récite un texte, c’est évident! C’est répugnant…

Les mots de bienvenue l’ennuient, ça se lit facilement dans son visage, dans son ton. Il n’a qu’à ne pas me saluer! Je ne désire pas le connaître…ni être accueilli. Il n’y a pas à être « accueilli » dans un endroit pareil, endroit où l’on n’est plus humain mais bête, qu’un simple rat expérimental, rat de laboratoire, sujet d’expériences, sujet vouer à la mort, voué à la démence…

Bien pire que la mort que de devenir fou. Vivre avec sa folie. Les voir, eux, s’en régaler, noter avec avidité chaque geste, chaque parole sur papier. « Pour la science !». Ils m’écoeurent, ces hommes de science. Ce sont eux, les fous. Les fous qui ne s’arrêtent jamais au nom de leur art. Qui repoussent les limites humaines, repoussent les limites de l’esprit. Pour avancer vers le futur. Combien de gens sont morts pour le futur? Serais-je au tableau? Mort dans un asile en Antarctique pour le futur de la santé mentale? Je devrais avoir une médaille pour mon « dévouement » à ma mort, mais je ne le saurai pas! Puisque je ne serai plus là…je serai avec Allan. J’espère de tout cœur qu’il me pardonnera. Allan…oh, Allan…

Et puis f**k la médaille. Je serai oublié. Qui se souviendra du gars qui cassait les fenêtres? Personne. Je mourrai dans l’oubli. Je serai noté « décédé » sur un papier. Mes parents pleureront, s’ils vivent encore. Mes amis ne seront peut-être même plus au pays, parti ailleurs, trop loin pour entendre parler de ma mort.

Ma mort.

Elle me semblait si loin, enfant. Désormais, je la vois partout. Elle est si proche. À portée de main…

Un bruit me ramène. J’émerge de mes pensées. Je me suis perdu. Je reviens, un peu hagard, comment dire « unaware » de ce qui se passait quelque peu avant. Le docteur avait fini de parler. Le bruit, ce n’est qu’un des affreux gardes qui se craquent les jointures. Je ne suis pas impressionné. La souffrance, c’est mon lot quotidien. Je me l’inflige…

Je n’aime pas le son de sa voix. Glaciale, tranchante comme une lame de rasoir. Elle est sournoise, elle paraît douce en apparence mais elle s’insinue dans ta tête, se glisse, s’infiltre…elle donne l’impression de couler dans ton oreille pour aller chercher les secrets qui se tapissent au fond de ton esprit…

Je réprime un frisson et je détourne le regard, l’air ennuyé moi-même. Nonchalant. Je sens son regard sur moi, mais je m’en fiche. Je l’ignore royalement. À mon tour d’utiliser une technique « royale ». Toutefois, ses propos m’intéressent soudain. Il parle d’objet. Je dois lui demander pour mes dog tags. Je les veux! Et que je sache, je ne peux rien me faire de mal avec…à part m’étrangler. Mais je n’aime pas suffoquer, alors l’idée ne m’attire pas.

Il prend un temps de réflexion, plongeant la pièce dans un silence temporaire. Je ne l’interromps pas. Je sens qu’il va ajouter quelque chose. Et en effet. Il demande si j’ai des questions. J’en aurais bien mais je me retiens. Je ne donne qu’une seule question, LA seule question.

« Oui. Je peux ravoir mes dog tags? …s’il vous plait? »

J’ajoute la politesse, le « mot magique » en espérant qu’il opèrera son charme. Mais quant à moi, je pourrais le demander le plus gentiment du monde ou l’ordonner, je n’en vois pas la différence. Je veux seulement qu’il me les rende. Il doit me les rendre. C’est même dans son intérêt…s’il veut obtenir quoi que ce soit de moi.
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MessageSujet: Re: White Hell [CLOS]   Dim 6 Fév - 15:29

Il aurait pu lui dire non tout de suite, de but en blanc, sans prendre de détour et sans jouer avec lui, mais cela aurait été moins amusant. Plus la torture était subtile, pires seraient les conséquences à long terme. Il ne fallait pas cependant laisser une once de compassion s’introduire dans le mécanisme, sinon le patient finissait par se douter que quelque chose clochait et l’effet de surprise était, pour ainsi dire, détruit. Il aurait pu lui dire non, mais Clarence se contenta d’hausser les épaules à la demande de son nouveau patient.

« Ce sera au Dr. Dimitriov de vous octroyer ce droit, une fois votre profil psychiatrique révisé par ce dernier. Le Dr. Dimitriov sera votre médecin psychiatre attitré tout au long de votre internement au CSHEMAS. »

Puisque Devon ne connaissait pas son nouveau Docteur, il ne pouvait pas se faire d’opinion sur ce que Clarence lui disait. Peut-être serait-il chanceux et le Dr. Dimitriov lui laisserait ravoir ses précieux médaillons. Ou peut-être ne le serait-il pas. Le directeur du CSHEMAS se fichait bien de savoir ce que son collègue répondrait à Devon lorsque celui-ci reposerait sa question : les patients qui ne lui appartenaient pas ne l’intéressaient que modérément.

« Très bien, donc. J’espère ne pas avoir à vous recevoir bientôt dans mon bureau. Bon rétablissement monsieur Lloyd. »

L’entretien était terminé et le docteur en était satisfait. Il n’aimait pas traîner dans les salles réservées aux patients, encore moins dans leur chambre. Ça ne le rendait pas mal à l’aise, loin de là, mais ça le dégoutait d’une certaine façon. Clarence tourna les talons et sortit le premier, suivit de près par ses deux hommes de main. La rencontre avait été courte et sans grand éclat. Cela n’arriverait plus jamais dans le futur : si les deux hommes devaient se croiser à nouveau, il y aurait un véritable affrontement et fort était à parier que Devon ne s’en sortirait pas avec une simple mention « va voir l’autre Doc ».

[Désolée, c’est pas très long, j’ai eu de la misère à dépoussiérer Clarence pour te répondre – et encore plus désolée pour l’attente, je suis impardonnable. Sinon, j’aurais bien une idée de suite à effectuer après que Minuit soit fini, avec Clarence et Devon (je suppose que le directeur est en charge des mesures disciplinaires à appliquer, non?) Enfin, bon, je te laisse me MP si ça t’intéresse~]

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MessageSujet: Re: White Hell [CLOS]   Jeu 9 Juin - 23:32

Il hausse les épaules. Je me raidis. Je ne sais pas pourquoi mais j’appréhende sa réponse grandement. Plus qu’un refus total. Je ne sais même pas ce que je crains. Étrangement, il me semble pire de le voir si peu intéressé, plutôt que catégorique.

Pire encore, il délègue la réponse à un collègue. Dimitriov. Ça sonne étranger à mes oreilles. Quelque chose comme de l’allemand ou du russe. J’ai un mauvais pressentiment. Je prie intérieurement pour qu’il soit plus agréable que cet hostile Clarence Millet, mais j’en doute. Un homme de science psychiatrique en Antarctique n’a rien de sain d’esprit. Qui irait se perdre aussi loin juste pour soigner des pauvres rebus de la société? Certainement pas un bon samaritain. Plutôt un cinglé avec un kit d’expérimentations comme on offre en jouet aux enfants…sauf que là c’est sur l’esprit humain. Et c’est sérieux. Et c’est sur mon esprit que vont s’appliquer les traitements.

Je réprime un soupir et j’échappe plutôt un « tss » d’agacement en détournant la tête. L’attente de cette réponse cruciale à ma survie sera pénible. Il me faut mes dog tags. Je ne sais rien encore de ce Dimitriov, et je ne vais pas m’imaginer qu’il sera plus clément. Au bout du compte, je vais devoir apprendre à m’en passer. Temporairement. Le temps de trouver moyen de les ravoir. Je suis prêt à être obéissant, à me plier à leurs expériences pour les ravoir.

J’écoute distraitement les derniers mots du médecin en chef. Des formalités encore, un au revoir en bonne et due forme. Les présentations sont faites? À présent, dégage! Et il ne se fait pas prier. Il débarrasse le plancher aussi vite qu’il est apparu, ses gardes du corps sur les talons. Un seul point commun entre lui et moi : la hâte de se quitter. Et de ne plus se revoir. L’ombre d’un sourire apparait sur mon visage. Je crois que nous savons tous les deux que ça ne se passera pas comme ça.

Dès la seconde où il quitte la pièce, je relâche mes muscles, je me détends. La porte est fermée, je suis à nouveau seul et bien content de l’être. Seul et tranquille, du moins pour un moment. Nous ne sommes pas enfermés dans nos chambres, que je sache, mais je n’ai pas envie de sortir tout de suite. Voir du monde, des fous, ne m’attirait pas plus que ça. Surtout que je peux très bien me débrouiller sans tous ces soins supposés m’aider. Je ne vois pas en quoi.

Je me sens soudain fatigué, comme déjà las en pensant à ce qui m’attend. Enfin, imaginant ce qui pourrait m’attendre. Je l’ignore complètement. Tout ce changement, mon arrivée au CSHEMAS, cet autre univers, blanc, menaçant, m’a épuisé. Je ne pense plus qu’à m’écraser dans ce lit sur lequel je suis assis. Dormir longtemps. Oublier. Me faire mal serait une bonne manière d’oublier mais je n’ai rien sous la main. Alors dormir est ma seule issue. Si je trouve le sommeil. Si je ne cauchemarde pas de ce démon.

Ma tête rejoint l’oreiller. Mes yeux se sont fermé d’eux-mêmes et mes pensées s’évaporent comme l’eau au soleil. Je sombre…adieu murs blancs, je reviens à ma noirceur sécurisante. Pour un moment…

[FINI]
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